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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Steven Knight
Serenity
Sortie le 27 mars 2019
Article mis en ligne le 6 avril 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • troisième long métrage du scénariste et réalisateur Steven Knight après « Crazy Joe » (2013) et « Locke » (2014), lui qui a notamment scénarisé « Les Promesses de l’Ombre » (2007) de David Cronenberg ;
  • initialement prévu pour octobre aux USA, le film est finalement sorti en janvier dernier, soit une période pour films à faible potentiel, tandis qu’il s’est fait massacrer par la critique, et a été un four au box office. Les deux comédiens principaux estiment, de leur côté, que le distributeur Aviron Pictures est responsable du fiasco, étant donné une promotion quasi inexistante ;
  • en France, le film est directement sorti sur Netflix le 08 mars dernier…

Résumé : Capitaine d’un bateau de pêche, Baker Dill est recontacté par son ex-femme qui lui demande de la sauver elle et son fils de son nouveau mari, un homme violent. Elle le supplie de proposer à son mari une excursion en mer au cours de laquelle Dill le livrerait aux requins infestant l’enclave tropicale de Plymouth...

La critique de Julien

À la vue de ce film inclassable, on se demande comment les acteurs oscarisés Matthew McConaughey et Anne Hathaway se sont fourrés dans ce pétrin. Non pas que « Serenity » manque d’audace, mais son scénario est totalement tarabiscoté, tandis qu’il ne relie pas les deux bouts, handicape ses acteurs, et navigue sans cesse dans plusieurs eaux sans jamais jeter l’ancre...

Le film de Steven Knight (« Crazy Joe », « Locke ») s’ouvre alors sur une musique tonitruante, tandis que la caméra survole la mer bleuâtre de l’île de Plymouth, jusqu’à se poser sur le Serenity, un navire de pêche embarquant des touristes pour des parties de pêche, et appartenant au capitaine Baker Dill (McConaughey), alors occupé à mettre la main sur une prise tant convoitée, à savoir un immense thon... Déjà-là, on se dit forcément que ce poisson, nommé « Justice », ne peut être qu’une métaphore à quelque chose de plus grand, tandis que Duke (Djimon Hounsou), son ami de pêche, lui concède de ne pas succomber à la tentation... En effet, on voit mal l’acteur signé pour incarner un pêcheur de thon obsessionnel... Tandis que son personnage reviendra sur cette quête à plusieurs reprises, son ex-femme (Hathaway) refera très vite surface, lui demandant alors d’embarquer son mari actuel (Jason Clarke) sur son bateau, et de le donner en pâture aux requins, étant donné les violences qu’elle en subit. Mais l’argument qui convaincra le plus le marin d’agir est certainement le traumatisme vécu par leur fils, vivant avec sa mère et cet homme, à des milliers de kilomètres de là... Bon, jusque-là, passe encore, mais c’est ensuite que ça se gâte. Le film vire alors vers un questionnement existentiel abstrait mal ficelé, et surtout vers de la science-fiction, avec à l’issue un retournement de situation intéressant, mais malencontreusement amené, et surtout raconté. De plus en plus obnubilé par ses objectifs, Baker Dill aura ainsi la terrible sensation d’agir tel un pantin au bout de sa vie, remettant dès lors en doute son existence, ce que viendra d’ailleurs lui confirmer un étrange homme (Jeremy Strong) habillé en costume cravate, et se trimbalant avec une valise... Trop doucement, mais sûrement, le film divulgue alors quelques indices sur ce qui semble se profiler à l’horizon pour le personnage principal, jusqu’à la découverte de sa véritable destinée. Or, on a beau trouver l’idée du twist final séduisante, de nombreux éléments ne collent pas entre eux.

Tandis qu’on ne parvient pas à comprendre les faits et gestes, ainsi que la place que prennent certains personnages dans cette histoire - surtout de leur rôle dans le schmilblick, les acteurs semblent patauger à essayer de nous faire comprendre les choses. On n’avait d’ailleurs plus vu un Matthew McConaughey aussi démonstratif et une Anne Hathaway aussi absente depuis des lustres, lesquels semblent peiner à croire au scénario, eux qui n’ont pourtant jamais cessé de le défendre. Mais c’est véritablement le dénouement sans queue ni tête, voire saugrenu, qui finit par nous rendre plutôt hilare qu’impressionné. On ne peut vous en dire plus au risque d’en dire de trop, mais sachez seulement que la vérité n’est pas toujours celle que l’on croît... Abordant sur la vague des sujets importants, « Serenity » finit par s’embourber, et tombe dans son propre piège, étant donné les questions d’incohérences auxquelles renvoie le final. De plus, accumulant les mouvements de caméra assez étranges, et des propos assez énigmatiques, le film nous perd dans sa balade, malgré les décors idylliques de l’île Maurice, et, pour les filles, les innombrables arrière-plans sur le postérieur dénudé de Matthew McConaughey.

« Serenity » fait incontestablement partie de ces films qui pourraient rafler des prix aux Razzie Awards. Certes, le film de Steven Knight ne manque d’ambition et d’idées, mais cette manière, floue et inégale de mettre en boîte cette histoire déroute autant qu’elle déstabilise le spectateur.



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