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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

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The House that Jack Built

Synopsis : Nous sommes dans l’état de Washington dans les années 70. Jack, un architecte perfectionniste et maniaque, s’avère également être un tueur en série particulièrement organisé. Sachant l’étau se resserrer sur lui, il se confie à un inconnu sur sa gigantesque œuvre d’art macabre en cinq volets. Mais n’est-ce pas là l’ultime but de ses actes : la reconnaissance ?

Acteurs : Matt Dillon, Bruno Ganz, Uma Thurman, Sofie Gråbøl, Siobhan Fallon, Riley Keough, Jeremy Davies

On ne comprendra la dimension et le sens du titre qu’à la fin du film ! Loin de l’horreur annoncée, le dernier opus de Lars von Trier a parfois des accents « comiques » ! Comme s’ll y avait une distance entre ce que l’on voit et le propos. Il est possible, selon certains, que Jack soit Lars von Trier dans ce film qui ne trouvera probablement pas son public hors des fans du réalisateur !

Un leitmotiv revient régulièrement : des images de Glenn Gould, le pianiste à l’oreille absolue qui ne se produisit plus en public dans les deux dernières décennies de sa vie trop brève (il est mort à 50 ans). Tout comme le musicien proposa les célèbres variations Goldberg, Lars nous offre des variations sur le mal, le malêtre, la souffrance, la mort. La vie aussi.

Ce sont douze ans de la vie d’un tueur en série, psychopathe, qui sont condensés en 5 tableaux (appelés ici « incidents ») et un épilogue. Ceux-ci sont enrichis d’une voix off, ou plutôt en retrait puisque le dernier tableau et l’épilogue nous permettront d’en découvrir l’origine. Une voix ou plutôt un être qui, à défaut de dialogue, questionne, interroge, interpelle, à l’image de Seligman dans Nymphomaniac (qui lui aussi se décline en plusieurs tableaux narratifs). Et, justement, le réalisateur se cite à plusieurs reprises (notamment Antechrist et Melancholia). Le dernier opus du réalisateur sulfureux ou, plus exactement, à la réputation sulfureuse médiatisée, est une réflexion sur l’art (mais pas seulement). Ce long-métrage (155’) peut tout aussi bien mêler des vues « réelles » aux dessins animés, au noir du début, à des esquisses de constructions, des images d’archives...

L’on ne dira pas que le filme casse trois pattes à un canard... mais une probablement et s’agissant du statut des animaux, ceux-ci sont présents de façons récurrente, notamment via des images de chasses. Et l’on pourrait se dire que la violence du film est plus présente dans ces images-là que dans d’autres, certes dramatiques mais qui ont, pour certaines, un effet à la limite du cocasse (involontaire ?). Ainsi, lors du premier incident, qui tourne autour de la rencontre avec l’automobiliste (Uma Thurman), l’on se dira (peut-être) à un certain moment que le coup du cric était attendu et l’on arriverait même à comprendre Jack (et probablement moins lorsqu’il va chercher de l’argent... au sein... de son porte-monnaie).

N’oublions pas que c’est Jack qui raconte l’histoire et le spectateur qui aura eu la chance de voir Life Itself (Seule la vie) se souviendra que le narrateur n’est pas fiable. Certains critiques assimilent Jack au réalisateur et les victimes à nous les spectateurs. Pourquoi pas même si ce n’est pas notre lecture, mais peu importe. Quelle que soit la grille de lecture du film, c’est une histoire qui nous est doublement narrée. Une première fois à un interlocuteur que l’on ne découvre qu’à la fin (Bruno Ganz) et, une seconde, celle que nous conte Lars Von Trier par la médiation de ses images. Celles-ci traduisent un pessimisme vis-à-vis de l’humain et de l’humanité qui, allant plus loin que les antispécistes, laisseraient entendre que nous valons moins que l’animal.

Cette histoire qui nous est contée nous a fait songer à Dexter, pour le personnage de tueur aux nombreux tocs (et qui donnent lieu à certaines scènes qui, a défaut d’être burlesques ou risibles, feront rire, nerveusement ou pas). Certains tableaux, humains, nous ont amené à des parallèles avec Hannibal (la série avec Mads Mikkelsen) tandis que certaines scènes et ambiance du film nous plongeaient dans un univers à la Fargo ! Nous gardons cette impression même si certains confrères estiment que Jack est un anti-Dexter !

