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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Sacha Polak (2015)
Zurich
Sortie au BRFF le 7/6 à 20h30 (Flagey 5)
Article mis en ligne le 6 juin 2015
dernière modification le 10 juin 2015

par Charles De Clercq
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86/100

Présentation BRFF : Nina est déboussolée et à fleur de peau suite à un terrible drame qui lui a fait comprendre que le bonheur qu’elle pensait avoir n’avait en réalité jamais existé. Elle erre le long des autoroutes et dans les stations-services d’Europe avec pour unique but d’éviter de se remémorer son passé. Pourtant, si elle a des difficultés à communiquer, c’est en chantant qu’elle trouve des moments de paix. Dans de ce road trip vers nulle part, la réalisatrice confirme tout son talent découvert dans Hemel. Elle y tient une narration distordue présentant deux parties chronologiquement inversées. Une réussite technique et émotionnelle. Il faut aussi mentionner l’excellente prestation de Wende Snijders, chanteuse renommée aux Pays-Bas.

Acteurs : Barry Atsma, Wende Snijders, Sascha Alexander Gersak, Sascha Alexander, Tristan Göbel.

Autant le dire de suite : Zurich est un film dont l’abord est très difficile, surprenant et déconcertant. Il m’a fallu un certain temps pour le digérer jusqu’à ce qu’ensuite, l’émotion me submerge et que les diverses pièces du puzzle se mettent en place (et encore, pas toutes !).

Le film débute par... la deuxième partie, intitulée « chien ». Elle nous fait découvrir une voiture et une femme dans un cours d’eau, au bord d’une route. Sur celle-ci, un animal, le guépard (j’ai vérifié, on peut confondre avec un léopard) illustré ci-contre. Pour le chien, il faudra attendre. La femme, c’est la chanteuse néerlandaise Wende Snijders (née à Londres en 1978, elle chante en anglais, néerlandais... et français). Nina est son premier rôle au cinéma.

Ensuite, nous entrons dans une sorte de road movie avec Nina. Elle fait du stop auprès de camionneurs, fréquente des parkings sur lesquels les routiers garent leurs camions pour la nuit.Elle se rend dans des bars, chante, fréquente des hommes, croit reconnaître quelqu’un (c’est du moins l’impression que nous avons), elle regarde un jeune homme avec un chien sur la plage, elle vole ou va chercher le chien, surveille une maison, fréquente un homme qui a deux enfants. Ils font l’amour. Elle a une fille. Son répondeur à de nombreux messages qui ne sont pas écoutés. Il est bien difficile de trouver une logique, une cohérence dans un ensemble qui parait éclaté, disparate. Elle a été mariée ou a eu une liaison, ce n’est pas clair, avec un homme qui s’est écrasé avec son camion sur la balustrade de sécurité d’une autoroute. Autant réécrire combien tout cela est extrêmement frustrant et les mots semblent bien faibles pour rendre compte de cette absence de repères et de clés de lecture. Bien plus, Nina parle peu, très peu. Ses paroles durant tout le film ne demandent pas plus d’une page A4.

C’est le passage à la deuxième partie du film, qui s’intitule « Partie 1 : Boris » qui va permettre d’éclairer un certain nombre d’éléments énigmatiques de la première partie du film (la deuxième donc !). Peu à peu un puzzle se constitue. Difficile d’en dire plus sans trahir la démarche du réalisateur. Disons que l’on commence par un décès, celui de Boris. Nous découvrons sa famille, ses proches, la maison. Nous en savons un peu plus sur une relation torride adultérine. Nous nous posons des questions sur un suicide (ou pas). Nous (re)découvrons une maison, un chien, un fils, des enfants... Il est question de chaussures enlevées avant qu’une route soit prise de nuit, en voiture, à toute vitesse. Fin.

Alors, on refait peu à peu un itinéraire, on relit et relie des événements, des histoires, des personnes. Sur le plan de la structure narrative, il y a des analogies avec The Disappearance of Eleanor Rigby : Him & Her. Sorti de la salle, on a l’impression d’en savoir un peu plus. On boucle ou croit boucler sur l’histoire avec le guépard. Et quand le temps avance, des images reviennent à la mémoire. On repense à certains faits, à des échanges, des situations. Là, on eut être tenté de laisser tomber : à quoi bon ? Pour certains l’exercice ou le procédé narratif paraîtra vain, futile,exaspérant. D’autres, dont je suis, seront enthousiastes et n’auront qu’une envie : revoir au plus vite le film pour une lecture avec toutes les clés ou les cartes en mains. Délivrés de la quête de sens, il leur sera possible de recevoir le film comme une véritable expérience artistique et cinématographique et d’être attentif à de tous petits détails qu’ils n’ont pas remarqués à première vision.

Diaporama

Bande-annonce :


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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