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Les critiques de Julien Brnl
Hotel Artemis
Réalisateur(s) : Drew Pearce
Article mis en ligne le 26 juillet 2018
dernière modification le 31 juillet 2018

par Julien Brnl
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Pour un premier film, « Hôtel Artemis » propose quelque chose de relativement fun dans sa mise en scène, lui qui est porté par des acteurs en grande forme. Même si on n’y reprendrait pas une chambre à cause de ses limites évidentes, on est plutôt satisfait du service.
13/20

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 25 juillet 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • premier long métrage du producteur et scénariste Drew Pearce, lui qui a notamment participé au scénario de « Iron Man 3 » (2013) et à celui de « Mission : Possible 5 - Rogue Nation » (2015).

Résumé : En 2028, Jean Thomas est une infirmière qui travaille dans un hôpital secrètement caché dans un hôtel clandestin qu’elle dirige, l’Artemis. Il regroupe les plus dangereux criminels du monde : Nice, une tueuse à gages française, ou encore le trafiquant d’armes Acapulco. Avec son assistant Everest, l’infirmière a pour ambition de les soigner en imposant notamment des règles strictes. Pourtant, un soir, alors que de violentes émeutes éclatent à l’extérieur de sa forteresse, deux braqueurs de banque, les frères Waikiki et Honolulu, arrivent pour des soins médicaux après un casse raté. Mais Jean doit rapidement faire face à Wolf King, un boss du crime blessé, accompagné de ses hommes de main, et cible orchestrée d’un des clients de l’hôtel...

La critique

Bienvenue en 2028, dans un Los Angeles à feu et à sang depuis que le gouvernement a décidé de couper l’accès à l’eau potable aux non-riches... Dans l’hôtel Artemis, situé au cœur de la ville, une infirmière, ne pouvant plus exercer que de manière clandestine, y soigne les pires criminels, avec une technologie bien à elle. Tandis que se termine un mercredi comme les autres à l’Artemis, des événements incontrôlables vont pousser tous ses occupants à y transgresser les règles de conduite...

« Hôtel Artemis » repose sur un huit clos dans lequel une série d’individus, au sang corrompu par le crime et l’argent, se retrouvent dans un même lieu, mais avec des intentions bien distinctes. En effet, comme son résumé l’indique, l’un des pensionnaires a orchestré la venue d’un haut boss du crime, blessé, afin de l’isoler, et de le tuer. Évidemment, avec tout ce joli panel de criminels à bord, tout ne pouvait pas se dérouler comme prévu...

S’il met du temps à installer son action, c’est pour mieux se concentrer sur ses personnages, en commençant par la propriétaire de l’hôtel (même s’il ne lui appartient pas), Jean Thomas (interprétée par Jodie Foster), rongée par la mort accidentelle de son fils des années auparavant. Sans compter sur sa phobie de l’extérieur (elle n’a plus quitté son hôtel depuis quelques années), et sa nécessité de se réfugier dans ses vinyles, histoire de se remémorer ses moments heureux, un bon verre de whisky à la main. Au fur et à mesure du déroulement de cette soirée pas comme les autres, son personnage va faire ressortir ses émotions comme jamais, au détour de révélations impromptues. Jodie Foster s’en sort plutôt bien dans ce film, tandis qu’on est très content de la retrouver dans ce registre, elle qui tourne peu.

C’est véritablement le personnage majeur de l’histoire, autour duquel va s’articuler une série de seconds-rôles plutôt décalés, les plus importants étant joués par Sterling K. Brown, Sofia Boutella et Dave Bautista. Tout en prenant en compte leur passé, le film parvient à nous rentrer dans la tête de coupables, mais sans porter de jugements sur leur cassier, mais plutôt à essayer de nous faire comprendre leur situation. Sans oublier d’autres rôles, dont celui de Jeff Goldblum, Zachary Quinto ou encore de Charlie Day, et qui viennent ainsi confirmer tout le bien que l’on pense de ce casting hétéroclite, avec, il faut le dire, de véritables têtes à l’emploi.

Rien qu’à y regarder l’affiche, le premier long métrage de Drew Pearce semble dévoiler une jolie photographie. Inspirés de l’Hôtel Alexandria de Los Angeles ouvert en 1906, les décors rétro-futuristes intérieurs de l’hôtel nous emmènent dans un petit labyrinthe aux allures de bordel, et aux couleurs rougeâtres, voire fluorescentes, telles que celles de l’écriteau du nom de l’hôtel, sur son toit. Et force est de constater, comme sa propriétaire l’indique, qu’il n’y a plus de personnel de nettoyage dans l’établissement depuis des années ! Mais le rafistolage et la poussière des lieux leur donnent un certain cachet, qui va de paire avec le milieu social qu’il y accueille. Le film possède ainsi une belle empreinte visuelle, non loin sans rappeler celle de « John Wick : Chapître 2 » (2017), ou de « Atomic Blonde » (2017).

Tandis qu’il démarre lentement en mettant en place son univers, « Hôtel Artemis » se termine évidemment en un beau règlement de compte, relativement sanglant, mais situé tout de même assez loin de ses modèles, que ça soit en termes de chorégraphie, ou de violence. Si ce n’est pas un problème, on regrette par contre que le film ne creuse pas davantage ses idées, notamment vis-à-vis du contexte politique dans lequel se déroule les événements, tout comme il nous laisse sur notre faim concernant certains de ses personnages, inaboutis, malgré un beau retournement de veste.



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