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Les critiques de Julien Brnl
Downsizing
Réalisateur : Alexander Payne
Article mis en ligne le 24 janvier 2018
dernière modification le 5 août 2018

par Julien Brnl
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« Downsizing » risque ainsi d’en désarçonner plus d’un, en commençant par celui venu chercher une comédie en bonne et due forme, ou encore celui venu s’offrir une fable vraiment satirique, à hauteur de son prometteur script de départ. A défaut, on s’éloigne, et on perd pied. Gâchis, vous avez dit ? 11/20

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 17 janvier 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • film le plus cher du réalisateur Alexander Payne, dont le coût de production est estimé à 68 millions de dollars ;
  • Alexander Payne et le scénariste Jim Taylor ont passé sept années à développer le script du film, entre la sortie de « Sideways » (2004) et « The Descendants » (2011), tandis que le film devait initialement être produit après « Sideways », sauf qu’il concrétisera d’abord « The Descendants », puis « Nebraska » (2013).

Résumé : Pour lutter contre la surpopulation, des scientifiques mettent au point un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12,9 cm : le « downsizing ». Chacun réalise que réduire sa taille est surtout une bonne occasion d’augmenter de façon considérable son niveau de vie. Cette promesse d’un avenir meilleur décide Paul Safranek et sa femme à abandonner le stress de leur quotidien à Omaha (Nebraska), pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie pour toujours.

La critique

Voilà un bien drôle d’oiseau qui débarque cette semaine-ci dans nos salles, soit « Downsizing », le septième long-métrage du réalisateur et scénariste américain Alexander Payne, après ses récents succès publics et critiques « The Descendants » et « Nebraska ». Avec ce nouveau film, le réalisateur s’attaque étonnamment au blockbuster, puisque son nouveau film a tout de même coûté la bagatelle somme de près de septante millions de dollars, ce qui en fait donc son film le plus cher jamais réalisé. Mais avec moins du tiers de recette engendré dans son pays natal à l’heure actuelle, Payne a-t-il finalement vu les choses en grand pour ce film à taille réduite ?

On reconnaît dès le départ la patte du réalisateur dans l’écriture du film, pour laquelle il a de nouveau fait équipe avec son fidèle coscénariste Jim Taylor. En effet, il possède cette manière d’isoler ses personnages, de leur faire perdre ce qui les définisse, pour alors leur permettre de se reconstruire face à leur vraie nature. Sans oublier d’inclure dans ses récits une bonne dose de messages satiriques à destination de grandes questions sociétaires qui nous hantent, telles que la politique ou les valeurs humaines. Avec « Downsizing », il aborde aujourd’hui des thèmes liés à l’écologie, tels que la surpopulation ou la surconsommation.

En effet, pour équilibrer la diminution des ressources terrestres qui s’amenuisent fortement, ainsi que contrer l’augmentation démographique, une technologie norvégienne permet de réduire les êtres vivants (sous certaines conditions assez confuses), vivant alors dans un environnement bien pensé, favorisant leurs style et niveau de vie. Une expérience irréversible à laquelle le couple Safranek va s’adonner, ne faisant plus le poids face au dur labeur de la vie quotidienne, ce qu’on a un peu de mal à croire dans leur cas.

Dès le départ, le bât blesse avec l’écriture des personnages, en commençant par celui de Matt Damon, qu’on a l’impression d’avoir déjà vu des dizaines de fois au cinéma, tandis que celui de Kirsten Wiig (dans le rôle de son épouse) se révèle finalement très futile, tout comme celui de son voisin, campé par Christoph Waltz. Outre la révélation Hong Chau, dont le rôle assez piquant fera partie intégrante de la reconstruction du personnage principal, « Downsizing » manque de figures fortes pour tenir le spectateur en haleine le long de ses plus de deux heures.

Bien qu’on ne remette pas en doute un seul instant l’originalité du récit que nous présente ce film, cette science-fiction à caractère écolo n’est que prétexte pour nous confronter en une nouvelle remise en question de l’homme occidental au niveau de sa position dans la société. Pour le coût, les questions écologiques auxquelles le film s’apparentait restent trop peu approfondies, tandis que sa technologie de rétrécissement ne livre pas tous ses secrets, alors que la remise en question d’une telle invention n’est pas du tout abordée (répercussions, conséquences, notamment sur l’économie, par exemple)...

Telle que la bande-annonce du film le suggérait, « Downsizing » se révèle alors pauvre en enjeux, ce qui est assez dommage face au matériel qu’il possédait pour en dire beaucoup sur le monde actuel, à l’aide d’un monde miniaturisé. Mais ce qui détonne d’autant plus, c’est la tournure scénaristique de la seconde partie du film, qui nous emmène dans un road-trip norvégien pittoresque et fade, quelque peu déconcertant, situé à des années-lumière des promesses initiales. On en viendrait même à se demander où tout cela veut en venir, avant que la quête identitaire n’y refasse son apparition. Et puis, c’est d’un problème de taille dont il est aussi question à ce moment précis, c’est-à-dire lorsque le récit uniformise son intrigue dans le monde lilliputien, mais où les décors naturels à dimensions réelles ne correspondent plus à cet aspect de rétrécissement.

Qu’à cela ne tienne, la première partie du film est un plaisir certain dans la découverte de l’univers visuel de la ville de Leisureland, tandis que la confrontation des deux échelles de grandeurs entre humains à tailles réelles et ceux à tailles réduites est assez loufoque, et réussie.

Diaporama

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Bande-annonce :

Lien vers la critique de Cinécure.



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