Le film se termine de façon « dantesque » car il faudra, d’une certaine façon, descendre aux enfers, soit un lieu d’où l’on ne pourra sortir et qui oblige à s’interroger sur l’identité de l’interlocuteur de Jack. En effet, la fin du film boucle, d’une certaine façon, sur le début, par le questionnement/réponse narrative qui inaugurait le film. Et l’on pourrait songer ici à l’univers de Preacher (une série de comics pour adultes créée par Garth Ennis au scénario et Steve Dillon pour le dessin, entre 1995 et 2000, où justement l’enfer consiste à revivre certaines situations où l’on a dérapé dans sa vie) ! Cette narration ne se ferait-elle pas par Jack, pour Jack lui-même, enfermé dans sa folie meurtrière et incapable d’en sortir, condamné à revivre sans cesse les nombreuses morts qu’il a infligées ?

L’on terminera en signalant que le film (interdit aux moins de 16 ans) ne sera pas pour tous, non pas tellement par sa violence (d’autant que celle-ci est parfois caricaturale et/ou risible) que par sa construction et sa longueur qui découragera au moins et au mieux ceux qui ne connaissent pas (ou n’apprécient pas) l’univers du réalisateur. En revanche, ses fans devraient aimer, voire adorer, ainsi que ceux qui apprécient le cinéma expérimental ou étrange. Rappelons enfin ce que nous écrivons ci-dessus. Si Jack n’est pas un narrateur fiable, Lars von Trier ne l’est pas non plus. Et fortiori nous qui écrivons cette critique en nous et vous trompant peut-être !

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Copyright 2018 Concorde Filmverleih GmbH / photo by Zentropa : Christian Geisnaes

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THE HOUSE THAT JACK BUILT Bande Annonce (2018) Lars Von Trier, Uma Thurman - YouTube
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L’amour flou

Synopsis : Romane et Philippe se séparent. Après 10 ans de vie commune, deux enfants et un chien, ils ne s’aiment plus. Enfin… ils ne sont plus amoureux. Mais ils s’aiment, quand même. Beaucoup. Trop pour se séparer vraiment ? Bref… C’est flou. Alors, sous le regard circonspect de leur entourage, ils accouchent ensemble d’un « sépartement » : deux appartements séparés, communiquant par… la chambre de leurs enfants ! Peut on se séparer ensemble ? Peut-on refaire sa vie, sans la défaire ?

Acteurs : Romane Bohringer, Philippe Rebbot, Rose Rebbot-Bohringer, Raoul Rebbot-Bohringer, Reda Kateb, Pierre Berriau, Richard Bohringer.

Beaucoup de consoeurs (et de confrères) ont ri durant la projection de ce film où les acteurs jouent leurs propres rôles (familles de Romane Bohringer et Philippe Rebbot : parents, enfants, fratries...). Pourquoi pas, ce n’est pas neuf au cinéma et si, pour certains acteurs, il s’agit de leur métier, ce n’est pas le cas d’autres. Fallait-il rendre public cet intime d’une vie où l’amour n’est plus présent comme au début ? Cela a déjà été fait. Le thème a été maintes fois chantés et nombres d’hommes et de femmes de scènes y consacrent certains de leurs standup (sur Netflix, par exemple). Mais pourquoi devons nous assister à ce qui est ici littéralement obscène (à savoir montrer sur la scène ce qui devrait rester sous celle-ci) ? Quel est l’intérêt de faire cela ? Quelles sont les limites (du genre) ? Qu’en est-il du vrai, du faux, du reconstitué, du construit ? Toutes les scènes sont-elles inscrites dans le « réel » ? Certaines sont-elles là « pour le fun », la gaudriole ? Pour ajouter une scène lesbienne ou jouer avec deux « pédés » en quête de paternité ? A vrai dire, nous avons été mal à l’aise avec l’exercice. Ici, à part l’idée des appartements « séparés et unis » tout au plus, nous nous disons que celui-ci vaut s’il a une dimension cathartique pour les protagonistes !

Faute d’enthousiasme à partager, nous renvoyons vers la critique de Sylvie-Noëlle sur Le blog du cinéma !

