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CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
L’Homme Qui Tua Don Quichotte / The Man who killed Don Quixote
Réalisateur(s) : Terry Gilliam
Article mis en ligne le 27 juillet 2018
dernière modification le 31 juillet 2018

par Julien Brnl
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« L’Homme Qui Tua Don Quichotte » a sans doute souffert des ravages du temps, et notamment de ses réécritures. En tout cas, il se perd en milieu de parcours, pour un résultat final très inégal, à la fois extravagant, et foutraque. Mais c’est en tout cas une œuvre singulière, au visuel chatoyant soigné, et résolument à l’image de son auteur. - 13/20

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 25 juillet 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • cela fait une vingtaine d’années que Terry Gilliam (l’une des figures comiques des « Monty Python ») travaillait sur ce projet (dont il a eu l’idée en 1990), que l’on disait maudit, étant donné une production cauchemardesque, entre soucis de santé de ses acteurs, intempéries dévastatrices, manque de fonds, problèmes juridiques avec l’ex-producteur du film Paulo Branco, etc.
  • dans la première tentative de tournage datant de l’année 2000, c’est Jean Rochefort et Johnny Depp qui incarnaient les personnages principaux, tandis que dans la version de 2014, John Hurt et Jack O’Connell avaient été choisis ;
  • un film making of intitulé « Lost in La Mancha », réalisé par Keith Fulton et Louis Pepe, a vu le jour en 2003, relatant les coulisses du film, autrefois inachevé, tandis que le duo a de nouveau suivi la production - cette fois réussie - du long métrage pour en tirer un nouveau film making of intitulé « He Dreams of Giants », et centré sur Terry Gilliam.

Résumé : Toby, un jeune réalisateur de pub cynique et désabusé, se retrouve pris au piège des folles illusions d’un vieux cordonnier espagnol convaincu d’être Don Quichotte. Embarqué dans une folle aventure de plus en plus surréaliste, Toby se retrouve confronté aux conséquences tragiques d’un film qu’il a réalisé au temps de sa jeunesse idéaliste : ce film d’étudiant adapté de Cervantès a changé pour toujours les rêves et les espoirs de tout un petit village espagnol. Toby saura-t-il se racheter et retrouver un peu d’humanité ? Don Quichotte survivra-t-il à sa folie ? Ou l’amour triomphera-t-il de tout ?

La critique

Attention, ceci n’est pas une adaptation à proprement parler du « Don Quichotte » de Cervantes, publié au début des années 1600. Avec l’idée de base du roman « Un Yankee à la cour du roi Arthur » de Mark Twain, Terry Gilliam et son co-scénariste Tony Grisoni ont trouvé un angle d’adaptation pour le moins original à leur histoire.

Tandis qu’il retourne, de nos jours, dans le petit village de Los Sueños en Espagne où il avait tourné dix ans auparavant une version lyrique de l’histoire de Don Quichotte, un publicitaire (Adam Driver) y retrouve l’homme (Jonathan Pryce) ayant incarné le personnage. Sauf que ce dernier se prend toujours véritablement celui-ci, et qu’ils vont être tous les deux mêlés à une suite de péripéties toutes aussi chevaleresques les unes que les autres.

On n’y croyait plus ! Et encore moins ces dernières semaines, depuis que le film ait été annoncé au dernier Festival de Cannes, et que son ex-producteur Paulo Branco, réclamant des droits, ait tout tenté pour y en empêcher sa présentation et, in fine, sa sortie en salle. Mais l’affaire, réglée devant le tribunal de Paris en juin dernier, n’a finalement pas empiété sur sa sortie prévue, au même moment, dans les salles de cinéma françaises. Et c’est cette semaine que « L’Homme Qui Tua Don Quichotte » débarque dans les salles belges.

Tandis qu’elle porte en elle l’ADN et la sueur de son réalisateur, cette aventure (d’une bonne partie de vie) se regarde en deux temps. On apprécié énormément la première partie du film, qui ressemble à un périple grandiloquent, aux décors médiévaux, et dans lequel on suit un duo franchement atypique, composé d’un vieillard qui se prend pour Don Quichotte et de son acolyte (Toby) des temps modernes, médusé devant le spectacle qu’il se donne, tout en essayant de se sortir du pétrin dans lequel ils se sont mis. Ce qui est très appréciable, et qui assure au film son penchant de comédie, c’est que le scénario (écrit quatre mains) permet à son personnage principal de croire en lui, étant donné une intrigue contemporaine construite de manière à lui permettre d’exister. Par exemple, Don Quichotte se retrouvera engagé dans une joute équestre, tandis que son adversaire n’est autre qu’une de ses connaissances, déguisée, jouant dans son jeu, en espérant le ramener chez lui. D’autres passages, tous aussi délurés, mettent en exergue le décalage du héros avec le monde actuel, et permettent ainsi de créer des situations assez croustillantes.

Par contre, on est un peu moins convaincu par la seconde partie du film, assez bordélique, lorsque le récit commence à tourner autour d’un cruel oligarque russe, pour raison de contrat, et envers lequel Toby, qui travaille dans la publicité, va devoir jongler, notamment vis-à-vis de la particularité du vieillard qu’il traîne avec lui...

Jonathan Pryce incarne un parfait Don Quichotte, très inspiré et motivé par son rôle, assez flamboyant. Quant à Adam Driver, ce dernier est un peu moins convaincant en toutou de service, lui qui ne cesse de s’affoler face à tout ce qui lui arrive. Mais les deux compères font la paire. Terry Gilliam, lui, a enfin réalisé son rêve, à la fois imaginaire et déjantée.



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