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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Malgorzata Szumowska (2014)
Body (Cialo)
Sortie au BRFF le 7 juin à19h00 (Flagey 4)
Article mis en ligne le 7 juin 2015

par Charles De Clercq
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61/100

Synopsis et présentation : Janusz n’est pas facilement choqué par ce qu’il voit. Et pour cause. En tant que médecin légiste, il en découvre des atrocités faites sur l’être humain. Mais, quand sa fille anorexique commence à avoir des comportements suicidaires, il ne sait plus très bien comment s’y prendre. Il décide alors de la faire hospitaliser. Sous des airs de drame, Body risque bien de vous surprendre par son ton décalé à l’humour noir bien présent. Vous y croiserez des fantômes, des séances de spiritisme qui tourne à la farce, des morts qui se redressent… Malgorzata Szumowska, a qui on doit le magnifique Elles avec Juliette Binoche (aussi programmé au Festival), signe un film original, tout aussi stimulant qu’imprévisible.

Acteurs : Janusz Gajos, Maja Ostaszewska, Justyna Suwala.

Primé lors des des 29e European Film Awards 2016

Plusieurs critiques se demandaient comment Body avait pu obtenir l’Ours d’argent du meilleur réalisateur à la Berlinale 2015. C’est que le film générait un profond ennui chez certains. D’autres, en revanche, ont fait référence au cinéma polonais et au rythme habituel de ses meilleurs films.

L’humour noir était présent au début du film. Imaginez, nous voyons un homme pendu à un arbre. Il est mort. Des policiers et un médecin légiste sont au sol, ils examinent le lieu de ce qu’ils déterminent être un suicide et débattent de quand dépendre le pendu. Première réaction de l’ancien policier en moi : pourquoi n’ont-ils pas de gants ?). Quand soudain, après avoir coupé la corde et pendant que les hommes de loi discutent, le pendu se lève et s’en va tranquillement sur le chemin. Un mort qui se lève après sa pendaison, nous sommes vraiment dans l’absurde et le non sens. Cette voie et ce rythme seront-ils maintenus ?

Voyons donc. Nous retrouvons notre médecin légiste - veuf - et découvrons qu’il a une fille anorexique. Celle-ci est en traitement en milieu parahospitalier. La thérapeute tente de les aider par le rapport au corps, à la parole, au cri (primal ?), par l’expression corporelle des violences contenues et des non-dits. La fille se défoulera là sur son père, sur ce qui lui pèse, sa mère décédée. Il se fait que la thérapeute est médium. Elle a découvert ce don depuis une dizaine d’années et le développe. Elle communique avec les morts et principalement par le biais de l’écriture automatique.

On se doute bien que celle-ci va tenter de mettre en relation le père, la fille et la mère. Mais il y a un fameux écueil : le père est sceptique. On ne peut qu’adhérer à ce bon sens. Et c’est ici que le film montre une faiblesse. In fine, c’est bien le père qui est dans le bon. Le problème vient de ce que le réalisateur ajoute des éléments propres à faire douter le père et les spectateurs sceptiques ! Et si on communiquait bien avec les morts ? Et si la mère tentait de leur parler elle qui n’arrive pas à quitter les lieux ! Malheureusement, même si après réflexion on peut se dire que tout ce qui parait paranormal peut avoir une explication, ces éléments ne bénéficient pas de la touche d’humour noir du plan inaugural ! A-t-il voulu nous induire sur une fausse piste ou est-ce son type d’humour que je n’ai pas perçu ?

Il faut relever cependant que celle qui est médium (mais traitée avec beaucoup de dérision dans les derniers plans, ceux-là mêmes qui seront rédempteurs) est lucide quand il s’agit de vivants et de bébé morts. Lorsque des policiers et notre légiste (toujours sans gants) examinent une scène de crime où un bébé a été démembré puis jeté dans les toilettes, ils se demandent pourquoi elle tel crime si affreux. Ils n’ont pas de réponse si ce n’est dans la formulation en termes de tueuse psychopathe. La « médium » aura ces quelques mots d’une très grande lucidité : « C’était sa seule solution : elle n’avait pas le droit d’avorter ». Et au-delà de l’humour noir auquel je n’ai pas été (assez ?) sensible, cette question rejaillit comme un constat dramatique sur des questions éthiques présentes dans la très catholique Pologne.

Diaporama

Bande-annonce :


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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