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CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
L’amour est une fête
Réalisateur(s) : Cédric Anger
Article mis en ligne le 22 septembre 2018

par Julien Brnl
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L’incursion que le film nous offre de l’industrie du porno ne va pas assez en profondeur pour nous permettre d’en apprendre véritablement sur le milieu, et cela sans doute à cause du prisme scénaristique choisit par le réalisateur. 10/20

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 19 septembre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • Guillaume Canet retrouve pour la seconde fois le réalisateur français Cédric Anger après le glaçant « La Prochaine Fois je Viserai le Cœur » (2014) inspiré de l’affaire Alain Lamare - surnommé le « Tueur de l’Oise » - et pour la huitième fois son fidèle ami Gilles Lellouche.

Résumé : Paris, 1982. Patrons d’un peep show, « Le Mirodrome », criblés de dettes, Franck et Serge ont l’idée de produire des petits films pornographiques avec leurs danseuses pour relancer leur établissement. Le succès est au rendez-vous et ne tarde pas à attirer l’attention de leurs concurrents. Un soir, des hommes cagoulés détruisent leur établissement. Ruinés, Franck et Serge sont contraints de faire affaire avec leurs rivaux. Mais ce que ces derniers ignorent, c’est que nos deux « entrepreneurs » sont des enquêteurs chargés de procéder à un coup de filet dans le business du « X » parisien. C’est le début d’une aventure dans le cinéma pornographique du début des années quatre-vingt qui va les entraîner loin. Très loin...

La critique

Projet de longue date, le quatrième long du réalisateur Cédric Anger « L’Amour est une Fête » nous entraîne dans le milieu du porno français de la fin des années soixante-dix/début quatre-vingts, né de la libération des mœurs post-68, alors celui-ci était encore tourné en pellicule, et surtout synonyme d’amusements, de plaisirs, d’envies, et même de provocations. Situé avant l’avènement de nouveaux canaux de diffusion et de l’apparition du sida (qui changeront considérablement le porno), ce récit fictif illustre à sa façon le monde du porno libertin d’autrefois, situé à des années-lumière du cinéma porno d’aujourd’hui, industrialisé et professionnel, où tout est contrôlé et beaucoup simulé.

D’emblée, il se dégage une fois de plus une certaine complicité du duo Canet/Lellouche, eux qui n’en finissent plus de tourner ensemble, et que l’on retrouvera prochainement dans « Le Grand Bain » (de Lelloche), et dans « Nous finirons Ensemble » (de Canet), qui n’est autre que la suite de son film à succès « Les Petits Mouchoirs ». Michel Fau tire aussi son épingle du jeu dans la peau d’un producteur de films « X », tout comme Xavier Beauvois dans celle d’un réalisateur habité... Dans l’ensemble, le casting joue le jeu, et surtout la carte de l’absurde.

Pour traiter du sujet, Anger a choisi de centrer son film sur deux amateurs et patrons d’un peep show (établissement composé de cabines privatives où le spectateur regardait le show d’une hôtesse réalisant un strip-tease ou des positions sexuelles explicites, sans contact physique), qui sont en fait des enquêteurs infiltrés avec pour mission de gagner la confiance du milieu afin d’aider les fédéraux à y faire le ménage, étant donné l’argent noir qui y circule, ainsi que la drogue…

Sans aller jusqu’au bout de ses idées, « L’Amour est une Fête » reflète avec un certain plaisir l’esprit d’antan qui régnait dans ce milieu, sans laisser pour autant de côté ses aspects les moins marrants, tel qu’un business pas très net auquel il a ouvert les portes. Mais le film ne prend jamais vraiment de décisions sur ce qu’il souhaite véritablement nous montrer, et se contente ainsi d’aligner des situations bercées par l’insouciance générale qui régnait à cette époque. Le résultat penche alors entre la comédie décomplexée et douce-amère, elle qui suit le parcours de deux têtes de mule prises en embuscade, elles qui prennent alors de plus en plus leurs marques dans le milieu, quitte à laisser tomber leur vie sentimentale, et professionnelle, alors que tout n’est pourtant qu’une illusion étant donné l’issue de leur mission. Pourtant, l’empathie n’est pas au rendez-vous, la faute au ton résolument décadent et léger du métrage, et l’écriture peu attachante de ses anti-héros sournois, opportunistes, et fiers...

Concrètement, l’incursion que le film nous offre de l’industrie du porno ne va pas assez en profondeur (c’est le cas de le dire) pour nous permettre d’en apprendre véritablement sur le milieu, et cela sans doute à cause du prisme scénaristique choisit par le réalisateur. Car à vrai dire, suivre ces deux individus fourbes infiltrés opérant dans les filets du « X » nous rend bien indifférent, et tire même en longueur. Finalement, on retiendra de ce film un ensemble de scènes idylliques (comme le coucher de soleil) et nostalgiques autour d’une époque fantasque révolue, ainsi qu’un humour cocasse (bien que le crasseux n’est jamais loin).

Diaporama

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Copyright Christine Tamalet / Mars Films

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