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Les critiques de Julien Brnl
The Happy Prince
Réalisateur(s) : Rupert Everett
Article mis en ligne le 13 octobre 2018

par Julien Brnl
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Avec « The Happy Prince », le comédien Rupert Everett étonne pour une première réalisation, touchante et possédée, et une interprétation toute en finesse et évocation. C’est ce qu’on appelle du beau cinéma, inspiré et inspirant. 14/20

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 03 octobre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • première réalisation et scénario de l’acteur britannique Rupert Everett, âgé de 59 ans, lui qui a notamment joué dans l’adaptation théâtrale du roman d’Oscar Wilde « Le Portrait de Dorian Gray » au début des années nonante ;
  • le film est co-produit par la société de production belge « Entre Chien et Loup », et a notamment obtenu des fonds du programme d’incitations fiscales belge Tax Shelter, de Wallimage et de la Fédération Wallonie-Bruxelles ;
  • « The Happy Prince » (« Le Prince heureux ») est le titre d’un court récit publié par Oscar Wilde en 1888.

Résumé : « The Happy Prince » raconte l’histoire inédite des trois dernières années de la vie tragique d’Oscar Wilde, après avoir été emprisonné, et condamné à deux ans de travaux forcés en 1895 pour avoir entretenu une relation homosexuelle avec le jeune Lord Alfred Douglas. Ce grand homme de lettres, l’un des auteurs les plus célèbres d’Angleterre à l’époque, n’est désormais plus qu’un homme déchu, et humilié...

La critique de Julien

Pour sa première réalisation, l’acteur Rupert Everett n’a pas vu les choses à moitié, étant donné qu’il s’attaque ici à un biopic sur l’écrivain Oscar Wilde, mais centré sur les trois dernières années de son existence, au destin tragique. Dix ans que le (désormais) cinéaste s’attelle à ce projet, lui qui nous livre ici une première œuvre réussie, et rendue passionnante par la qualité de l’hommage qu’il rend au poète maudit.

Commençons par recontextualiser brièvement les événements. Alors que sa pièce maîtresse « L’Importance d’être Constant » (1895) triomphe dans la capitale anglaise, Oscar Wilde est condamné pour « grave immoralité » (soit son homosexualité). Ruiné par ses différents procès, et condamné à la banqueroute, il s’exile (après sa peine) à Paris, avant de retrouver son amant, Alfred Douglas, et se retirer avec lui à Naples, avant de mourir dans la misère la plus totale, à 46 ans...

Sans rentrer dans les détails de sa vie passée, Rupert Everett met en scène la déchéance de cet artiste durant les trois années qui ont succédé son emprisonnement, alors rythmées par ses désillusions successives, et ses histoires d’amour. Et puis, il y a aussi Constance Lloyd, la femme qu’il a épousée, et dont il est toujours amoureux, mais qu’il a pourtant trahi, sans parler de ses deux fils (dont il lui est interdit de revoir). Le réalisateur nous emmène alors dans un récit à la reconstituion soignée, bercé par les réflexions et pérégrinations d’un homme complexe, écorché, alors en quête d’honneur, d’un semblant de dignité, et surtout de tranquillité. Rupert Everett incarne d’ailleurs le personnage avec énormément de profondeur, lui dont la voix, posée et langoureuse (en version originale), résonne longtemps dans les oreilles. Au regard du domaine dans lequel s’exultait Oscar Wilde, les interventions de l’acteur renvoient souvent à la poésie, aux images idylliques (les vues sur le Vésuve sont à couper le souffle), notamment lors de flash-back. On est véritablement en immersion avec le personnage, aussi bien dans ses bons que mauvais côtés (ce que l’acteur n’a pas eu peur de montrer). C’est d’ailleurs ce qui rend la démarche et l’hommage plus vrai, plus authentique. Et puis, à vrai dire, Wilde n’avait plus rien à perdre...

Au-delà du portrait, qui nous en apprend et nous éclaire sur le personnage, Everett nous rappelle aussi que cela ne fait pas si longtemps que l’homosexualité est dépénalisée, et que les mentalités évoluent, mais à faible rythme. Pour la petite histoire, Wilde n’a d’ailleurs été gracié que l’année passée par le gouvernement britannique !

Diaporama

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