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Copyright Rezo Films

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Transit

Synopsis : De nos jours, à Marseille, des réfugiés de l’Europe entière rêvent d’embarquer pour l’Amérique, fuyant les forces d’occupation fascistes. Parmi eux, l’Allemand Georg prend l’identité d’un écrivain mort pour profiter de son visa. Il tombe amoureux de Marie, en quête désespérée de l’homme qu’elle aime et sans lequel elle ne partira pas...

Acteurs : Franz Rogowski, Paula Beer, Godehard Giese, Lilien Batman, Maryam Zaree, Barbara Auer, Matthias Brandt, Alex Brendemühl

Après le Transit de René Allio, en 1991 (film que nous n’avons jamais vu et dont ne sommes pas certain qu’il soit disponible en DVD), Christian Petzold signe ici la deuxième adaptation au cinéma du roman homonyme d’Anna Seghers. Son action se déroulait, et nous préférons ici, se déroule, en 1940, à Marseille. Anna Seghers l’écrit entre 1941 et 1942, après son exil à Mexico, qui sera aussi à l’arrière plan des films qui adaptent son récit (probablement très autobiographique). De ce roman, publié en 1947/48, Heinrich Böll dira : « Si ce roman est devenu le plus beau de ce que Anna Seghers a écrit, c’est certainement à cause de la situation historique et politique, atrocement unique, qu’elle a choisie comme modèle référent. Je doute que notre littérature, après 1933, puisse montrer beaucoup de romans qui soient écrits comme celui-ci, sans défaut, avec l’assurance du somnambule ».

Nous pourrions reprendre ces mots pour l’adaptation de Petzold qui est à la fois remarquable, inscrite dans l’Histoire et totalement atemporelle. C’est que le réalisateur (se) joue du temps dans un film qui lui permet de brasser et de traiter des thèmes qui luis sont chers : le couple, la culpabilité, l’amour impossible, l’histoire allemande, petite grande, et déjà abordés dans des films précédents : Wolfsburg (L’Ombre de l’enfant) en 2003 ; Gespenster (Fantômes) en 2005 ; Yella (2007) ; Jerichow (2009), Barbara (2012) et Phoenix (2014).

Le génie de ce récit et de son adaptation est de franchir les contraintes de la temporalité ! Nous sommes en 1940, ou plutôt l’intrigue évoque des faits de cette époque-là, alors que l’étau de l’occupation de la France par l’Allemagne se rapproche dangereusement de Marseille. Mais cette ville et cette France qu’il nous est donné d’entendre et de voir est étrangement contemporaine. Il s’agit d’un Marseille d’aujourd’hui. Mais nous précisons « étrangement » car si l’on filme la ville et des hommes et femmes d’aujourd’hui, il s’agit d’un monde sur le fil (en trompe l’oeil, comme dans la série de Fassbinder) hors du temps. Atemporel. Il n’y a ni ordinateur, ni GSM, ni internet. Une contrainte technique disparait ainsi : point besoin de reconstituer des décors ou de filmer en noir et blanc comme Ozon le fait dans Frantz. La fuite, l’exil, la quête d’une identité et d’une femme se situent bien dans une Histoire concrète, terriblement concrète, mais, en même temps, de façon presque kafkaïenne, résonne comme toujours d’actualité, comme si ce que nous découvrons à nos frontières et même à l’intérieur de celles-ci était toujours là, sous-jacent.

Transit, c’est un récit de passeurs, de passants, de passages ! Il est soutenu tout du long par une voix off dont on ne découvrira que vers la fin qui en est le « porte paroles » ! C’est le récit d’un sas « aux portes de l’enfer », voire dans l’enfer lui-même si l’on entend bien l’histoire racontée par un écrivain qui n’est pas celui que l’on croit (aux sens propre et littéral !). C’est le récit d’une attente insupportable, d’une quête de l’autre, de l’amour, d’une identité à construire. C’est une histoire de fuite, d’exode, de (faux) papiers, d’un dernier roman. Un récit miroir d’une âme en peine. D’une femme amoureuse, d’un amour impossible. D’un acteur fabuleux qui incarne Georg le (ou un) passant Franz Rogowski (déjà vu dans Happy End de Haeneke, avec une « gueule » à la Joaquin Phoenix - jeune !). Georg, le Passeur et le Passant, ouvre le Passage devant différents protagonistes, devant nous également. Transit donc, de Marseille à Mexico. Il faudra franchir des étapes dont on n’échappe pas : qu’il s’agisse de la mort ou de l’enfer ! Derrière la porte ou avant celle-ci. Un film d’une rigueur et d’une densité remarquables !

