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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Lone Scherfig
Their Finest
Sortie le 17 mai 2017
Article mis en ligne le 4 mai 2017
dernière modification le 24 mai 2017

par Charles De Clercq
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Tout à la fois drame et comédie romantique, le film ravira cinéphiles et grand public.
Réflexions et mise en abîme du cinéma, de la guerre, des scénaristes et acteurs. 82/100

Synopsis : Londres, Seconde Guerre mondiale. À présent que presque tous les hommes sont partis se battre au front, Catrin Cole décroche un emploi de copywriter pour des films de propagande qui ont besoin d’une touche féminine. Son flair naturel est rapidement remarqué par le prolifique producteur de films Tom Buckley. Pour remonter le moral du pays, Catrin et Buckley doivent réaliser un long métrage qui réchauffera le cœur de la nation. Malgré les bombardements incessants, Catrin découvre qu’il existe autant de drame, d’humour et de passion derrière que devant la caméra.

Acteurs : Gemma Arterton, Sam Claflin, Bill Nighy, Jeremy Irons, Eddie Marsan, Jack Huston, Helen McCrory, Jake Lacy, Rachael Stirling, Richard E. Grant.

Lone Scherfig est une réalisatrice danoise que nous avions découverte pour la première fois en 2011, aux commandes de la comédie romantique One Day (Un jour). Un film aux antipodes de la charte Dogme 95 dont elle était adepte, ce que l’on a pu voir en 2000 dans le surprenant et excellent Italian for Beginners (Italiensk for begyndere) - que nous n’avions pas vu à l’époque et que nous avons « rattrapé » depuis. En 2014, elle nous surprenait encore avec The Riot Club, une fiction... mais basée sur des faits réels dans la haute société britannique. Autant dire, que c’est avec impatience que nous attendions sur Their Finest, adaptation du roman Their Finest Hour and a Half de Lissa Evans.

Et il faut reconnaître que ce fut une heureuse surprise et découverte. Tout à la fois drame et romance, mais également comédie, le film est, d’une certaine façon - mais pas que - un Hail, Caesar des frères Coen cuisiné à la sauce anglaise ! Tout un programme avec un casting très talentueux au service d’une histoire qui mixte le cinéma, la propagande de guerre, les relations Europe et USA, le tout sur fond de romances improbables, sans compter des acteurs qui jouent les acteurs avec l’un d’eux qui interprète un cabotin. Bill Nighy excelle ici dans un second rôle tout en humour, finesse et émotion. Il s’inquiète notamment de ce que les scénaristes le fassent mourir avant la fin du film. Il faut quand même oser - après Hitchcock dans Psycho - faire mourir un personnage au cœur de l’intrigue, surtout si celui-ci est attachant. Et l’on peut dire que dans son film (mais c’est aussi le roman), Lone Scherfig ose, jusqu’à surprendre spectateurs, acteurs... et même scénaristes.

Their Finest est également un hommage à ceux-ci que nous avons parfois tendance à perdre de vue, tout particulièrement en Europe où l’accent est mis sur le réalisateur. En même temps, c’est la découverte du poids mis sur les épaules d’un réalisateur, par le biais des scénaristes, lui-même soumis aux contraintes externes, qu’elles soient financières, matérielles ou, dans le cas présent, politiques. Gemma Arterton (Catrin Cole) et Sam Claflin (quasi méconnaissable en Tom Buckley) excellent dans les rôles titres en interprétant deux jeunes scénaristes. Elle est mariée (enfin, quoique !) à Ellis Cole (Jack Huston), peintre exempté de service du fait d’une vieille blessure de la guerre d’Espagne. Mais les seconds rôles sont tout simplement parfaits. Outre Bill Nighy déjà cité (Ambrose Hilliard) c’est également le jeune Jake Lacy qui crève l’écran dans le rôle de Carl Lundbeck, un aviateur nordique, mais américain, héros de guerre, que l’on veut absolument voir apparaître au casting du film tourné (le film dans le film donc !). On ne peut manquer de faire le rapprochement avec l’acteur Hobie Doyle (Alden Ehrenreich) dans Ave, César, cowboy qui n’arrive pas à jouer dans un drame romantique.

C’est donc un film tout en finesse et émotion que l’on verra aussi avec jubilation... y compris The Nancy Starling, le film dans le film, qui se tourne... et se détourne des chemins balisés pour correspondre aux diktats venus de l’extérieur, mais également aux aléas du tournage, de la vie, de la mort, de la guerre... à l’adaptation d’une histoire vraie... quand celle-ci ne l’est pas ou plus totalement. Un tout gros de cœur pour un film qui parle aussi à la tête. Il ravira cinéphiles et grand public. L’on ne peut que conseiller de le voir en version originale, ce sera un must.

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Bande-annonce :


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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