Bandeau
CINECURE
L’actualité du cinéma

Cinécure est un site appartenant à Charles Declercq et est consacré à ses critiques cinéma, interviews sur la radio RCF Bruxelles (celle-ci n’est aucunement) responsable du site ou de ses contenus et aucun lien contractuel ne les relie. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques et en devient le principal rédacteur depuis 2022.

Jonathan Dayton et Valerie Faris
Battle of the Sexes
Sortie le 8 novembre 2017
Article mis en ligne le 3 novembre 2017

par Charles De Clercq

Synopsis : 1972. La championne de tennis Billie Jean King remporte trois titres du Grand Chelem. Mais loin de se satisfaire de son palmarès, elle s’engage dans un combat pour que les femmes soient aussi respectées que les hommes sur les courts de tennis. C’est alors que l’ancien numéro un mondial Bobby Riggs, profondément misogyne et provocateur, met Billie Jean au défi de l’affronter en match simple…

Acteurs : Emma Stone, Elisabeth Shue, Steve Carell, Andrea Riseborough, Jessica McNamee, Chris Parnell, Sarah Silverman, Alan Cumming.

En 2012, six ans après le road movie Little Miss Sunshine, les époux Jonathan Dayton et Valerie Faris nous avaient proposé Ruby Sparks (Elle s’appelle Ruby). Un film intéressant qui n’égalait pas le précédent. C’était un conte romantique, bien interprété par Paul Dano et Zoe Kazan (la scénariste et qui partage également sa vie avec Paul dans la vie "réelle") et qui invitait à réfléchir sur la relation avec son conjoint et les dangers de vouloir qu’elle (il) soit ce que l’on désire !

Une histoire vraie (encore aujourd’hui)

Avec Battle of the Sexes, ils s’attaquent à une "histoire vraie" qui s’est déroulée dans le milieu du tennis, notamment féminin. Le hasard des programmations fait que le film sort le même jour en Belgique (ce n’est pas le cas en France). Nous ne connaissions pas cette histoire, cet autre "match du siècle" qui a opposé en 1973 Billie Jean King (Wikipedia) et Bobby Riggs. Ne vous attendez pas à 2 heures de tennis car le film n’y consacre que ses quinze dernières minutes. Le film est construit sur deux axes le premier s’attache aux revendications des joueuses de tennis d’avoir une égalité de primes avec leurs homologues masculins. Une revendication "féministe" qui semble dater fameusement alors qu’il n’en est rien. Cette égalité n’est pas encore acquise dans le milieu du travail. Elle ne l’est pas non plus en matière de sport. Pour anecdotique qu’elle soit, la polémique autour de la différence de primes entre les vainqueurs homme (1000 euros) et femme (300 euros) est significative du fait que rien n’a vraiment changé.

La machisme ordinaire

Les revendications des joueuses de tennis vont conduire Billie Jean King a créer sa propre association en 1973, la Women’s Tennis Association (WTA) (elle en sera la première présidente). Le film rend bien compte d’un machisme ordinaire pour qui la place des femmes est à la cuisine et au lit. C’est ce machisme qui a conduit au silence coupable sur les nombreux abus contre des femmes dont la presse et les médias sociaux se font l’écho, pour le meilleur et pour le pire [1] nous parait intéressante) depuis l’affaire Harvey Weinstein. Cet axe du biopic est bien développé et les différents protagonistes rendent bien compte de cette ambiance, au risque parfois de la caricature selon certains. Il n’empêche, qui n’a pas entendu aujourd’hui des mots analogues à ceux prononcés il y a quarante-cinq ans dans le film ?

Etre lesbienne dans un monde hétéronormé !

Le deuxième est consacré à la dimension LGBT. Mariée à l’avocat Larry King, de 1965 à 1987, elle aura une liaison avec son assistante, Marilyn Barnett (sa coiffeuse dans le film) qui la mènera à être la première sportive à faire son coming out. A l’époque dont il est question dans le film, celle qui militera pour et défendra les droits des personnes LGBT n’en fait pas encore un combat. Le spectateur découvre la relation et ses répercussions sur elle-même et son entourage. Ted son couturier (l’écossais Alan Cumming, lui-même militant LGBT) lui dira qu’il y a un temps où il faut se taire et se cacher et laisse entendre que ce ne sera pas toujours ainsi. Bien plus tard, en 2009, Barack Obama lui remettra la médaille présidentielle de la Liberté[en] pour son combat en faveur des femmes et des homosexuels.

Il est difficile de reprocher quoi que ce soit à ce film (qui n’est cependant pas du même niveau que Little Miss Sunshine qui est une belle histoire (de revanche), un feel good movie qui manque probablement un peu d’aspérité et d’âpreté. Steve Carell se donne à fond dans son rôle de macho jusqu’au bout des ongles et l’on suppose qu’il a dû prendre beaucoup de plaisir à habiter le rôle d’un personnage complètement déjanté et farfelu. Emma Stone est quasiment méconnaissable, laissant libre place à la personnalité de Billie Jean King pour déployer son jeu, ses amours, ses combats. La partie musicale nous a paru trop présente ; elle accentuait trop les moments qui indiquaient au spectateur qu’il pouvait laisser place à l’émotion. Elle devrait cependant plaire à ceux qui aiment et/ou sont nostalgiques de la musique du début des seventies.

Pour conclure, nous sommes plus proche de l’enthousiasme des blogueurs d’Ecran et Toile que de la relative déception de Thibaut Grégoire sur Camera Obscura.



Au hasard...

De toutes nos forces
le 1er septembre 2014
Jackie
le 20 janvier 2017
Vi är bäst ! (We Are The Best)
le 1er septembre 2014
Façades
le 30 novembre 2017
Dark Waters
le 19 janvier 2020
Carré 35
le 7 janvier 2018
Alphabet
le 13 septembre 2014
Noces
le 31 janvier 2017
Chambre 212
le 20 septembre 2019
Je suis à toi
le 24 novembre 2014
Hercules 3D
le 1er septembre 2014
Sangue del mio sangue
le 24 novembre 2016
Zombillenium
le 22 septembre 2017
Ma Loute
le 5 juin 2016
A bras ouverts
le 4 mars 2017
Sameblood (Sami Blood)
le 18 avril 2017
Nous trois ou rien
le 6 décembre 2015
Corporate
le 6 mai 2017
Gemma Bovery
le 1er septembre 2014
Je suis à vous tout de suite
le 16 octobre 2015
Mentions légales Espace privé RSS

2014-2024 © CINECURE - Tous droits réservés
Haut de page
Réalisé sous SPIP
Habillage ESCAL 5.1.4