➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 28 mars 2018
Signe(s) particulier(s) :
– première réalisation et scénario communs de Colombe Savignac et Pascal Ralite, qui s’inspirent ici d’un événement douloureux qu’ils ont vécu, et qui les ont poussé à réfléchir ensemble à cet épisode de leur vie commune, autour d’une fiction.
Résumé : Adrien, timide, n’a pas la vie facile. Bousculé depuis que ses parents sont séparés, il partage son temps entre son père et sa mère. Un jour, il prend conscience d’une douloureuse vérité qui va tout changer, non seulement pour lui, mais également pour toute sa famille. Le jeune garçon se met à jouer dans une pièce de théâtre pour se rapprocher d’une jeune fille dont il est tombé amoureux. Dans cette période difficile, il veut comprendre ce que signifie le fait d’être courageux.
La critique
"Le Rire de ma Mère" se lance sur le terrain délicat du cancer d’un parent vu par le regard d’un enfant. Difficile dans ce cas de ne pas tomber dans le pathos, d’autant plus lorsque l’on imagine l’impossibilité d’accepter le caractère fataliste de cette situation, qui plus est lorsque l’on est un enfant. Pourtant, ce film évite le larmoyant, en prenant à contre-pied cette épreuve, nous la rendant ainsi moins douloureuse.
Tandis qu’Adrien vit entre l’appartement de son père, et celui de sa mère, cette dernière tombe gravement malade. Faisant preuve d’une grande maturité pour son âge, le garçon se surpassera, au regard de sa combativité face au cancer de sa maman, à s’inscrire à des cours de théâtre (malgré sa timidité), afin de se rapprocher d’une fille, dont il est tombé amoureux...
"Le Rire de ma Mère" est porté par un casting des plus soignés, avec tout d’abord Suzanne Clément dans la peau de Marie, la maman d’Adrien, et Pascal Demolon, dans le rôle de son papa, Romain. Alors que subsiste toujours une relation houleuse après leur séparation, notamment vis-à-vis de la nouvelle compagne de son ex-époux (et malgré leur bienveillance), Marie ne rend la vie facile à son entourage, elle qui ne prend pas soin non plus de sa santé, en continuant notamment de boire, et de fumer, comme pompier.
Par la manière dont il aborde la maladie, et par l’extravagance et l’entêtement de sa personnalité, le personnage de Suzanne Clément peine à attirer l’empathie du spectateur, lui qui croque la vie à pleine. Mais là n’est peut-être pas le but du film malgré l’importance tenu par ce personnage, et les conséquences de sa situation, et de ses actes sur ses proches. C’est le jeune acteur belge Igor Van Dessel qui porte ici le film, avec force et innocence. C’est par le regard d’un enfant que se vit ce film, en abordant la difficulté de grandir, mais surtout sa vitalité, et sa force de courage. Parce que lorsque l’on perd un parent si jeune, la vie ne laisse d’autre choix que de s’accrocher, et de continuer à vivre. Igor Van Dessel intensifie son rôle par la profondeur de son regard, et son jeu tout en subtilité avec l’âge de son personnage, lui qui subit finalement davantage le cancer que sa mère.
Ainsi, par la quête amoureuse de son jeune personnage, et son combat mené indirectement face à la maladie d’un des piliers de sa vie, ce film se penche vers le côté lumineux et constructif de la vie, malgré la gravité de son propos initial, qui manque, quant à lui, de profondeur psychologique (la maman croque la vie à pleines dents, en restant globalement aveugle face à la maladie, et ses responsabilités) pour vraiment sonner juste.