Genre : Comédie
Durée : 98’
Acteurs : Christian Clavier, Rayane Bensetti, Gilles Cohen, Claire Chust, Julie Ferrier, Charlotte Gabris, Jean-Luc Couchard
Synopsis :
Pensant à tort qu’il ne va pas être promu par son entreprise, Stan craque et décide de voler dans le coffre de son patron une valise contenant 1 million d’euros d’argent sale. Direction l’aéroport avec sa copine... Mais en route, un coup de fil lui apprend qu’il obtient la promotion dont il rêvait. Il a alors une nuit pour rattraper son erreur et remettre le million dans le coffre. Pour cela, il va faire appel à Hippolyte, un serrurier peu regardant sur la déontologie...
La critique de Julien
Coscénariste de nombreux films du regretté metteur en scène Laurent Tirard, Grégoire Vigneron revient à la réalisation avec "Le Million", quinze ans après son premier long-métrage, "Sans laisser de traces" (2010). Teintée d’accents de buddy movie, cette comédie portée par le duo Rayane Bensetti-Christian Clavier (déjà réunis l’année dernière dans "Jamais sans mon psy" d’Arnaud Lemort) raconte l’histoire de Stan, un jeune ingénieur persuadé de ne pas obtenir la promotion qu’il espérait. Dans un moment d’égarement, il volera alors une valise contenant un million d’euros d’argent sale dans le coffre de son patron, et s’enfuira vers l’aéroport avec sa petite amie (Claire Chust). En route, il recevra pourtant un appel inattendu, lequel lui apprendra qu’il est en réalité promu. Stan n’aura dès lors qu’une nuit pour réparer son erreur et remettre discrètement l’argent là où il l’avait pris. Pour ce faire, il sollicitera alors l’aide d’Hippolyte, un serrurier aussi roublard qu’imprévisible. L’occasion pour Stan de découvrir qu’il est parfois bien plus compliqué de rendre de l’argent volé… que de le voler.
Une comédie qui ne vaut pas un million...
Tout comme son compère Didier Bourdon, Christian Clavier s’entête à enchaîner des comédies convenues et sans envergure. Et "Le Million" n’y fait pas exception. Derrière ses péripéties abracadabrantes, le film peine à susciter autre chose qu’un agacement poli : personnages stéréotypés, morale douteuse oscillant entre compromission et escroquerie, dialogues artificiels qui plombent toute tentative d’alchimie entre les deux acteurs principaux... D’ailleurs, leur surjeu finit par enterrer une intrigue déjà bien fragile, qui peine à décoller, et condamnée à l’indifférence quasi totale du spectateur. Comble du mauvais goût : l’intelligence artificielle a été utilisée pour créer la mère du personnage de Clavier, soit une fusion grotesque entre l’acteur et l’actrice Maria Verdi, pour un résultat numérique criard, et aussi inutile que laid.
Course contre la montre sans jackpot... à la clef
Certes, Grégoire Vigneron et le montage d’Audrey Simonaud insufflent du rythme à cette course nocturne, mais le film manque cruellement de tension et de style. La photographie morne de Léo Lefèvre se révèle d’ailleurs d’une platitude désarmante, surtout si on la compare à celle de "La Nuit se traîne" (2024) de Michiel Blanchart, qui offrait une vision autrement plus inspirée de Bruxelles (bien que dans un autre registre et un autre contexte). Mais cela n’est finalement rien comparé au manque d’intérêt que suscite cette comédie sans relief, dont l’humour est aux abonnés absents, laquelle s’égare dans une confrontation de classes datée, dans une réflexion sociale simpliste et une prétendue critique du pouvoir au travail. Bref, une énième comédie sans éclat... qui n’atteindra jamais le million !