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Copyright Marco Krüger - Schramm Film / Piffl / Arne Höhne. Presse + Öffentlichkeit / Marco Krüger / Les Films du Losange / Christian Schulz

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First Man (Le premier homme sur la lune)

Synopsis : L’histoire fascinante de la mission de la NASA d’envoyer un homme sur la lune, centrée sur Neil Armstrong et les années 1961-1969. Inspiré du livre de James R. Hansen, le film explore les sacrifices et coûts – d’Armstrong et de la nation – d’une des plus dangereuses missions de l’Histoire.

Acteurs : Ryan Gosling, Claire Foy, Jason Clarke, Kyle Chandler, Pablo Schreiber, Corey Stoll, Ciarán Hinds, Shea Whigham, Ethan Embry, Christopher Abbott, Patrick Fugit

Après deux films qui ont marqué les esprits, les yeux et les oreilles (Wiplash et La La Land), Damien Chazelle change de cap et de pays avec son quatrième long métrage (son premier, en 1999, s’intitulait Guy and Madeline on a Park Bench, film musical, déjà, en noir et blanc). Le jeune réalisateur trentenaire passe du Canada aux terres américaines pour se consacrer à un homme qui est allé très loin et très haut dans le ciel, un homme, le premier, Neil Amstrong qui fit ses et les premiers pas sur la Lune le 21 juillet 1969, durant près de deux heures trente-deux ! C’était la mission Apollo 11.

Gageons qu’après les deux films musicaux de Chazelle, la barre était fixée très haut. Le ton et le style sont ici fort différents et les fans des deux derniers long métrages seront peut-être surpris, d’autres déçus. C’est que, tout comme son compatriote Denis Villeneuve, en 2016 avec Arrival (Premier Contact), le réalisateur ne fait pas dans le spectaculaire, pour se consacrer lui aussi sur l’humain, ici l’homme, l’humain. Voici l’Homme que nous présente Chazelle. Celuici adapte la biographie dite « autorisée » de Neil Amstrong. James R. Hansen est l’auteur d’ouvrages consacrés à l’histoire de l’aérospatiale. Amstrong lui a consacré cinquante heures d’interviews, et lui a donné un « accès privilégié aux documents privés et aux récits familiaux, et de plusieurs années de recherche ». Hansen livre ainsi « un témoignage complet de la vie publique, privée et secrète de l’astronaute qui a changé à jamais le cours de l’Histoire ».

Le film commence certes par un vol éprouvant du pilote (civil !) Armstrong au cours duquel il commet (ou pas) une erreur qui lui serait préjudiciable mais il se poursuit et se consacre surtout à la relation familiale, son couple, mais surtout la perte tragique de leur fille. Ce décès fera d’Armstrong est être blessé, torturé, replié sur lui-même et lorsqu’il sera approché pour les programmes Gemini (puis Apollo) la crainte est que ce deuil ne puisse affecté celui que l’on recrute.

Le film, d’une durée de près de deux heures vingt se terminera par le vol d’Apollo 11 en juillet 1969. Les images « lunaires » sont très belles (nous avons vu le film en IMAX) à tel point que, par boutade, certains d’entre nous dirent qu’il s’agissait de celles de Stanley Kubrick, filmant un faux alunissage ! Ce sera ensuite le retour sur Terre, la quarantaine et la rencontre mutique de l’astronaute avec son épouse, séparés par une paroi de verre !

Sur la Lune, un geste aura été remarqué par tous, un abandon - en quelque sorte - de ce qui l’attachait et le reliait encore à sa fille trop tôt disparue. Licence poétique, vérité historique ? Peu importe ne fait, même si beaucoup pourraient s’arrêter avec cette question, oubliant le profond témoignage d’humanité de ce film et de Neil Armstrong, à et pour celui-ci également. L’on retiendra longtemps les mots prononcés : « « That’s one small step for [a] man, one giant leap for mankind » (un petit pas pour l’homme, un grand pas (ou un bond de géant) pour l’humanité). Chazelle ne s’y attarde pas même si ces mots furent longtemps étudiés sur le rôle du »a« entre crochets. L’important, il faut le rappeler, pour le réalisateur est cet-homme-là avec sa singulière humanité, dont la souffrance intérieure fut probablement un des moteurs de son engagement. Certains se diront qu’il était probablement déjà »mort" avec sa fille et qu’il n’aurait donc eu aucune crainte de perdre la vie. Impossible de le savoir.

