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CINECURE
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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Gustave Kervern et Benoît Delépine
Saint-Amour
Sortie le 2 mars 2016
Article mis en ligne le 13 février 2016
dernière modification le 7 août 2019

par Charles De Clercq

Synopsis : Tous les ans, Bruno fait la route des vins… sans quitter le salon de l’Agriculture ! Mais cette année, son père, Jean, venu y présenter son taureau champion Nabuchodonosor, décide sur un coup de tête de l’emmener faire une vraie route des vins afin de se rapprocher de lui. Et s’ils trinquent au Saint-Amour, ils trinqueront bien vite aussi à l’amour tout court en compagnie de Mike, le jeune chauffeur de taxi embarqué à l’improviste dans cette tournée à haut risque entre belles cuvées et toutes les femmes rencontrées au cours de leur périple…

Acteurs : Benoît Poelvoorde, Gérard Depardieu, Vincent Lacoste, Céline Sallette, Izïa Higelin, Chiara Mastroianni.

Voici, à quinze jours d’intervalle, un deuxième road-movie agricole dans nos salles, après La vache de Mohamed Hamidi. Le road-movie est ici vinicole et Bruno (Benoît Poelvoorde) l’effectuait chaque année sans prendre les routes de France. Il lui suffisait de parcourir les divers stands du salon, de dégustation en dégustation, s’enivrant à chaque station. Et l’ivresse, Bruno connaît bien. C’est de famille, son père lui aussi buvait, mais il aurait abandonné. Non seulement Bruno connaît bien les effets de la boisson, mais il en connaît le décalogue, ou du moins les dix stades de l’ivresse comme nous le découvrirons au court d’un road-movie ultérieur, qui se déroulera, lui, vraiment sur les routes de France et de Navarre. C’est d’ailleurs une des meilleures scènes du film. Travaillée par Poelvoorde quasi à la Actor’s Studio et probablement qu’il ne carburait pas au jus de raisin !

Revenons à notre salon de l’Agriculture [1]. Bruno y rencontre son père Jean. Entre ces deux-là, il y a des tensions, une distance. Notamment parce que le père veut transmettre au fils ce à quoi il tient, le métier, et tout ce qui va avec, la ferme, les animaux. Et justement, le père est là, avec un taureau de poids, une tonne et demie au moins, une bête de concours. Si l’on boit pour oublier, on n’oublie pas de boire... et le père et le fils commencent leur périple vinicole in situ jusqu’à décider de franchir le pas, de prendre la voiture ou plutôt un taxi pour un tour de France, non pas celle du vélo, celle des vins, en passant par Saint Amour qui donnera le nom du film.Mais s’agit-il de vin ? Ne serait-ce pas autre chose, un autre amour ? Voire d’autres amours ? Piste intéressante, mais elle semble fausse. C’est en effet la référence au vin que l’on voit sur les affiches...

Ce périple en France va associer trois générations ! Il y a Jean, Bruno, le fils et... la génération suivante, Mike, le chauffeur de taxi, marié et père de famille (Vincent Lacoste). Il téléphone régulièrement à son épouse ou compagne pour lui donner de très (trop) brèves nouvelles, d’autant que la course s’éternise et que les euros s’accumulent au compteur. Mais un autre téléphone est sollicité, c’est celui de Jean qui lui aussi appelle une femme. Nous vous laissons le plaisir de la découverte en salle. Leur itinéraire sera occasion de rencontres multiples, l’une avec un propriétaire de maison d’hôte, joué par un surprenant Michel Houellebecq (dont on se plait à penser qu’il était fait pour ce rôle). Ce sera aussi la rencontre avec Ovidie (oui, oui, Ovidie !) ou Andréa Ferréol. Notons enfin Vénus (Céline Sallette) qui tel le jeune homme de Théorème va éveiller, réveiller ou révéler les sens de chacun des membres du trio. Jusqu’où faut-il puiser pour retrouver des ressources pour aimer ? Quelle noire extrémité faudra-t-il titiller pour une première fois ? Et lequel des trois sera l’élu ? Enfin, s’il faut conclure le road movie, ce ne peut-être qu’au Salon, là où tout avait commencé ? Est-il possible à un fils de reconnaître son père ? A moins qu’il ne s’agisse de l’inverse ? Et quand tout est terminé, comment trouver une véritable fécondité sinon par un retour aux sources ?

Bande-annonce :



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