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CINECURE
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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Paolo Virzì
Nuits Magiques / Notti Magiche
Sortie le 5 juin 2019
Article mis en ligne le 22 juin 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • après sa première incursion américaine avec le road-movie « L’Échappée Belle » sorti chez nous au début de l’année dernière, et librement inspiré par le roman homonyme de Michael Zadoorian, Paolo Virzì revient en Italie pour son dernier film ;
  • le titre du film fait référence à la chanson « Un’estate italiana », composée par Giorgio Moroder, chantée et écrite par Edoardo Bennato et Gianna Nannini lors de la Coupe du Monde de la FIFA en 1990, tandis que le film se déroule durant le dernier mois dudit tournoi.

Résumé : Rome. À l’été des championnats du monde de 1990, le 3 juillet, lors de la demi-finale entre l’Italie et l’Argentine, un producteur de films réputé est retrouvé mort dans les eaux du Tibre. Les principaux suspects du meurtre sont alors trois jeunes scénaristes en herbe, finalistes du prix Solinas.
Au cours d’une nuit au commissariat, ceux-ci sont interrogés et se remémorent leur aventure angoissée, sentimentale et ironique, dans la splendeur et les misères des derniers éclats des années glorieuses du cinéma italien ; celles de Risi et Scola...

La critique de Julien

Après une brève escapade américaine à la fois lumineuse et sombre en compagnie d’Helen Mirren et Donald Sutherland dans « L’Échappée Belle », Paolo Virzì revient au cinéma italien, et pas n’importe lequel ! Avec « Nuits Magiques », le cinéaste toscan se rappelle de la Rome fantasque de la fin des années 80, telle qui l’a connue, lorsque les maîtres de la cité du cinéma se bousculaient pour dénicher des scénarios écrits par de jeunes auteurs en herbe.

Juillet 1990, alors qu’Aldo Serena rate son penalty lors de la demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA entre l’Italie et l’Argentine, voilà qu’une Maserati noire se jette dans les eaux du Tibre, avec à son bord un producteur de cinéma au bout du gouffre, Leandro Saponaro. Alors qu’il semble avoir été étouffé avant d’être jeté à l’eau, une photo témoin est retrouvée dans son veston. Sur celle-ci, on peut y voir Leandro lui-même accompagnée par sa jeune fiancée, ainsi que trois aspirants scénaristes fraîchement débarqués à Rome, lesquels seront dès lors suspectés par cette dernière et la Police. Antonino (un intellectuel cinéphile sicilien), Luciano (un fêtard et dragueur inné issu du milieu ouvrier toscan) et Eugenia (jeune dépressive issue du milieu romain bourgeois) se retrouveront alors tous les trois au commissariat pour une séance d’interrogatoire pas comme les autres, où ils devront revenir sur les événements les ayant amenés jusqu’ici...

« Nuits Magiques », c’est un récit policier fictionnel sous forme de flash-back romains, au service d’un hommage au cinéma italien, et à sa dernière période de gloire. On y découvre alors, avec une certaine part fantasmagorique et idéalisée, l’univers rocambolesque du cinéma italien sous toutes ses coutures, au travers des (més)aventures de trois futurs scénaristes, rencontrés lors de la prestigieuse cérémonie du prix Solinas récompensant les meilleurs scénarios pour le cinéma italien, elle qui existe réellement depuis sa fondation en 1985 à La Maddalena, en Sardaigne, et empruntant son nom au cinéaste Franco Solinas.

Sans surprises, le film de Paolo Virzì est référencé d’une multitude de noms de réalisateurs ayant façonné ce cinéma. Dès lors, il faut être inclassable en la matière pour ne louper aucun de ces clins d’œil raffinés. Tout comme il ne faut pas aussi avoir peur de l’élocution italienne et sa gestuelle, bien qu’ici un peu trop stéréotypée. Si les jeunes acteurs sont totalement investis dans cette épopée romaine et cinéphile, le spectateur doit ainsi s’accrocher pour supporter la passion avec laquelle ils s’expriment, telle que s’exprimerait en soi l’italien, pour lequel il est difficile d’intérioriser son énergie, usant même d’une communication non verbale pour joindre le geste à la parole (plus de 250 gestes auraient ainsi un sens). Si rien ne permet d’expliquer aujourd’hui avec certitudes ce mode de communication, force est de constater que Paolo Virzì en fait autant ici son heure de gloire que celle du cinéma d’Ausonie du début des années 90.



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