Et cependant, Chazelle revient sur des moments grandioses mais également dramatiques de cette conquête spatiale, durant ces huit années couvertes par le film. En 1969, nous avions 17 ans, un an après mai 68. Mais plus tôt il est un drame dont ne nous souvenions pas. C’était un essai pour la mission Apollo 1 qui succède an programme Gemini (1963-1966), le 27 janvier 1967 à cap Canaveral sur le LC 34 lors d’ une simulation de routine dans l’ après midi. La NASA a le projet d’envoyer fin février sa première cabine Apollo habitée. Trois astronautes vont la piloter, Virgil Gus Grisson qui a déjà volé sur Gemini 3, Edward White, le premier américain a être sorti dans l’espace sur Gemini 4 et, enfin, un novice Roger Chaffee. Les trois hommes prennent place dans le module de commande et commencent les tests quand le feu se déclare dans le module. Les trois hommes ne peuvent sortir de la cabine et meurent brûlés sans pouvoir être sauvés. Un problème lié au câblage électrique et une défaillance dans un milieu rempli d’oxygène.

Outre ce dramatique incident l’on découvrira que le matériel utilisé fait plutôt penser à du bricolage et de la quincaillerie d’amateurs qu’aux matériaux modernes et sophistiqués que nous connaissons aujourd’hui. Cette également cette conquête qui est présente en fil rouge derrière ou devant ce « First Man ». L’on conclura sur le casting sans faille avec une mention particulière pour Ryan Gosling qui est bien celui qu’il fallait pour ce rôle-là. Il incarne véritablement cet homme torturé et mutique qui ne peut laisser percer ses sentiments qu’à de rares occasions, jusqu’au lâcher prise sur une terre étrangère !

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Copyright Universal Pictures International France

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Le jeu

Synopsis : Le temps d’un dîner, des couples d’amis décident de jouer à un “jeu” : chacun doit poser son téléphone portable au milieu de la table et chaque SMS, appel téléphonique, mail, message Facebook, etc. devra être partagé avec les autres. Il ne faudra pas attendre bien longtemps avant que la tension ne monte…

Acteurs : Bérénice Bejo, Suzanne Clément, Stéphane De Groodt, Vincent Elbaz, Grégory Gadebois, Doria Tillier, Roschdy Zem.

L’histoire est datée ! Au sens où l’on sait dès le départ le jour ou plutôt la nuit où elle se déroule, à savoir le vendredi 27 juillet 2018, en soirée. C’est la veille d’un WE, l’on a le temps devant soi, le temps d’éclipser le quotidien pour faire place à l’amitié. Le temps d’une éclipse aussi puisque cette nuit-là, c’est celle de l’éclipse totale de la lune. Un événement assez rare, d’autant que celle-ci fut la plus longue depuis cent ans, plus de cent minutes. Le film se déroule donc ce soir-là et la télévision laisse entendre que les éclipses totales de la Lune sont si singulières qu’elles ont un effet sur les gens.

A lire le synopsis qui indique qu’Il ne faudra pas attendre bien longtemps avant que la tension ne monte…, l’on peut partir avec un a priori classique face aux sempiternelles comédies françaises. Et force est de reconnaître que nous sommes loin de la daube attendue ou crainte. Bien mieux, Le jeu tranche largement avec la production habituelle et il le doit beaucoup au... jeu des acteurs ! Chacun dans son genre, si l’on peut dire, excelle à habiter son personnage pour le meilleur et pour le pire. C’est que la transparence totale est bien plus que ce que l’on montre sur les réseaux sociaux. Si ceux-ci sont le lieu d’expression de l’extime, ils ne sont pas ceux de l’intime ou, du moins d’un intime contrôlé (sauf trouble de la personnalité). Entre ce que l’on dit, ce que l’on montre et ce que l’on est, réellement, il y a une marge. Le smartphone fait un peu ici office de journal intime et de mémoire.

