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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Justin Simien (2014)
Dear White People
Sortie le 25 mars 2015
Article mis en ligne le 6 mars 2015

par Charles De Clercq
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Synopsis :

  • L’histoire de quatre étudiants noirs, face à une fête sur le thème « afro-américain » organisée par des Blancs, qui dégénère en émeute (cinébel).
  • La vie de quatre étudiants noirs dans l‘une des plus prestigieuses facultés américaines, où une soirée à la fois populaire et scandaleuse organisée par des étudiants blancs va créer la polémique. Dear White People est une comédie satirique sur comment être noir dans un monde de blancs (Allociné).
    (photo : Justin Simien).

Acteurs : Tyler James Williams, Tessa Thompson, Kyle Gallner, Teyonah Parris, Brittany Curran, Brandon P Bell, Justin Dobies.

 Un film en nuances ? de gris ?

Dear White People est un film en noir et blanc, ou plutôt en film en couleurs (ou en nuances de gris ? voire de gays ?) avec des noirs et des blancs ! On se dira probablement que c’est tiré par les cheveux - histoire de faire allusion à la coiffure de Lionel pendant une bonne partie du film - comme certaines affiches le laisse voir ! En réalité, le film est une satire et a suscité la controverse dans la communauté noire (ou afro-américaine... mais dans le film il est précisé que cette expression ne peut plus être employée). Parmi les critiques cinéma, nombre de confrères ont été dubitatifs. Ils reconnaissaient la pertinence du thème abordé, mais trouvaient le film trop long et pas toujours maitrisé. J’étais moi-même partagé et ce n’est qu’après décantation que ce long métrage bonifie en moi ! Les premiers échos de spectateurs qui l’ont déjà vu oscillent entre « Un film dont la bande annonce m’a fait trépigner d’impatience, et puis au final, bof. Il ne se passe pas grand chose, Cest beaucoup de bla bla un peu creux. » ou « Visionner ce film est une nécessité. C’est simple. Voir ’Dear white people’ devrait être obligatoire (...) C’est une comédie cinglante... ». La communauté noire (ou des membres de celle-ci) n’a pas été tendre avec ce film, reprochant à leurs acteurs fétiches d’y avoir joué et, en particulier, à Tyler James Williams d’avoir interprété le rôle d’un « black homo » (lien vers l’interview de l’acteur - EN). Dans le même temps, certains blancs (texans notamment) ont taxé le réalisateur de racisme envers eux !

 Un film noir ?

Premier long métrage de l’Afro-Américain, pardon du noir, non du black... non du réalisateur Justin Siemen, Dear White People emprunte son titre à celui d’une émission radio dans laquelle une jeune métisse, euh non, une étudiante née dans un couple mixte, non... dans laquelle Samentha White (bon, cela n’est pas voulu !) se moque des préjugés et comportements d’étudiants blancs envers les noirs sur les campus. Le jeune réalisateur est également aux commandes du scénario auquel il a songé dès ses études dans une université californienne. Les étudiants blancs y étaient dominants et au sein de la communauté noire il s’est toujours demandé quel type de noir il devait être. « Pour lancer son idée à l’image de Samantha White dans Dear White People, Justin Simien a créé un compte Tweeter pour poster des phrases légèrement incisives à propos des noirs et la façon dont les blancs peuvent les percevoir. Le but de cette démarche était de réunir le plus de commentaires et de visites possibles, pour que son idée puisse grandir et devenir un film » (Allociné). À partir de là, une vidéo diffusée sur CNN a obtenu un tel succès qu’il a pu récolter une avance de fonds pour préparer le casting de son film. Celui-ci fut tourné très rapidement (20 jours) en grande partie à l’Université de Minneapolis (Minnesota).

 Etre noir chez les blancs !

C’est en grande partie en partant de ressenti et d’expérience vécue dans un pays où les questions raciales sont encore difficiles, brûlantes, même si un président noir fait figure d’exception. Il est probable qu’une bonne partie de la satire ne soit pas perçue par des habitants de l’Ancien Monde ! Derrière l’humour, présenté en plusieurs tableaux, les blessures d’un passé toujours présent et les réponses parfois inadaptées s’expriment dans ces rivalités estudiantines.
Ainsi nous découvrons des noirs qui ne se sentent pas à l’aise chez eux ni chez les blancs. Un blanc qui fréquente une noire. Des regroupements d’étudiants qui veulent une certaine mixité ou qui se replient sur eux-mêmes. Un étudiant noir qui est aussi homo et le vit mal jusqu’à ce qu’un blanc lui manifeste de l’intérêt... Une des réponses possibles semble être la « discrimination positive », mais celle-ci n’en est pas pour autant satisfaisante. Quel noir mettra-t-on (ou pas) à la tête de l’Université ? Et si certains blancs étaient fascinés par les noirs... jusqu’à les singer dans une fête de fin d’année... au point de devenir (ou d’être perçue) comme raciste ?

 A voir malgré tout

Ces divers tableaux pourront paraître décousus, sans lien avec les autres si ce ne sont les protagonistes de ce film. Ceux-ci portent cependant des tranches de vie qui sont autant d’échos de situations vécues hier et qui existent encore aujourd’hui. Celles-ci sont magnifiées par une excellente utilisation de la musique « classique » (entre autres) dans la bande-son. Les intentions du réalisateur sont bonnes et doivent parler à notre cœur d’être humain, de citoyen du monde, plus encore peut-être aujourd’hui qu’hier. Pour dire donc que je projet en valait la peine malgré quelques côtés irritants du film pour un cinéphile : qui trop embrasse mal étreint (jusque dans le film !) et qu’à vouloir trop et tout faire on arrive au terme à une réalisation qui manque de cohérence et de cohésion. J’écris ceci par honnêteté intellectuelle pour ne pas trahir ma fibre cinéphile. En effet, il n’y a qu’un seul conseil à donner ; allez voir ce film de toute urgence. À défaut de pouvoir rire de tout, ce sera occasion de découvrir l’autodérision et la lucidité d’un réalisateur qui n’a pas que des idées noires !

 Des photos

 La bande-annonce


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB

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