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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Les critiques de Julien Brnl
Au bout des doigts
Réalisateur(s) : Ludovic Bernard
Article mis en ligne le 31 décembre 2018

par Julien Brnl

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 26 décembre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • troisième long métrage du réalisateur français Ludovic Bernard (après avoir été longtemps assistant réalisateur), à qui l’on doit le succès « L’Ascension » (2017) avec l’humoriste Ahmed Sylla dans son premier rôle au cinéma ;
  • le réalisateur est un grand amateur d’opéra, dont « La Tosca », mais aussi de Chopin et des symphonies de Mozart, lui dont l’idée du scénario est venue après avoir entendu un jeune homme jouer du piano gare de Bercy, avant de transposer le point de départ du film en gare du Nord, et d’imaginer le passé et le futur fictif de ce jeune homme et futur prodigue de piano ;
  • dans le rôle du jeune homme Mathieu Malinski, on retrouve Jules Benchetrit, qui n’est autre que le fils du réalisateur et acteur Samuel Benchetrit et de l’actrice Marie Trintignant.

Résumé : La musique est le secret de Mathieu Malinski, un sujet dont il n’ose pas parler dans sa banlieue où il traîne avec ses potes. Alors qu’un des petits cambriolages qu’il fait avec ces derniers le mène aux portes de la prison, Pierre Geitner, directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique l’en sort en échange d’heures d’intérêt général. Mais Pierre a une toute autre idée en tête… Il a décelé en Mathieu un futur très grand pianiste qu’il inscrit au concours national de piano. Mathieu entre dans un nouveau monde dont il ignore les codes, suit les cours de l’intransigeante « Comtesse » et rencontre Anna dont il tombe amoureux. Pour réussir ce concours pour lequel tous jouent leur destin, Mathieu, Pierre et la Comtesse devront apprendre à dépasser leurs préjugés…

La critique de Julien

Après le mauvais « Mission Pays Basque » (2017), Ludovic Bernard met aujourd’hui en scène l’incroyable histoire fictive d’une petite frappe influençable des banlieues.

Condamné à quelques heures de travail d’intérêt général au Conservatoire National Supérieur de Musique (après un cambriolage ayant mal tourné), le directeur de l’établissement décèlera en lui un don inné pour jouer au piano - après l’avoir déjà vu à l’œuvre en gare du Nord, sur un piano installé à cet effet. Pierre Geitner (Lambert Wilson) inscrira alors Mathieu Malinski (Jules Benchetrit) au concours national, tandis qu’il devra suivre des cours très particuliers avec « La Comtesse » (Kristin Scott Thomas) pour le réussir, et surtout assurer sa peine. Mais il faudra d’abord à Mathieu à assumer son talent, lui qui le cache dans sa banlieue, et notamment à sa famille...

Avec ses airs très ressemblant au « Will Hunting » (1998) de Gus Van Sant ou encore au film allemand « Quatre Minutes » (2006) de Chris Kraus, « Au Bout des Doigts » se révèle dès ses premières notes d’une prévisibilité démesurée, laquelle ne nous permet pas de profiter pleinement de ce film qui traite de la transmission, de l’acceptation de soi, et en partie du deuil. C’est que le parcours du jeune homme en question est tracé d’avance, et que l’on sait d’office où va aboutir cette rencontre difficile entre un passionné et son élève. Pour le premier, la chose sera alors prise très à cœur pour des raisons personnelles que l’on découvrira, tandis que pour le second, cela sonnera comme une réalisation de soi, tout en faisant des compromis, au départ pourtant inimaginables.

Mais en plus de son manque d’originalité, l’écriture sonne déjà vue, tandis qu’elle accuse pas mal de stéréotypes au niveau des épreuves que devra traverser notre jeune artiste pour arriver au bout de sa quête. En l’occurrence, rien ne lui sera épargné, tandis qu’il tombera aussi dans les travers de l’amour... Et puis, force est de constater que Jules Benchetrit surjoue un peu sa partition du petit délinquant en pleine crise avec son accent forcé, une posture de caïd, ainsi que par ses traits du visage, lui qui fronce ses sourcils sans arrêt. Heureusement, Lambert Wilson et Kristin Scott Thomas donnent le la au fils de Samuel Benchetrit et de l’actrice Marie Trintignant, mais sans grande prise de risques...

Même si on se laisse bercer par la Symphonie n°2 de Rachmaninoff et que l’on applaudit le travail réalisé pour la maîtrise de l’instrument, « Au Bout des Doigts » peine à nous emballer par son histoire balisée et tellement cousue de fil blanc qu’elle en devient une véritable épreuve de patience pour le spectateur.



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