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Les critiques de Julien Brnl
Aus dem Nichts (In the Fade)
Réalisateur : Fatih Akın
Article mis en ligne le 21 janvier 2018
dernière modification le 5 août 2018

par Julien Brnl
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Face au lourd sujet qu’il nous propose, « In the Fade » manque de profondeur et de cohérence dans son scénario. L’image physique du terroriste a beau dé-stigmatiser celle que l’on connaît de lui, et Diane Kruger être très engagée dans son rôle, ce portrait de femme meurtrie en plein processus de vengeance ne tient pas la route sur la distance. - 12/20

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 17 janvier 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • inspiré des meurtres commis en Allemagne par un groupe néo-nazi contre des personnes d’origine turques, et dont le procès contre la seule survivante des assassins est toujours en cours ;
  • Prix d’interprétation féminine à Cannes pour Diane Kruger dans ce rôle, et premier dans sa langue maternelle (l’allemand) ;
  • le film a remporté le Golden Globes 2018 du meilleur film en langue étrangère ;
  • le titre international et français du film signifiant « dans le dépérissement » vient d’une chanson de Queens of the Stone Age, dont Josh Homme (le chanteur) a compose la musique du film.

Résumé : La vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe. Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance.

La critique

En plein cœur d’une vague d’attentats terroristes qui ne cesse de frapper le monde actuel, le réalisateur allemand Fatih Akın, d’origine turque, s’inspire ici des meurtres commis entre 2000 et 2011 par un groupe terroriste allemand d’extrême droite, envers huit immigrés turcs, un Grec et une policière Allemande. Dans « In the Fade », il n’est pourtant pas question de ces faits, mais de ce point de départ contextuel d’actualité pour raconter l’histoire de Katja, mère et épouse d’un ex-trafiquant de drogues d’origine turc, alors visé par un attentat terroriste par un couple de néo-nazis, auquel succombera également le fils du couple. Peine immense, procès et vengeance sont au programme de ce thriller quelque peu vicieux, incohérent, et inabouti.

Diane Kruger, qui jusque-là détonnait par ses choix de carrière très variables, réalise de loin sa meilleure interprétation dans la peau de cette femme qui perd tout ce qu’elle a de plus précieux dans la vie. Elle porte ce film sur ses épaules, avec intensité, rage et détermination. Il ne restera alors à son personnage que la justice, pour condamner les bourreaux qui lui ont enlevé son mari et leur enfant, mais sans que cela ne les ramène. L’actrice et ancien modèle s’affiche sans fards et paillettes, et prouve qu’elle n’est pas qu’une belle plante à l’accent si prononcé.

Au-delà de son interprétation, le film de Fatih Akın, divisé en trois chapitres, peine à tenir la barre, outre vis-à-vis de la psychologie du personnage de Diane Kruger, avant pourtant qu’elle ne fléchisse en dernière partie.

Tandis que le procès fictif tourne malheureusement dans le non-sens et soulève des questions auxquelles nous ne trouverons pas de réponse, la vengeance de notre antihéros n’en sera que plus insensée. Privilégiant les silences quant aux actes, le scénario abandonne cette mère dans sa quête de justice, elle qui s’éteint alors face au combat à mener, agissant de manière assez ambiguë, et finalement lâche. Difficile d’aller plus loin sans vous en dévoiler davantage.


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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