Bandeau
CINECURE
L’actualité du cinéma

Cinécure est un site appartenant à Charles Declercq et est consacré à ses critiques cinéma, interviews sur la radio RCF Bruxelles (celle-ci n’est aucunement responsable du site ou de ses contenus et aucun lien contractuel ne les relie). Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques et en devient le principal rédacteur depuis 2022.

Nicolas Pariser
Alice et le Maire
Sortie du film le 02 octobre 2019
Article mis en ligne le 28 octobre 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :
 après le thriller politique "Le Grand Jeu" sorti en 2015, le cinéaste Nicolas Pariser revient avec un second long métrage qui traite aussi de politique, mais via l’angle de la comédie dramatique.

Résumé : Le maire de Lyon, Paul Théraneau, va mal. Il n’a plus une seule idée. Après trente ans de vie politique, il se sent complètement vide. Pour remédier à ce problème, on décide de lui adjoindre une jeune et brillante philosophe, Alice Heimann. Un dialogue se noue, qui rapproche Alice et le maire et ébranle leurs certitudes.

La critique de Julien

Quelques mois après avoir joué "Un Homme Pressé" d’Hervé Mimran" (2018), Fabrice Luchini semble l’être toujours autant. Pire, dans la peau du maire de Lyon Paul Théraneau, il est même fatigué et en manque d’inspiration, alors que sa ville est en plein mouvement. Heureusement, la jeune et jolie Alice Heimann (Anaïs Demoustier), ultra-diplômée, mais quelque peu paumée, et qui a déjà donné des cours de philosophie à Oxford, va lui venir en aide dans sa tâche.

Il faut d’emblée s’intéresser au monde de la politique pour apprécier pleinement ce film, dans lequel il n’y a, en plus, pas vraiment d’intrigue. On y suit les coulisses de la politique actuelle à l’échelle de la mairie de Lyon, soit une ville qui bouge énormément, tandis que l’Europe a les yeux rivés sur elle. Or, son maire, un homme très apprécié, et dans le moule depuis trente années, est en panne sèche. Pourtant, à force de discution, de remise en question avec une charmante recrue, ce dernier retrouvera tout le swing nécessaire à sa position politique, et ses stratégies.

Mise en scène à la fois classique et nerveuse, ainsi qu’éloquence de la parole sont au rendez-vous dans ce film emmené avec conviction d’interprétation par ses deux interprètes principaux, parfaitement en cohésion. Car "Alice et le Maire" nous parle aussi de deux êtres en proie aux doutes. D’un côté, Luchini est un homme ambigu qui a instantanément arrêté de penser contrairement à son milieu, mais lequel a trouvé dans la politique une vraie vocation, alors que de l’autre, le personnage de Demoustier ne cesse de penser, mais n’a toujours pas trouvé son propre chemin, malgré l’instruction et la culture dont il fait preuve. Voilà pourquoi, entre ces deux-là, ça matche, tandis que la rencontre est passionnante à suivre. Pourtant, leurs seuls moments de rencontre se feront entre deux réunions, sur un trajet en voiture, dans un couloir, etc. En effet, le milieu dans lequel ils travaillent - non-stop - est toujours en circulation. Et à cet égard, le cinéaste parvient à illustrer différents styles de paroles politiques, telles que la parole technique, lyrique, les négociations, mais aussi l’écriture d’un discours. Car d’une manière ou d’un autre, il faudra que les deux protagonistes arrivent à correspondre ensemble malgré l’emploi du temps surchargé du maire, et à ressortir des idées de leurs entrevues, aussi brèves soient-elles.

Le cinéaste filme aussi une opposition politique entre le vieux et le nouveau monde, soit la pensée et l’action. Ainsi, Pariser s’interroge ces thématiques dont ne font preuve aujourd’hui en même temps les gens de pouvoir, comme s’ils en étaient incapables, et comme si elles étaient, dès lors, des extrêmes. Pourtant, il ne le fait jamais dans une démarche agressive, mais plutôt nostalgique, et fine. Et au regard de la manière dont il aborde ces sujets, on est ici davantage dans de l’introspection plutôt que dans une prise de position qui se tient. Certes, ce regard insoupçonné sur le burn-out politique a du sens (et prouve qu’il pourrait toucher tout le monde), mais il manque ici considérablement de mordant.



Au hasard...

Eiffel
le 16 octobre 2021
Dune : Deuxième Partie
le 4 mars 2024
Belle et Sébastien 3 : le Dernier Chapitre
le 26 avril 2018
Les Chèvres !
le 6 mars 2024
Menteur
le 19 juillet 2022
Argylle
le 21 février 2024
Flee (Flugt)
le 8 juin 2022
The Lost King
le 4 avril 2023
Everything Everywhere All At Once (Tout, Partout, Tout à la Fois)
le 24 juillet 2022
Downton Abbey II : une Nouvelle Ere
le 19 mai 2022
Youssef Salem a du Succès
le 19 janvier 2023
Dogman
le 14 août 2018
La Grande Aventure Lego 2
le 24 mars 2019
Mug / Twarz
le 19 décembre 2018
Bernadette
le 8 octobre 2023
Contrôle Parental / Blockers
le 4 juillet 2018
Battle of the Sexes
le 2 décembre 2017
Le Secret de Khéops
le 17 mars 2025
Hellboy
le 18 mai 2019
Ténor
le 24 mai 2022
Mentions légales Espace privé RSS

2014-2026 © CINECURE - Tous droits réservés
Haut de page
Réalisé sous SPIP
Habillage ESCAL 5.2.1