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Les critiques de Julien Brnl
Overlord
Réalisateur(s) : Julius Avery
Article mis en ligne le 16 novembre 2018
dernière modification le 17 novembre 2018

par Julien Brnl
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Dans « Overlord », le second degré prime donc sur toute nuance ou finesse. Mais qu’importe, puisque c’est justement dans son festival de grandiloquence que ce film à la fois angoissant, gore, bien fichu, et belliqueux offre un vrai plaisir coupable pour le cinéphile amoureux de cinéma de genre. 14/20

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 07 novembre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • d’un point de vue historique, le titre du film fait référence à la Bataille de Normandie au nom de code « Opération Overlord », ayant débutée le mardi 6 juin 1944 par le débarquement et le parachutage des premières troupes alliées, et ayant pour but d’ouvrir un nouveau front en Europe de l’Ouest, face aux troupes du Troisième Reich ;
  • il avait initialement été annoncé que ce film fasse partie de l’univers de fiction « Cloververse », débuté il y a dix ans par « Cloverfield », ce que son producteur J.J. Abrams réfuta lors de la CinemaCon d’avril 2018 ;
  • l’actrice principale du film est Mathilde Ollivier (dans le rôle de Chloé), une jeune comédienne française passionnée d’art depuis son plus jeune âge, et vivant à New York.

Résumé : À la veille du débarquement, un groupe de parachutistes Alliés est largué en France occupée. Mais en approchant de leur cible (une antenne de transmission utilisée par les nazies dissimulée au sommet d’un clocher dans un village occupé), ils commencent à réaliser qu’il y a plus qu’une simple opération militaire à effectuer... Ils tombent alors sur un laboratoire secret dans lequel sont menées des expériences aussi étranges que terrifiantes sur la population locale, afin de créer le soldat nazi suprême...

La critique de Julien

Attendu de pied ferme par les fans de séries B assumées, « Overlord » n’est pas un film de genre comme on en voit souvent ! Situé entre le film de guerre et d’horreur, le second long métrage du réalisateur Julius Avery après « Son of a Gun » (2014) est un pari osé, car mélangeant deux styles de film très différents pour un résultat atypique, et donc difficilement recommandable à n’importe quel spectateur. Ici, en l’occurrence, des GI’s combattent ce qu’on pourrait identifier comme... des zombies nazis ! Tout un programme !

Le moins qu’on puisse, c’est que la scène d’ouverture met dès le départ en appétit ! Terriblement efficace, et visuellement grandiose, on y découvre (tel que nous le montre la bande-annonce, mais pas fragments) une élite de soldats américains parachutés de manière forcée dans les airs suite à la désintégration de leur avion, alors matraqué par les bombes et balles ennemies, lors de son entrée dans le ciel occupé. Digne d’un grand film de guerre, cette scène virevoltante révèle dès lors une cinématographie prometteuse, et est en soi un entame plus que réjouissante pour le spectateur.

Divisé en deux parties, « Overlord » nous emmène d’abord en compagnie des soldats américains, ayant trouvé refuge chez une habitante française, en attente de réaliser la mission qui leur a été confiée, soit celle de détruire une antenne à transmission nazie située au-dessus de l’église du village.

Mais c’est sans compter sur la curiosité de l’un d’entre eux, parti en éclaireur découvrir les alentours, et qui en reviendra quelque peu déboussolé par ce qu’il vient de voir... S’en suivra une drôle de course contre la montre, autant pour le devoir que pour la survie, mais contre l’inimaginable...

Bien que l’intrigue se déroule essentiellement dans quelques décors (une maison et son grenier, les rues d’un village et les abords et dessous d’une église reconvertie en laboratoire secret), on apprécie énormément la reconstitution en temps de guerre effectuée pour les besoins du film, ainsi et surtout que les tons de couleur résolument mortifères qui s’en dégagent. Sombre et poisseuse, le photographie nous permet ainsi une immersion totale dans cet univers peu réconfortant. Et qui dit pauvres innocents cobayes contaminés, charcutés, et transformés en monstres sanguinaires incontrôlables, dit maquillage ! Très réussi, cet alliage entre images de synthèse, prothèse et grimage permet de donner une plus-value très appréciable à cette surenchère de sang et de morceaux de viande humaine - trafiquée - éparpillée. On a d’ailleurs parfois l’impression de déguster un bon américain préparé !
Un autre souci du détail qui apporte également une certaine signature à ce programme particulier est l’usage pertinent de différentes langues parlées (à entendre uniquement en version originale). En effet, le soldat principal (le brave et curieux Boyce) parle quelques fois le français américain avec la jeune demoiselle les accueillant, tandis que le satanique lieutenant allemand Wafner (fantastique Pilou Asbæk) en fait de même.

Dans « Overlord », le second degré prime donc sur toute nuance ou finesse. Et puis, à vrai dire, cette période de l’histoire a déjà vu assez de morts pour en rajouter ou en imaginer d’autres, et d’autant plus dans de telles circonstances. Vous voilà donc prévenus ! Mais qu’importe, puisque c’est justement dans son festival de grandiloquence que ce film à la fois angoissant, gore, bien fichu, et belliqueux offre un vrai plaisir coupable pour le cinéphile amoureux de cinéma de genre.



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