Le jeu ici proposé peut donc s’avérer cruel même si par certains côtés, la situation aurait pu faire l’objet d’un pièce de théâtre de boulevard. Chacun n’a rien à cacher, quoique ! Les réticences sont là au départ, mais les phénomènes de groupe jouent également et obligent à jouer la transparence... A l’arrivée nous nous trouvons avec un film qui mélangerait les univers de Le Prénom (2012, Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, adapté de leur pièce du même nom). et Carnage (2011, Roman Polanski, tiré lui aussi d’une pièce de théâtre, Le dieu du carnage). Le jeu n’est pas tiré d’une pièce de théâtre, mais est un remake d’un film italien Perfetti sconosciuti ( Paolo Genovese, 2016). Le fil conducteur de ce film était
« Chacun de nous a trois vies : une publique, une privée et une secrète ».
Et c’est bien de cette vie secrète dont il sera question ici aussi.

Des choses banales aux choses tues, voire de téléphones échangés, trois couples (et un divorcé dont on ne verra jamais la personne qui partage sa vie) vont découvrir des faces cachées, secrètes de leur conjoint, mais aussi de leurs amis. Cela semble au départ pour le meilleur et le rire, mais ce sera en fait, pour le meilleur et pour le pire.

Les secrets, cela ne se partage pas, ne s’échange pas (surtout pas... car qui sait, le secret de l’autre est peut-être plus problématique que le mien) et lorsque la boîte de Pandore est ouverte, tout peut arriver. Et, dans ce film, il y aura même des moments bouleversants de tendresse lorsqu’une fille interroge son père alors qu’elle est au bord d’avoir ou pas sa première relation sexuelle avec son petit ami. Le spectateur rira (et les protagonistes riront... jaune) aux mésaventures des uns et des autres. Il se prendra peut-être, en sortie de salle, à supprimer certains messages ou applications de son téléphone... Non qu’il y aurait des secrets pour les proches et les amis ou le conjoint ? Non, peut-être ?

Après un tel déchainement de tension, après avoir mis tant de secrets sur le devant de la scène, comment chacun pourra-t-il rentrer chez soi ? Peut-on être indemne de telles révélations ? Peut-on faire comme si de rien n’était ? Retrouver le monde réel ? Reprendre pied dans la « vraie vie », comme si de rien n’était, comme si, finalement, ce jeu n’était qu’une parenthèse ? Le réalisateur nous propose une porte de sortie. Elle est probablement élégante, même si elle nous est apparue comme une pirouette (ou un twist) finale. Nous aurions aimé que Fred Cavayé... joue le jeu... jusqu’au bout.

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Copyright Julien Panié / Mars Film

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Girl

Synopsis : Lara, 15 ans, rêve de devenir danseuse étoile. Avec le soutien de son père, elle se lance à corps perdu dans cette quête d’absolu. Mais ce corps ne se plie pas si facilement à la discipline que lui impose Lara, car celle-ci est née garçon.

Acteurs : Valentijn Dhaenens, Nele Hardiman, Victor Polster, Arieh Worthalter.

Il nous a été demandé de postposer notre critique jusqu’à la sortie du film. Ce que nous pourrions comprendre vu sa présentation en ouverture du Film Fest Gent qui se déroulera du 9 au 19 octobre prochain mais qui à l’heure de la mondialisation des médias devient totalement incompréhensible. Nous ne pouvons donc que vous renvoyez à quelques autres en français déjà publiées parmi d’autres :

Ari Sandel
Goosebumps 2 : Haunted Halloween (Chair de poule 2 : Les fantômes d’Halloween)
Sortie le 24 octobre 2018
Article mis en ligne le 15 octobre 2018
Rubrique : Critiques

Synopsis : Sonny Quinn et son meilleur ami au collège, Sam, se font un peu d’argent en récupérant les objets dont les gens ne veulent plus. C’est ainsi qu’ils vont découvrir Slappy, une étrange marionnette de ventriloque tout droit sortie d’un livre Chair de poule jamais publié…

Slappy a très envie de faire partie de la famille Quinn auprès de Sonny, sa sœur Sarah et leur mère Kathy, mais ses exploits (...)

