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Christian Duguay
Tempête
Sortie du film le 28 décembre 2022
Article mis en ligne le 4 janvier 2023

par Julien Brnl

Genre : Comédie dramatique, film familial

Durée : 109’

Acteurs : Mélanie Laurent, Pio Marmaï, Kacey Mottet Klein, Carmen Kassovitz, Carole Bouquet, Danny Huston...

Synopsis :
Née dans le haras de ses parents, Zoé a grandi au milieu des chevaux et n’a qu’un rêve : devenir jockey ! Tempête, une pouliche qu’elle voit naître, va devenir son alter ego. Mais un soir d’orage, Tempête, affolée, renverse Zoé et vient briser son rêve. Elle va pourtant s’accrocher et tenter l’impossible pour renouer avec son destin.

La critique de Julien

Fort de son expérience acquise sur « Jappeloup » (2013), ce sont les producteurs de ce film qui ont contacté eux-mêmes le metteur en scène canadien Christian Duguay pour adapter le livre « Tempête au haras » (2012) de Christophe Donner. Bien que réticent au départ, de peur qu’on lui colle une étiquette, ce dernier a manifestement été touché par le roman, bien que moins par sa description de l’univers des courses hippiques, qui rythment pourtant ici son film. Dans ce drame familial, Mélanie Laurent et Pio Marmaï incarnent avec beaucoup de naturel un couple de parents qui s’installent en Normandie pour reprendre un haras abandonné, afin de concilier entraînement et élevage de chevaux. Mais les enjeux financiers sont énormes pour eux, lesquels doivent ainsi réussir à la fois à entraîner des chevaux, et à trouver de futurs champions équestres capables de les monter, tout en s’occupant de leurs jeunes enfants, sur lesquels ils pourront pourtant compter dans leur tâche. Et cela notamment sur Zoé, leur fille, elle qui rêve de devenir jockey, comme son papa. Sauf qu’un drame en décidera autrement, duquel devront se relever chacun des membres de cette famille, contre vents et tempêtes, et se faire confiance, aidés par leur passion commune pour l’amour et le respect de l’animal.

Étalé sur dix-sept années, ce drame familial par excellence (en définition) nous parle de déracinement, de résilience, mais également de différence, au travers notamment du personnage de Kacey Mottet Klein (étonnant et attendrissant en Sébastien, un dompteur autiste), mais surtout de Zoé (jouées respectivement - et de manière crédible - à 5, 12 et 17 ans par June Benard, Charlie Paulet et Carmen Kassovitz), perdant l’usage de ses jambes, tout en trouvant la détermination de surmonter cette épreuve, et d’en faire une force. Christian Duguay filme alors une quête de renaissance familiale à bien des niveaux. Sauf que le réalisateur laisse bien plus parler ici la puissance émotionnelle en tant que colonne vertébrale du film que l’action, « Tempête » (tirant son titre du nom d’un cheval, ou plutôt des « sept à huit » chevaux jouant le même cheval) tardant à lancer au (triple) galop ses enjeux, lesquels sont de plus ici prévisibles, bien qu’authentiques. On a ainsi l’impression (et même la certitude) d’avoir déjà vu ce film, mais dans d’autres circonstances dramatiques. Quant aux courses hippiques, elles se révèlent faussement vibrantes, mais heureusement secondées par la grande famille du trot, allant des Levesque au grand dresseur Mario Luraschi. Le cinéaste parvient alors tant bien que mal à retranscrire l’adrénaline de cette discipline (peu approfondie), filmée au cadre, au Steadicam et au camion poursuite, permettant, d’une part, d’amener le spectateur au centre de ses moments d’émotions et, d’autre part, d’illustrer sa passion pour les chevaux. Enfin, l’idée du dépassement de soi et des défis à relever sont également portés par la musique de Michel Cuisson, signant une bande-originale épique, à la fois intime et réconfortante. Mais dans l’absolu, « Tempête » n’invente rien, et emprunte des chemins balisés dans son approche pour arriver à ses fins, un brin trop larmoyantes et attendues que pour réussir à nous tenir en haleine jusqu’à ses scènes de courses, desquelles on reste spectateur...



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