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Nicolas Bedos
Mascarade
Sortie du film le 02 novembre 2022
Article mis en ligne le 24 novembre 2022

par Julien Brnl

Genre : Comédie dramatique

Durée : 134’

Acteurs : Pierre Niney, Isabelle Adjani, François Cluzet, Marine Vacth, Emmanuelle Devos, Laura Morante, Charles Berling, Christiane Millet...

Synopsis :
Lorsqu’un jeune gigolo tombe sous le charme d’une sublime arnaqueuse, c’est le début d’un plan machiavélique sous le soleil brûlant de la Côte d’Azur. Les deux amoureux sont-ils prêts à tout pour s’offrir une vie de rêve, quitte à sacrifier celle d’une ancienne gloire du cinéma et d’un agent immobilier ?

La critique de Julien

« Mascarade », c’est déjà le quatrième film de Nicolas Bedos, lui dont les talents de cinéaste nous avaient surpris avec ses fresques romanesques « Monsieur et Madame Adelman » (2017) et « La Belle Epoque » (2019), entre dramaturgie, nostalgie, amour du couple, du dialogue et... du cinéma. Comme son titre l’indique, sa nouvelle réalisation ne joue dès lors pas dans la même cours, même si elle emprunte des thèmes qui semblent désormais récurrents dans le cinéma de son auteur. Adapté d’un livre qu’il avait tenté d’écrire à ses 23 ans et relatant une période de sa vie où il se « noyait dans l’oisiveté et l’argent des autres » (d’après ses termes), ce dernier nous plonge dans une passion amoureuse et vénéneuse en pleine French Riviera, à Nice, où deux paumés, en mal de sensation, vont tenter de mettre en œuvre une vaste manipulation, histoire de dépouiller les pigeons qui les ont toujours entretenus, Bedos pointant ici du doigt, avec dérision et cynisme, le monde de l’argent et de la célébrité...

Tandis qu’il s’ouvre sur la citation du romancier britannique William Somerset Maugham « La Côté d’Azur est un lieu plein de soleil pour les gens louches qui cherchent à se mettre à l’ombre », le film débute dans la chambre d’un luxueux hôtel, où un jeune homme (Pierre Niney) prépare un transfert d’argent, tandis qu’une charmante jeune femme en petite tenue (Marine Vacth) va ouvrir la porte après que quelqu’un se soit manifesté de l’autre côté, elle qui se fera (in)visiblement tirer dessus (en hors-champ) par cette personne, s’échappant aussitôt. En parallèle, on découvre alors les images d’un procès, où l’audience prononce des accusations d’escroquerie et de manipulation à l’égard de ses intéressés, avant d’effectuer un bond en arrière, à l’origine de cette mascarade. C’est là qu’on découvrira un agent immobilier (François Cluzet) faire les frais d’un jeune couple téméraire formé d’un ex-danseur dont la carrière a été écourtée à cause d’un accident de moto, devenu depuis un gigolo (Pierre Niney) vivant à la solde d’une ancienne gloire du cinéma (Isabelle Adjani), et d’une arnaqueuse hors pair (Marine Vacth)...

Bien plus provocateur et sulfureux que ses prédécesseurs, le nouveau film de Nicolas Bedos s’inspire d’histoires qu’il a vécues, mais aussi de choses qu’il a observées ou qui lui ont été racontées, tout comme de personnes qu’il a connues, à l’égard de Martha (Isabelle Adjani), laquelle est la fusion entre un proche de ses parents (et muse d’un grand metteur en scène dont elle a appris l’homosexualité après des années de vie commune), et d’une amie qu’il avait accompagnée dans son processus de rencontre avec sa mère biologique. Margot (Marine Vacth) est quant à elle née dans l’esprit de Bedos par la personnalité insaisissable d’une escort tchèque qu’il avait rencontrée lorsqu’il était encore musicien, dans un grand hôtel, et à laquelle il avait fait (sans succès) la cour, étant donné qu’elle n’avait aucunement l’envie de s’amouracher de lui, et donc de perdre son temps, elle dont l’unique but était d’épouser un riche... Tout ça pour dire que Bedos invente ici des vies fictives à ses personnages imaginés par son vécu, tout en mettant en scène une histoire faussement glamour et rocambolesque à plus d’un titre, où arnaques, ruses, trahisons et coups bas sont légion.

Si on a connu Nicolas Bedos bien plus inspiré et sage qu’au travers de ce « Mascarade », ce dernier assume pleinement ici l’extravagance excessive de sa mise en scène, et même de la vie de tous les instants qu’il filme sur la Riviera, lui qui est fasciné par « les gens qui mentent ». En témoigne alors un film très écrit, parfois vulgaire dans ses dialogues, grinçant, jamais déplaisant bien que déjà vu par moments (ainsi que dans sa construction), tout en étant finalement aussi superficiel que le milieu qu’il tente de représenter...



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