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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Stella Meghie
Everything, Everything
Sortie le 16 août 2017
Article mis en ligne le 7 août 2017
dernière modification le 6 août 2019

par Charles De Clercq

Synopsis : Que feriez-vous si vous ne pouviez plus sortir de chez vous ? Ni respirer l’air pur de la mer, ni sentir la chaleur du soleil sur votre visage… ni même embrasser le garçon qui vit à côté de chez vous ? Le film raconte l’histoire d’amour entre Maddy, adolescente futée, curieuse et inventive, et son voisin Olly. Car même si la jeune fille de 18 ans souffre d’une maladie l’empêchant de quitter l’environnement confiné de sa maison, le garçon refuse que ces circonstances n’entravent leur idylle. Maddy n’aspire qu’à sortir de chez elle et à découvrir le monde extérieur et à goûter à ses premiers émois amoureux. Alors qu’ils ne se voient qu’à travers la fenêtre et ne se parlent que par SMS, Maddy et Olly nouent une relation très forte qui les pousse à braver le danger pour être ensemble… même s’ils risquent de tout perdre. (ci-contre, la réalisatrice.

Acteurs : Amandla Stenberg, Nick Robinson, Anika Noni Rose, Ana De La Reguera, Taylor Hickson.

 Au départ, un roman pour pré-ados

Le film est une adaptation d’un livre de la romancière Nicola Yoon (photo ci-contre) - qui s’est inspirée de sa propre vie [1] que l’éditeur présente comme suit : « Nicola Yoon a grandi en Jamaïque et à Brooklyn. Elle vit aujourd’hui à Los Angeles avec sa fille et son mari, qui a réalisé les illustrations intérieures de Everything Everything. Il s’agit de son premier roman. Ce roman figure sur le New York Times best-sellers review depuis sa publication, aux USA. ». Le film reprend d’ailleurs, en particulier dans le générique final, certaines des illustrations du roman dont on trouvera le résumé en note [2]. L’éditeur conclut par ces mots : « Un coup de cœur incontournable, un roman d’une puissance émotionnelle rare, un coup de théâtre final : à lire absolument ! ». A lire les critiques de (jeunes) lecteurs, on ne pouvait que se réjouir du passage du papier à la Toile !

 A l’arrivée, une guimauve très très sucrée !

Le point de départ était intéressant, d’autant qu’il mettait en vedette un couple interracial d’adolescents, ce que relève Amandla Stenberg (e.a. Rue dans Hunger Games, qui interprète Maddy, la jeune héroïne : « J’ai tout de suite accroché au côté excentrique de l’histoire, sa fantaisie, l’émotion palpable. Surtout en tant qu’adolescente. J’ai aussi adoré le fait que ce magnifique et important film d’amour entre ados puisse sublimer l’amour interracial ». L’actrice porte quasiment seule le film sur ses épaules, face notamment à Nick Robinson (venant du théâtre et qui a notamment joué Ben Parish dans The 5th Wave) qui donne corps à Olly, le jeune voisin ado qui tombe en pâmoison devant la belle enfermée [3]
Certes ils sont jeunes et beaux et font un couple de cinéma juvénile, mais l’acteur manque d’expression et de charisme. Et pourtant, le jeune acteur [4] se sentait inspiré et partant pour cette aventure : « J’avais l’impression qu’Everything, Everything avait quelque chose de nouveau, que Nicola apportait de la nouveauté à la littérature pour adolescents. J’ai déjà travaillé ce genre, mais là, il y avait une nouvelle approche, de l’originalité. »

La bulle dans laquelle se trouve la jeune héroïne est luxueuse, dans une grande et belle maison. Par chance, sa mère est médecin. Elle s’occupe de sa fille (aidée d’une infirmière) depuis la mort de son mari et de leur premier-né. Beaucoup d’insistance sera mise sur les précautions à prendre qui montre, par là même tout le danger qu’y y aurait (et l’on peut écrire, au risque de spoiler, « aura » de quitter la maison, de franchir le sas de protection. Il y a cependant un sérieux problème de vraisemblance. Personne (voire rien) ne peut entrer (le roman insiste sur la désinfection très importante des livres achetés pour Maddy), mais la mère (médecin) et l’infirmière en contact avec des malades à l’extérieur peuvent entrer en contact avec l’adolescente. Il y a bien un sas (de quoi, de désinfection ? Laissez-moi rire ! Il y a bien les mains que l’on lave correctement... Mais elles ont leurs vêtements qu’elles ne changent pas, ne passent pas par une douche bactéricide... et quelqu’un d’autre de l’extérieur, le jeune Olly, par exemple, ne pourrait pas faire de même ? Mais je laisse cela de côté, car c’est futile par rapport à d’autres défauts du film qu’un twist final (prévisible ou pas) vient bien trop tard apporter un autre éclairage. A lui seul, ce rebondissement aurait pu faire le cœur même de l’intrigue, ajoutant une densité psychologique et angoissante, mais bon comme il s’agit d’adapter le livre, annoncé comme faisant partie de la littérature destinée aux 12 ans et plus, il ne faudra pas être difficile !

Il faut reconnaître qu’il y a de belles images, dignes parfois de cartes postales [parfois même on songera à The Blue Lagon (Le lagon bleu, Randal Kleiser, 1980)]. A côté de cela, on pourra regretter une mise en scène qui propose du n’importe quoi, jouant avec les maquettes architecturales de Maddy et un astronaute récurrent et en faisant jouer par les deux protagonistes les dialogues échangés par SMS. Le fait d’avoir sous-titré certaines chansons sera un plus pour le spectateur peu familier avec l’anglais. Il en est de même l’apparition à l’écran des pensées non exprimées et différentes des dialogues [5]. En revanche, le tout gros problème du film est son aspect sirupeux, doucereux, dégoulinant de miel jusqu’à l’écœurement. Certains seront tentés de regarder sur leur montre ou GSM l’heure qu’il est, tant les nonante-cinq minutes paraîtront longues, comme s’ils se faisaient prendre dans une immense toile de barbe à papa ! Enfin si l’on peut louer la mise en avant positive, déjà signalée, d’un couple interracial, on regrettera le placement de produits et la présentation de la carte de crédit facile à acquérir, sésame qui ouvre toutes les portes pour concrétiser les rêves. C’est regrettable comme message pour la cible préadolescente qui semble être le public attendu pour le film !

 Bande-annonce :



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