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Les critiques de Julien Brnl
Lady Bird
Réalisateur(s) : Greta Gerwig
Article mis en ligne le 26 avril 2018
dernière modification le 29 juillet 2018

par Julien Brnl

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 04 avril 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • première réalisation en solo pour l’actrice, scénariste et réalisatrice Greta Gerwig, elle qui avait déjà co-réalisé avec Joe Swanberg le drame « Nights and Weekends » (2008) ;
  • l’intrigue du film se déroule en 2002 suite à la volonté de Greta Gerwig de ne pas filmer des smartphones, et de rendre compte d’une nouvelle époque post-11 septembre qui débutait ;
  • cinq nominations aux Oscar 2018 dont meilleur film, ainsi que quatre aux Golden Globes, dont deux récompenses (Meilleure comédie ou comédie musicale et Meilleure actrice dans une comédie ou une comédie musicale pour Saoirse Ronan).

Résumé : Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi.

La critique

Pour son véritable premier film en tant que réalisatrice, Greta Gerwig (actrice vue dans « Frances Ha » de Noah Baumbach - son compagnon - ou encore de « Maggie a un Plan » de Rebecca Miller) insuffle à « Lady Bird » toute la fougue qu’on lui connaît, et même certains éléments narratifs autobiographiques (comme un hommage à Sacramento, d’où elle vient). Dernier film « oscarisable » à débouler sur nos écrans cette année, cette comédie indépendante autour d’une adolescente en pleine crise sort du lot par son incroyable sincérité.

Dans « Lady Bird », il est question d’une histoire déjà maintes et maintes fois racontée au cinéma, c’est-à-dire la quête identitaire d’une adolescente en passe de devenir adulte. Aux travers des errances du personnage principal, le film nous dresse le portrait de la jeunesse américaine issue de la classe moyenne, et cela à l’aube d’une nouvelle époque, avant que ne réapparaisse la guerre, et apparaissent les smartphones.

On y suit alors le quotidien de « Lady Bird », entre sa relation difficile avec sa mère, son premier amour (et sa « première fois »), sa demande d’étude à l’Université, ses sorties avec sa meilleure amie, ou encore ses cours de théâtre... En touchant aux thématiques propres à l’âge raconté par les instantanés de vie de son personnage fictif, Greta Gerwig réussit à livrer une chronique juste et raffinée de l’adolescence rebelle. Certes, rien de très original sur papier, mais c’est raconté avec tellement d’authenticité qu’on finit par en oublier tout ce qui a déjà été vu dans le genre, pour alors se plonger, tête baissée, dans son initiation.

Écrit également par Greta Gerwig, le film tire aussi son épingle du jeu par ses dialogues pimentés, ainsi que par la description du monde qui entoure son héroïne, et du rapport qu’elle entretient avec. Promenades amicales devant les plus belles maisons du quartier où les copines s’imaginent monts et merveilles, cours dans un lycée (fort) catholique, jobs étudiants, soirées... On accompagne « Lady Bird » partout où elle se forgera, et mettra en exergue son fort tempérament, dans une ville qu’elle aura bon condamner, c’est sa manière à elle de nous faire comprendre qu’elle l’admire par-dessus tout.

Après avoir notamment irradié les écrans de cinéma en 2015 dans « Brooklyn » de John Crowley, Saoirse Ronan récidive dans la peau de Christine McPherson, ou plutôt « Lady Bird », soit le surnom qu’elle se donne, indirectement par quête identitaire. Mais le film n’en oublie pas pour autant ses seconds-rôles, tous aussi vrais que nature, avec notamment Laurie Metcalf (la maman), Lucas Hedges (son premier petit copain) ou encore Beanie Feldstein (sa meilleure amie). Tous autant que les autres apportent leur pierre constructive à l’édifice de la personnalité de « Lady Bird », faisant dès lors de son parcours une parenthèse truculente de fraîcheur, et de diversité d’obstacles initiatiques.



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