Synopsis : Palestine, 1936. Alors que les villages de la Palestine mandataire se soulèvent contre la domination coloniale britannique, Yusuf oscille entre son village natal et l’ébullition de Jérusalem, partagé entre l’attachement à ses racines et le désir d’un avenir plus grand. Mais l’Histoire s’accélère. Tandis que les arrivées de réfugiés juifs fuyant l’antisémitisme en Europe se font de plus en plus nombreuses, la population palestinienne s’unit dans la plus vaste insurrection jamais menée contre l’Empire britannique. Toutes les forces convergent vers un affrontement inévitable - un moment décisif pour la fin d’une domination, le début d’une nouvelle colonisation et pour l’avenir de toute une région.
Casting : : Jeremy Irons, Hiam Abbass, Kamel El Basha, Yasmine, Al Massri, Jalal Altawil, Saleh Bakri, Robert Aramayo, Liam Cunningham
Le conflit israélo-palestinien clive. Il y a rarement des prises de positions modérées. Et, après les attentats du Hamas le 7 octobre 2024 et qualifiés de terroristes, certains posent la question "et avant ?", car ils considèrent que les causes de ces réactions sont antérieures. Certains remontent à la Guerre des six jours, d’autre encore avant, en 1948. Le réalisateur israélien Amos Gitaï, remontait encore dans le temps, deux semaines avant 1948, avec Kedma (2002) : en mai 1948, à deux semaines de la fin du Mandat des Britanniques en Palestine, Juifs et Arabes s’affrontent, alors que l’Etat israélien n’est pas encore une réalité.
Avec "Palestine ’36", la réalisatrice Annemarie Jacir remonte plus encore dans le temps, en 1936. Elle signe une œuvre ambitieuse. Elle mêle un récit intimiste et une épopée historique. Son film reconstitue l’époque où la Palestine était sous mandat britannique durant la grande révolte arabe de 1936-1939.
Ce qui marquera le spectateur qui voudra se rencontre compte de certaines des racines de ce cnflit, c’est la capacité de Jacir à entrelacer le politique et le personnel. Bien plus qu’un simple documentaire historique, le film propose une histoire d’identité nationale et de résistance qui résonne avec force dans notre époque contemporaine.
La majorité des acteurs et actrices sont impressionnants en donnant chair à cette fresque ambitieuse. Sur le plan formel, Palestine ’36 séduit par sa beauté visuelle et son souci méticuleux du détail historique (même si certains estiment qu’il y a quelques inexactitudes historiques, ce que nous n’avons pu vérifier !).
Cette attention portée à l’authenticité, permet d’inviter les spectateurs, même critiques, à aller voir ce film tant qu’il sera diffusé en salles de cinéma, car il leur permettra de s’immerger pleinement dans cette période charnière de l’histoire palestinienne.
Visuellement et techniquement, le film est soigné et immersif. La photographie travaille les plans longs et les cadres silencieux pour créer une atmosphère contemplative ; la bande-son et le montage favorisent une attention soutenue du spectateur plutôt qu’un emballement émotionnel immédiat.
Certains spectateurs pourraient reprocher une lenteur excessive et une structure narrative trop circonspecte, qui peut laisser l’impression d’un récit elliptique ou insuffisamment explicité parfois tout en retenue dans forcer une dimension dramatique et pourrait paraître trop à distance tout en laissant certaines zones dans l’ombre.
Il n’empêche que l’on ne peut que conseiller la vision de ce film exigeant et humaniste, accompli au plan etshétique et porté par des interprètes convaincantes. Il devrait aux spectateurs en quête d’un cinéma réfléchi et sobre même s’il peut dérouter ceux qui préfèrent un récit plus dynamique ou plus explicite.
