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CINECURE
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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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David Yarovesky
Brightburn - l’Enfant du Mal
Sortie le 26 juin 2019
Article mis en ligne le 5 juillet 2019
dernière modification le 8 juillet 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • film d’horreur qui prend à contre-pied le film de super-héros ordinaire, et présente intentionnellement des similitudes avec l’histoire d’origine de Superman (alias Clark Kent), lequel va déconstruire son histoire parcelle d’un enfant et alter-ego horrifique venu d’ailleurs, et doté de pouvoirs extraordinaires, qu’il va alors utiliser pour semer le chaos, guidés par une force destructrice et dominatrice ;
  • co-produit par James Gunn (notamment réalisateur des « Gardiens de la Galaxie » et sa suite), scénarisé par son frère Brian Gunn et son cousin Mark Gunn, et réalisé par David Yarovesky, à qui l’on doit le thriller horrifique et de science-fiction « The Hive » (2015), ainsi que, pour la petite anecdote, le vidéoclip « Guardians of the Galaxy : Inferno », tourné avec James Gunn, et mettant en vedette David Hasselhoff ;
  • le titre du film fait référence à la ville fictive de Brightburn, située dans une petite ville rurale du Kansas, là où la famille Breyer a élu domicile, dans une propriété historique située en réalité en Géorgie dans la ville de Newnan, et qui date des années 1800.

Résumé : Tori Breyer a perdu tout espoir de devenir mère un jour, quand arrive dans sa vie un mystérieux bébé. Le petit Brandon est tout ce dont elle et son mari, Kyle, ont toujours rêvé : c’est un petit garçon éveillé, doué et curieux de tout. Mais à l’approche de la puberté, quelque chose d’aussi puissant que sinistre se manifeste chez lui. Tori nourrit bientôt d’atroces doutes sur son fils. Désormais, Brandon n’agit plus que pour satisfaire ses terribles besoins, et même ses proches sont en grave danger alors que l’enfant miraculeux se transforme en un redoutable prédateur qui se déchaîne sur leur petite ville sans histoire...

La critique de Julien

Dès la découverte des premières images de « Brightburn - l’Enfant du Mal », co-produit par le génial James Gunn, on était extrêmement ravis de l’arrivée de ce projet, et très impatient de le voir. En effet, quelle bonne idée, très alléchante, de détourner l’image du super-héros actuel, dans un film qui nous montre justement ce qu’il pourrait advenir de la Terre si la figure héroïque extra-terrestre que l’on connaît n’y avait pas élu domicile pour la protéger, mais la détruire, et ainsi répandre le mal, plutôt que le bien. C’est ce que tente de nous montrer ce film de super-héros horrifique, où un gamin, au destin similaire à celui de Clarke Kent, alias « Superman », devient une véritable machine de destruction massive, et incontrôlable.

Au départ, il est question du couple Breyer, lequel prie tous les jours le ciel afin de devenir parents. C’est alors qu’un soir, leurs prières vont être entendues, étant donné le crash d’un objet non-identifié sur leur propriété, avec à l’intérieur un bébé ! Dix ans plus tard, le dénommé Kyle est devenu un enfant intelligent, aimant, mais très réservé avec ses pairs. Pensant avoir été adopté par ses parents, le jeune gamin, à l’approche de la puberté, va tout d’un coup manifester un comportement étrange, motivé par une force surpuissante, émanant d’un objet situé sous une trappe, dans la grange. Très vite, en proie à ses pulsions et la découverte de son nouveau-soi, Kyle sera responsable de phénomènes monstrueux, lesquels mettront en danger tous ceux qui tenteront d’arrêter Kyle dans sa folie, dont ses parents, qui auraient dû, en connaissance de cause, se poser des questions beaucoup plus tôt au vu de croissance anormale du petit, mais surtout au niveau de son arrivée sur Terre, pas très naturelle…

Excitant tout ça, on vous le disait… Mais surtout frustrant, malgré nous. Car tout cela va un peu trop vite en besogne. Pas la peine notamment de chercher ici des réponses quant à cet enfant et ses origines, puisque l’on n’en saura rien ! Malgré un scénario moins modeste qu’il était censé l’être au départ (selon ses scénaristes), on décroche rapidement de ce « Brightburn », lequel mise à peu près tout sur la tension qu’il dégage, ainsi que sur des effets horrifiques sanglants, plutôt que d’épaissir son scénario, et ainsi nous donner l’envie de prendre au sérieux cette histoire, qui n’est finalement pas très crédible.

Pourquoi les événements surnaturels surviennent-ils (seulement) maintenant ? D’où Kyle sa cape et sa cagoule lorsqu’il s’en prend à autrui ? Comment se fait-il qu’il réussisse à dissimiler tous ses horribles actes sans que personne ne s’en rende compte ? Tout ce que l’on apprendra seulement, c’est qu’une voix dicte à Kyle de « prendre le monde »... Et pour l’occasion, c’est un peu... peu !

C’est que lorsque l’on se donne les moyens de venir taper sur le dos de l’héroïsme du super-héros ordinaire, il faut assumer sa position, et développer des arguments tels que le font les films du genre, avec comme meilleur exemple ceux du MCU. Ainsi, l’écriture des personnages est l’une des clefs fondamentales qui rallient le film au spectateur, outre le spectacle qu’il nous offre. Or, on est cruellement en manque de cohérences et d’explications au sujet de Kyle dans ce film, pourtant intriguant. Dès lors, il ne devient qu’une bête de foire, n’étant là que pour assouvir sa soif de terreur, lui qui ne vaut alors mieux pas croiser, et encore moins contrarier.

Mais ce qui finis sans doute par nous faire capitaliser sur le manque de profondeur de l’histoire est sans doute lié aux personnages secondaires (épargnés par le garçon), eux qui disparaissent du récit comme par magie, comme s’ils n’avaient finalement servi qu’à faire monter la sauce... Enfin, alors que les scénaristes Brian Gunn et Mark Gunn (le frère et le cousin de James Gunn) ont confirmé que le film avait été conçu au départ comme une origin story, on sent ces derniers ont réfléchi plus d’une fois à la manière de terminer leur film, laquelle a changé de nombreuses fois en cours de route. Dès lors, le produit finit ne peut que nous laisser perplexe, étant donné en plus la carrière commerciale très décevante du film, lequel ne connaîtra sans doute jamais le destin qui lui était promis...

Produit pour moins de dix millions de dollars, le film de David Yarovesky souffre également de son budget assez serré. Certes, les maquillages sont plutôt soignés, mais certains effets numériques sont assez ratés. Ainsi, tandis que le petit (?) s’adonne à une partie de yo-yo avec ses victimes, l’action est trop souvent illisible, et globalement hors-champs. Et ça, c’est bien dommage, car on ne parvient pas à poser un regard sur cette horreur, qui nous dépasse...



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