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RCF, une radio généraliste

RCF est un média confessionnel (Radio Chrétienne Francophone) généraliste. Il s’agit de la branche belge de la radio française du même nom. Nous émettons - sans coupures publicitaires - à Bruxelles, Liège, Namur et Bastogne et également via notre site Internet et les câblo-distributeurs qui nous reprennent. L’émission Cinécure présente depuis 2013 les sorties de films (fictions, documentaires, courts et long métrages, en salles et/ou en festivals). L’abbé Charles De Clercq, producteur de l’émission ouvre ainsi un espace à la diversité culturelle cinématographique en Belgique et à Bruxelles en particulier. Une place de choix est notamment donnée aux nombreux Festivals. Cela ne signifie pas nécessairement une adhésion ou une caution de la part de l’animateur-producteur, de RCF et de ses journalistes.

Voici le lien vers la page de présentation de l’émission et, ci-après, l’horaire des diffusions et rediffusions de l’émission Cinécure sur RCF Bruxelles :

  • une émission de 13 minutes le mercredi 13h10 (rediffusion à 18h10)
  • une deuxième de 13 minutes le samedi à 13h10
  • une émission de 26 minutes le dimanche à 17h30 (enchaînant les deux précédentes).

Vous pouvez également vous abonnez aux podcasts de l’émission via Itunes.

Le producteur de Cinécure

Charles Declercq [outre ses fonctions de webmaster et de photographe au service Communication du Centre pastoral (Vicariat) de Bruxelles et de co-responsable d’une Unité pastorale de cinq paroisses dans le quartier Meiser] est passionné de cinéma mais aussi par la Bible. Il voit en ces deux domaines l’importance de l’art de la narration et de la « théologie narrative ».

Il propose chaque semaine, sur RCF radio, un regard sur l’actualité cinématographique et sur une sélection de films qui sont projetés dans les salles, tout particulièrement ceux qui sont à l’affiche dans la semaine. Occasion donc de se faire une idée pour choisir sa séance, seul, en famille ou avec des amis.

Parfois (sauf programmation exceptionnelle), tout particulièrement pour ceux et celles qui n’ont pas l’occasion de se rendre dans une salle de cinéma, il sélectionne quelques films diffusés en télévision durant la semaine.

Enfin, il lui arrive de recevoir un(e) invité(e) ou de mettre en exergue un thème en fonction de l’actualité ou de présenter un film particulièrement remarquable du patrimoine cinématographique qu’il vient de voir en DVD ou en Blu-Ray.

Ceci n’est pas un blog !

Il ne s’agit pas non plus d’un forum dédié au cinéma. Forum et blogs sont nombreux sur la Toile. Les premiers donnent la parole à des communautés d’internautes. Les blogs sont souvent l’expression des sentiments de leur(s) auteur(s) même si certains analysent de façon plus exhaustive et pointue les films dont ils font la critique. Il y a aussi les « vlogs » où des passionnés de cinémas (ou pas !) se filment pour leur communauté de fans (souvent adolescents). Le pire y est parfois plus présent que le meilleur.

Ce site est sans publicité, sauf celle imposée par les vidéos de bande-annonce et qui nous semble manquer de logique, puisque la bande-annonce est déjà une « publicité » pour le film, en somme un publicité pour pouvoir visualiser une pub ! Cinécure.be est le prolongement web des émissions radio de Charles De Clercq sur RCF. Il apporte, en toute indépendance éditoriale, un complément d’informations, des annonces, communiqués de presse, recensions de DVD ou BD envoyés à la Rédaction... Il fait part de coups de cœur et aussi de coups de gueule mais aussi des sentiments et des émotions ressentis... qui, s’ils sont subjectifs, sont aussi ce qui fait vibrer ou pas les spectateurs.

Julien est enseignant. Il est aussi, voire surtout, cinéphile depuis son adolescence. Il a été membre du jury CINEVOX du Festival International du Film Francophone de Namur en 2017. Il fréquente assidument des salles indépendantes, comme le Caméo à Namur et publie des critiques argumentées sur sa page Facebook (Julien Brnl) après avoir vu les films. Il n’est ni journaliste, ni blogueur mais, simplement, passionné de cinéma et cinéphile. Nous lui avons proposé de publier des critiques sur ce site. Signalons également qu’il collabore au site Branchés Culture où vous pouvez également retrouver certaines de ses critiques...

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Article mis en ligne le 9 octobre 2018
par Julien Brnl

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