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David Frankel
Collateral Beauty (Beauté cachée)
Sortie le 21 décembre 2016
Article mis en ligne le 17 décembre 2016

par Charles De Clercq

Synopsis : Suite à une terrible tragédie, Howard Inlet, un publicitaire new-yorkais à la réussite exemplaire sombre dans la dépression. Ses collègues échafaudent alors un stratagème radical pour l’obliger à affronter sa souffrance de manière inattendue…

Acteurs : Will Smith, Keira Knightley, Kate Winslet, Edward Norton, Helen Mirren, Naomie Harris, Michael Pena, Enrique Murciano.

En résumé : Le film irritera certains et plaira à d’autres, notamment ceux qui ont une âme de poète et qui passeront outre, ceux-ci pour découvrir une belle histoire d’amour et de deuil dont la majorité des clés d’interprétation ne seront données qu’à la fin. C’est notre cas (et donc pas du tout en phase avec la majorité de la critique et de nos confrères), ce qui nous a conduit à rédiger cet article - totalement assumé - sur le mode évocatif plus que critique. Et puis, il n’est pas donné à tous de pouvoir parler avec la mort, l’amour et le temps ! Et dans ce cas, comme il peut y avoir des dommages collatéraux, n’y aurait-il pas, par analogie, des gains collatéraux, des beautés, cachées... ?

Collateral Beauty est une heureuse surprise que l’on n’attendait pas de David Frankel, réalisateur, notamment, de Le diable s’habille en Prada. C’est que le film qui sort sur les écrans en cette fin d’année est un drame poétique, symbolique et presque un feel good movie sur le thème du deuil. Il est très difficile de parler de l’intrigue sans trop en dire et il faudra rester très allusif. Le pire pouvait être craint : une histoire qui se déroule durant les fêtes de Noël avec Will Smith dans le rôle principal. Il n’était probablement pas le premier choix (et les infos people du web sont là si vous désirez en savoir plus), mais il est ici touchant de vérité dans le rôle de ce publicitaire, séparé de son épouse et touché par une mort dramatique et prématurée, celle de sa petite fille. L’émotion contenue est présente et la souffrance là, à fleur de peau. Noël pouvait tout gâcher tant beaucoup de films américains qui situent leur intrigue à cette période surjouent sur le sentimentalisme. Ce n’est pas le cas ici, et si Noël est bien l’annonce d’un inattendu, la présentation au monde ce ce qui est caché aux yeux des sages et des savants, d’un enfant (infans, sans paroles) qui invite à aimer et à voir au-delà des apparences et à se mettre debout pour dire non à la mort, alors oui, probablement que le temps symbolique de Noël convient bien. Il ne s’agit pas de faire de la récupération religieuse, mais.. justement... les trois termes mis ici en exergue, le temps, l’amour et la mort sont au coeur du film.

Et lorsque l’on se trouve dépourvu, incapable de communiquer avec les siens et ses proches, comment ne pas passer par l’écriture et la théâtralisation ? Ne peut-on écrire, comme un poème, ses maux à l’amour ? Au temps ? A la mort ? A ces trois-là que peut-on leur reprocher ? Quels mots leur écrire ? Et si des amis pouvaient, là, vous aider ? Si des acteurs de théâtre pouvaient les personnifier, leur donner voix, rendre possible une catharsis ? Ne serait-ce pas là façon de permettre la fin d’un deuil ? Reconnaître l’absence ? Retrouver un foyer, ne serait-ce que celui d’un groupe thérapeutique de parole... justement, de parole, d’y trouver l’une ou l’autre personne, une seule suffirait, la bonne, pour que puise se dire le non-dit.

Il y a là, dans ce film, dans cette vie et cette mort racontées, dans ces rencontres dans un entre-deux, visible au coeur et invisible à la raison, une tendre et émouvante façon d’exprimer ce qui est inexprimable et que seule la découverte sur la Toile d’un écran de cinéma peut faire découvrir le temps d’un regard en arrière.

Ce sera aussi l’occasion de découvrir d’excellents acteurs qui s’effacent au profit des personnages (et des rôles) qu’ils interprètent et à qui ils donnent corps et visibilité. C’est aussi la magie d’une ville au temps de Noël reconstituée le temps d’un tournage en février mars 2016 (à cause d’un retard qui a empêché de le faire réellement durant les temps de fête !) ou encore une autre magie, celle des dominos, une passion d’Howard Inlet. Bien sûr ce n’est pas Will Smith qui place les dominos, aussi on vous livre ci-après une petite information technique extraite du dossier presse.

Jouer avec 50.000 dominos !

Le bureau d’Howard, au contraire, a été construit sur un plateau de tournage aux studios Silvercup dans le Queens pour accueillir et contrôler les vastes assemblements de dominos auxquels il consacre beaucoup de temps. Avec près de 3 à 4 m2 recouverts de dominos, le moindre mouvement pouvait réduire à néant un grand nombre d’heures de travail. Autant dire que les producteurs avaient besoin d’un espace sécurisé consacré à accueillir cette fragile forme d’art.

Trois jeunes experts, au travail reconnu parmi leur communauté de fans sur Internet, ont été sollicités pour créer les labyrinthes complexes qui apparaissent dans le film. Lily Hevesh, accompagnée de Shane O’Brien et Nathan Heck (respectivement 17, 19 et 15 ans) ont travaillé de concert sur le plateau, accordant leur créativité et talents particuliers aux indications artistiques données par Beth Mickle pour former tours, murs, bâtiments et pyramides en dominos de plastique. Près de 50 000 d’entre eux ont été utilisés pour le tournage du film, certains étant collés à leur support tandis que d’autres devaient être placés de telle sorte qu’ils s’écrouleraient en direct.

"La nuit, on réalisait parfois un vrai labyrinthe afin qu’il soit prêt à s’écrouler en direct quand l’équipe arrivait", explique Beth Mickle. "On le faisait s’effondrer lors de la première prise de vue de la matinée. Puis, on débarrassait les dominos tombés et on amenait sur place nos autres dominos collés et on pouvait filmer tous les éléments de la scène menant à l’écroulement final sans avoir peur de tout faire tomber accidentellement".


Bande-annonce :

Collateral Beauty : Trailer HD VO st fr
Collateral Beauty : Trailer HD VO st fr

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