Bandeau
CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Pedro Almodóvar
Julieta
Sortie le 18 mai 2016
Article mis en ligne le 18 mai 2016
dernière modification le 24 mai 2016

par Charles De Clercq
logo imprimer

Un homme nu assis, deux hommes qui meurent, une fille qui disparaît...
Adaptation de trois nouvelles d’Alice Munro. Une lettre pour revivre. 81/100

Synopsis : Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années et décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.

Acteurs : Emma Suárez, Adriana Ugarte, Daniel Grao, Darío Grandinetti, Inma Cuesta, Rossy de Palma, Joaquín Notario, Susi Sánchez, Pilar Castro, Mariam Bachir, Michelle Jenner, Nathalie Poza et Tomás del Esta.

« Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé. »

Julieta, c’est un drame que nous propose Pedro Almodóvar après le dispensable Les amants passagers (2013). Sans atteindre la force de La piel que habito (2011), Julieta est un grand film qui divise et divisera la critique et mérite d’être revu lorsque l’on aura pris connaissance et conscience de l’intrigue et des éventuels retournements de situation. Le réalisateur adapte trois nouvelles du recueil Fugitives d’Alice Munro ((Hasard, Bientôt et Silence), recueil qui se trouvait d’ailleurs dans La piel que habito. Souvenez-vous du plan ou la gardienne Marilia apporte le petit-déjeuner à Vera/Vicente : sur le plateau, il y a aussi le recueil d’Alice Munro. Si Juliette est présente dans les trois nouvelles, Almodóvar les mixe pour n’en faire qu’une seule pour nous faire découvrir le drame d’une femme qui a perdu sa fille. Le ton, la tonalité, la couleur sont donnés dès le début de film par la couleur qui couvre le cœur de Julieta.

Ensuite, entre ses mains, la sculpture d’un homme nu et assis, le sexe visible entre les cuisses. Nous sommes dans l’atelier d’une certaine Ava. Le réalisateur introduit dans le film une sculpture qui lui tient à cœur et qu’il possède depuis vingt ans. L’homme assis est une œuvre de Miquel Navarro (et toutes les pièces présentes dans l’atelier d’Ava sont d’ailleurs de lui).

Toute l’intrigue est reprise dans le synopsis. L’intrigue se déroule de 2016 à 1985 et le réalisateur joue admirablement avec le corps de deux actrices qui prêtent le leur à Julieta. Celle-ci est confrontée à deux reprises à la mort. La première, lorsque jeune encore elle fait deux rencontres dans un train. Un homme qui est désemparé et finir par se suicider et un autre Xoan avec qui elle aura une relation torride et amoureuse. Xoan dont l’épouse est malade et dans un état végétatif. Il épousera Julieta a qui il a donné une fille. Mais l’origine de cet amour est sur fond de mort d’homme et cela hante Julieta car elle croit qu’elle aurait pu éviter cela.

Autre chose hante Julieta. Après une dispute avec Xoan, celui-ci part en mer et cela va mal se passer à cause de la tempête. Là aussi la mort sera présente avec une autre conséquence, tout aussi désastreuse : Antía, sa fille, leur fille va faire une retraite dans les Pyrénées aragonaises. Julieta découvrira plus tard que sa fille a disparu après ce séjour dans ce qui semble bien être un mouvement sectaire chrétien. Mais ce n’est pas là que l’accent est mis, mais sur l’absence. Celle-ci se dira ou plutôt s’écrira sous forme de lettre écrite à sa fille alors même que trône sur la cheminée L’homme assis. Cette lettre nous fait basculer dans les années, relisant le passé pour mieux comprendre le présent et la douloureuse absence. C’est la mort d’un homme, d’un amant et d’un père qui tragiquement l’a séparée de sa fille. Ce sera aussi la mort d’un enfant qui fera prendre conscience de l’importance de Julieta, la mère abandonnée et de réconcilier deux solitudes.

Un film à voir et à revoir pour en découvrir toute la symbolique. Nous écrivions que la critique serait divisée et nous renvoyons ainsi vers deux visions contradictoires de deux critiques amis.


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB

Mots-clés associés

Au hasard...



Plan du site Espace rédacteurs puce

RSS

2014-2017 © CINECURE - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.25