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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Philippe de Pierpont
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Sortie le 13 janvier 2016
Article mis en ligne le 2 décembre 2015
dernière modification le 19 janvier 2016

par Charles De Clercq
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Road movie où l’on sort de chez soi pour se découvrir soi-même ! 81/100

Synopsis : Lucas, un lycéen de 16 ans, et Bert, un apprenti de 18 ans, fuient le bocal familial. Mais très vite, l’ennui refait surface et le sens de leur voyage leur échappe. Leur fugue va les mener au bord de la catastrophe. Elle déterminera le reste de leur existence. Chacun s’en sortira à sa manière... La liberté a un prix. Ils vont payer la leur au prix fort.

Acteurs : Arthur Buyssens, Martin Nissen

Dix-huit mois après le film homonyme de Tom Heene, Philippe de Pierpont nous présente ce que j’appellerais un slow road movie ! C’est que nos jeunes gens, presque post-adolescents, ne partent pas bien loin. Leur moyen de transport est une mobylette et que suite à ce que l’on pourrait appeler un incident de parcours, une nuit interrompue, il leur faudra poursuivre leur périple à pied. Ne pas aller bien loin, c’était aussi le thème d’un autre film belge, Mobile Home de François Pirot ! Si le film s’inspire d’un fait divers québecquois, l’équipée de Lucas et Bert, interprétés par deux excellents acteurs, Arthur Buyssens et Martin Nissen, n’est pas sans faire songer à celle du film de Bouli Lanners, Les géants (encore un belge !). Martin Nissen y a également joué. J’ai également pensé à un autre film, luxembourgeois, l’excellent Baby (A)lone (Ouni D’Hänn / Sans les mains) de Donato Rotunno. Certes les protagonistes sont (beaucoup) plus jeunes, mais passent par des épreuves identiques, celles d’adolescents sans véritables relations avec les adultes, voire abandonnés par eux.

Nous accompagnons donc Lucas et Bert dans les différentes étapes de leur randonnée. Si les acteurs semblent plus âgés que les rôles qu’ils jouent, il faut leur reconnaître une présence et une dynamique à l’écran, tant dans les épisodes où ils se trouvent seuls dans les maisons qu’ils squattent ou lors des rencontres qu’ils feront, l’un étant carrément mortelle ! Une dernière rencontre avec un couple dont le mari est photographe sera riche de révélations pour un des (anti)-héros. Je joue sur le terme « révélation » car nous découvrons le photographe (de style photoreporter) développant une photo dans sa chambre noire. La chose surprend alors qu’il utilise un appareil photo numérique. A moins qu’il s’agisse de photos d’un passé qu’il ressasse ou est-ce voulu par le réalisateur ? Probablement, puisque celui-ci précise : « Dans la dernière maison qu’ils squattent, ils ferment les rideaux et l’atmosphère devient oppressante. Ils sont dans l’impasse. Puis, miraculeusement, vient la révélation, une double révélation : une révélation photographique et une révélation spirituelle. Et là, où on ne peut pas être plus enfermé et plus dans le noir puisqu’on est dans la chambre noire d’un photographe, il y a une révélation paradoxale. Et c’est de nouveau une ouverture vers la lumière. »

S’agissant de lumière, les tonalités du film sont plutôt grises et sombres. Si cela amplifie l’aspect dramatique du film en lui donnant un aspect très froid, ce n’était pas voulu par Philippe de Pierpont qui souhaitait tourner en plein soleil : « Je souhaitais faire un film d’été. Jusqu’ici, je n’ai pratiquement jamais tourné qu’en hiver. Cette fois-ci je me suis dit que j’allais filmer la chaleur, le soleil. J’avais en tête ces films qui sont tournés en plein été ou dans le désert, et qui sont des drames terribles, comme Gerry ou L’avventura. Ce sont des films paradoxaux parce qu’ils sont tournés en plein soleil et qu’ils sont très durs en réalité, très froids. Et puis, mon objectif a été sabordé par la météo belge. Sur les 23 jours de tournage, il a plu 21 jours. Sans interruption. D’où l’ambiance du film, cette teinte humide, grise et verte, des forêts ardennaises. Impossible de croire que le tournage s’est déroulé en plein été. Avec le directeur photo, nous nous sommes dit que même si ce n’était pas prévu, le film allait en devenir magnifique. »

Magnifique, le film l’est à l’arrivée dont on peut déjà vous dire que la morale sera sauve à la fin. Je ne sais si l’on peut comparer Welcome Home à Gerry ou L’avventura, mais je reconnais bien volontiers que l’on retrouve quelque chose de l’ambiance de ces deux films qui sont des chefs-d’œuvre du cinéma. Un film que je recommande donc chaleureusement et qui repose essentiellement sur ses deux interprètes principaux. Ils ont déjà joué au cinéma et on peut leur souhaiter d’y faire carrière tant ils sont criants de vérité dans cet itinéraire vers l’âge adulte, cet exode hors de leurs prisons pour qu’ils puissent se retrouver, découvrir ce qui les anime, leur intériorité. C’est aussi une ode à l’amitié virile, à la construction d’une identité, l’ouverture vers un avenir, malgré le mal qu’ils ont pu faire et le mal-être qui est ou était le leur !

Bande-annonce :


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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