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Les critiques de Julien Brnl
Whitney
Réalisateur(s) : Kevin Macdonald
Article mis en ligne le 12 septembre 2018

par Julien Brnl
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Quoi qu’il en soit, force est de constater que ce portrait empathique et présumé d’une étoile déchue sonne de façon on ne peut plus actuelle... 13/20

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 05 septembre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • il ne s’agit pas du premier documentaire du réalisateur, lui qui a notamment remporté un Oscar pour l’un d’eux, en 2000, avec « Un Jour en Septembre », qui relate la prise d’otages de onze athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de Munich en septembre 1972 ;
  • trois ans après le documentaire choc « Amy » sur Amy Winehouse réalisé par Asif Kapadia, le Festival de Cannes accueillait à nouveau cette année un documentaire musical, en Séance de minuit, consacré à une chanteuse à la destinée tragique, Whitney Houston ;
  • Meilleur film documentaire au Festival international du film d’Édimbourg 2018 ;
  • un autre documentaire sur la chanteuse, intitulé « Whitney Houston : Can I be me ? », et réalisé par Nick Broomfield, est disponible sur la plateforme Netflix.

Résumé : Elle a vendu 200 millions d’albums.
Elle détient le record du plus grand nombre de numéros 1 consécutifs.
Sa chanson « I Will Always Love You » est le single le plus vendu par une chanteuse.
Derrière les records, les rumeurs, les scandales, les secrets et la gloire, voici la vraie Whitney.

La critique

Le 11 février prochain, cela fera sept ans que Whitney Houston nous a quittée, à 48 ans, après une vie marquée par une carrière musicale fulgurante, mais surtout une longue décente aux enfers qui lui aura été fatale. Bien qu’elle avait une voix puissance et agile, et un contrôle de son souffle particulièrement hallucinant, Whitney Houston a autant fait la une des tabloïds pour sa relation tumultueuse avec son ex-mari Bobbby Brown ou encore sa toxicomanie, que pour sa musique... Mais l’artiste, qui détient toujours le record de la chanson la plus vendue de tous les temps par une femme avec « I Will Always Love You » (extrait de la bande-originale du film « Bodyguard » de Mick Jackson), est aujourd’hui racontée sous l’œil avisé d’un connaisseur en la matière de documentaire, à savoir Kevin Mcdonald, lui qui a notamment suivi durant un an le chanteur Mick Jagger pour « Being Mick » en 2001, ainsi que réalisé un documentaire sur Bob Marley.

Tandis qu’il s’illustre aussi dans le film de fiction, avec notamment « Le Dernier Roi d’Écosse » (2006) ou « L’Aigle de la Neuvième Légion » (2011), le réalisateur se penche sur la carrière de celle qui était surnommée « La Voix ».

En réalisant un travail d’orfèvre, Mcdonald nous offre un documentaire particulièrement fourni. D’interviews de gens du métier ayant côtoyé la star, ou encore de sa famille (comme de son ex-mari), en passant par des images d’archive intimes, des clips vidéo ou encore des extraits de concert, « Whitney » suit l’itinéraire de l’artiste, de sa naissance dans une famille d’artistes afro-américains, à sa reconnaissance musicale sans précédent dans un star-system féroce, jusqu’à son évanescence, aussi bien artistique que personnelle.

Et si les témoignages confirment ses addictions et ses mauvaises fréquentations, d’autres révélations apportent des clefs de compréhension au destin tragique (et sans doute inévitable) de Whitney Houston, ainsi qu’à sa personnalité si fragile et enfuie, elle qui se serait ainsi cachée toute sa vie derrière un miroir, afin de satisfaire une image modelée par le monde qui l’entourait.

Tout comme le réalisateur l’a partagé en interview autour de la promotion de son film, le montage de « Whitney » a été particulièrement difficile suite à l’incompatibilité des discours recueillis, qui ne coïncidaient pas entre eux. Dès lors, le film met encore en avant actuellement un épais brouillard autour de vérités que certaines personnes proches interrogées ne souhaitent pas dévoiler et/ou assumer, autour du passé de la chanteuse, ou de la teneur de leurs relations, et de leurs responsabilités. Et c’est là que l’on se dit que la chanteuse n’a finalement jamais eu la vie rêvée à hauteur de son talent, laquelle a souffert d’un vampirisme de toute part, jusqu’à s’éteindre progressivement, et laisser alors place à un gâchis monumental. Car finalement, et c’est triste à dire, mais c’est peut-être ce que l’on retiendra de Whitney Houston, soit l’image d’une artiste fauchée en pleine gloire, et cela non pas dans ses dernières années de vie, mais déjà lorsqu’elle vivait ses plus grands succès. Le spectateur comprend alors que les substances qu’elle prenait n’étaient en fait qu’un subterfuge pour échapper à ses propres démons, même si l’amour, le monde du showbizz, et l’influence néfaste d’autrui y étaient aussi pour beaucoup. Du moins, c’est ce que le documentaire mène à entrevoir, d’après le travail réalisé.

À la surprise, « Whitney » met le doigt sur d’autres facettes dévoilées (dont on ne dévoilera rien ici) de la vie de la chanteuse, ayant sans doute pesé dans la balance. En termes de documentaire, ce dernier est plutôt assez conventionnel dans sa forme, même si sa construction est relativement efficace, que ça soit par la multitude de sources (pertinentes) et de documentations entremêlées, que par l’assemblage de celles-ci, rythmé par des mixages d’images issues de la pop-culture et du climat politique et social qui entourait ce sordide destin.



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