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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Carine Tardieu
Otez-moi d’un doute
Sortie le 6 septembre 2017
Article mis en ligne le 22 août 2017
dernière modification le 6 août 2019

par Charles De Clercq

Synopsis : Erwan, un solide démineur breton, perd soudain pied lorsqu’il apprend que son père n’est pas son père. Malgré toute la tendresse qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan enquête discrètement et retrouve son véritable géniteur : Joseph, un vieil homme des plus attachants, pour qui il se prend d’affection. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Erwan croise en chemin l’insaisissable Anna.

Acteurs : François Damiens, Cécile de France, Guy Marchand, Alice de Lencquesaing, André Wilms.

Le troisième film de Carine Tardieu baigne toujours dans la thématique familiale avec, cette fois un focus sur les pères ! Les mères sont absentes (l’une est partie, l’autre décédée). Le scénario tient en peu de choses, pas beaucoup plus que le synopsis ci-dessus. A l’arrivée, l’on se dira peut-être que le film était classique, prévisible, balisé voire qu’il n’apportait rien de neuf. Peut-être bien, mais dans sa tête, parce que dans le cœur, c’est tout autre chose. Nous avons beaucoup ri durant la projection presse (et le nous, ici dit de modestie, se double de celui des confrères et consoeurs dans la salle. A la fois comique de situation et (bons) jeux de mots. Sans compter des acteurs très attachants où chacun joue sa partition avec - pour rester sur ce mot - une bande-son qui fait du bien. Jubilatoire et jouissive, comme l’est le film. Et d’avoir entendu deux fois l’air de Papageno donne envie de réécouter La Flute enchantée de Mozart. Un film qui permet de découvrir — ce que l’on sait probablement déjà — que la paternité, ce n’est pas seulement une question d’ADN, que Zorro peut être tendre et qu’un préservatif peut avoir plusieurs usages !

Carine Tardieu a pris comme point de départ l’histoire personnelle d’un d’un ami breton. Elle l’ancre donc tout naturellement en Bretagne, dans le golfe du Morbihan et sur la rivière d’Etel. "L’histoire de mon ami se situait dans cette région et la Bretagne me semblait propice aux secrets, au mystère. La Bretagne a quelque chose d’ancestral du fait de son littoral très découpé, érodé... Et puis avec ses variations incessantes, je savais que la météo de cette région serait une mine de métaphores sentimentales…
Mon scénario terminé et avant d’entrer véritablement en préparation, je m’y suis rendue avec mon premier assistant et ces journées de prérepérages ont encore fait évoluer l’histoire. C’est en passant devant la carrière d’Elven que j’ai imaginé que le principal chantier d’Erwan aurait pour décor ces immenses cratères rocheux et dunes de sable, parsemés de pins. Ce lieu où coexistent le minéral et le végétal, l’ancestral et le sensible, est une métaphore parfaite du chantier émotionnel qu’Erwan traverse tout au long du film. Et c’est aussi en découvrant l’épave fantomatique d’un chalutier échoué que j’ai choisi de faire de Bastien un ancien marin pêcheur- jusque-là, il n’était qu’un simple plaisancier.".

On retiendra aussi le choix de la réalisatrice de faire de son acteur principal un démineur : « Dès les prémices de l’écriture j’avais une image en tête : celle d’un homme qui fouille, creuse la terre, et finit par faire exploser une bombe enfouie au plus profond. Je voulais symboliser cette idée qu’en creusant dans le passé, en remontant aux origines, on prend le risque de mettre à jour des secrets au potentiel… explosif. ». Cela donne l’occasion au spectateur de découvrir un métier peu connu et difficile puisqu’il aura l’occasion de voir François Damiens dans son travail (on lui a appris bien sûr quelques éléments techniques) mais aussi de vrais démineurs au travail (hommage leur est d’ailleurs rendu dans le générique de fin).

Une mention toute particulière pour Michael Bensoussan — ici Esteban son nom d’acteur au générique et connu comme chanteur sous le nom de David Boring — dans le rôle d’un jeune qui a deux « bras cassés », pas vraiment compétent, mais excelle a donner corps à son personnage décalé et irresponsable, jusqu’à ce que... Et si la comédie est toujours présente, le drame n’est jamais loin. Il y a de la tendresse et de l’émotion dans cette recherche d’un père, dans la reconnaissance d’un fils (et cela se joue même pour plusieurs protagonistes et générations !) ou d’une soeur qui pourrait ne pas l’être. L’on sait que nous ne sommes pas vraiment convaincus par les comédies françaises. Mais c’est ici bien plus, une comédie dramatique que nous avons beaucoup appréciée et même pas oubliée au sortir de la salle. Cinéma de divertissement certes, classique, convenu, mais bon sang que cela fait du bien quand c’est honnête, intelligent, et somme toute, très humain. Et nous savons que c’est justement dans ces rôles très « humains » que François Damiens puise le meilleur de lui-même. Ajoutez-lui Cécile de France, Guy Marchand et quelques autres et vous aurez une bonne heure et demie à passer avec eux dans les salles.

Bande-annonce :

Lien vers la critique de Julien Brnl



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