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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Tom Harper
Wild Rose
Sortie du film le 17 juillet 2019
Article mis en ligne le 30 juillet 2019
dernière modification le 2 août 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • Prix d’interprétation au Festival International du Film de Dublin et au Festival du Film de Newport Beach en Californie pour l’actrice Jessie Buckley ;
  • la scénariste Nicole Taylor et l’actrice principale Jessie Buckley ont écrit des chansons pour les besoins du film, avec l’aide de musiciens.

Résumé : À peine sortie de prison et de retour auprès de ses deux enfants, Rose-Lynn n’a qu’une obsession : quitter Glasgow pour devenir chanteuse de country à Nashville. Tiraillée entre sa passion et ses obligations de mère, la jeune femme va devoir faire des choix…

La critique de Julien

Initialement annoncé pour une sortie au Printemps dernier dans nos contrées, « Wild Rose » débarque enfin dans nos salles, d’autant plus qu’une certaine réputation le précède. Et pour cause, il s’agit-là d’un véritable rayon de soleil duquel il sera dommage de se priver !

On le sait, les films musicaux ont la cote, et encore de beaux jours devant eux ! Après les triomphes de « Bohemian Rhapsody » et de « A Star is Born » l’année dernière, de « The Greatest Showman » l’année avant, ou encore de « Rocketman » cette année, le cinéma anglais nous livre aujourd’hui un drame social musical, autour de l’univers de la musique country et western. Enfin non, juste country, tel que le clamera haut et fort son interprète principal. « Wild Rose » raconte ainsi l’histoire de Rose-Lynn Harlan, une jeune mère de deux enfants, célibataire et originaire de Glasgow, laquelle vient tout juste de sortir de prison après douze mois d’incarcération pour trafic de stupéfiants. Mais la demoiselle est cette fois-ci bien décidée à réaliser son rêve, soit celui de devenir une star de la country, à Nashville, aux Etats-Unis, alors que sa mère, Marion, espère qu’elle prendra enfin ses responsabilités de maman...

La première raison de découvrir ce film en salle, c’est bien pour son actrice principale, l’incroyable Jessie Buckley. Chanteuse et actrice irlandaise, on a pu la voir récemment dans le thriller psychologique « Jersey Affair » (« Beats » en VO) de Michael Pearce, et surtout dans la mini-série à succès HBO, « Chernobyl ». Charismatique d’un bout à l’autre, l’actrice est extrêmement généreuse dans son rôle, et transcende cette femme en quête de liberté et de satisfaction de ses rêves. Tatouée sur l’un de ses avant-bras de la citation de l’auteur-compositeur américain de musique country Harlan Howard, « Three Chords and the Truth », et se produisant dans le pub de son quartier appelé le Grand Ole Opry (du nom de la plus ancienne émission radio diffusée aux États-Unis, ayant vu naître une salle de 4 400 places assises, située à Nashville, et temple d’un grand show de musique country, bluegrass et rockabilly), Rose-Lynn est donc décidée à ne plus se laisser faire.

Ce qui renforce d’autant plus cette formidable interprétation, c’est la voix grave, puissance et vibrante de l’actrice, qui se marie ainsi à merveille avec le style musical que son personnage défend tout le long de son parcours. Mais il ne s’agit pas seulement ici du seul rôle féminin fort, puisque la grande Julie Walters incarne la maman de cette dernière, elle qui s’est occupée de ses enfants durant ces douze derniers mois (étant donné un père absent), et qui espère de sa fille qu’elle rattrapera le temps perdu avec eux, tout en leur offrant la stabilité et la vie de famille dont ils ont besoin. Telle une maman qui s’inquiète pour son enfant, peu importe son âge, Marion n’a cependant pas l’envie de priver sa fille de tout espoir, elle qui n’a malheureusement pas eu la chance de réaliser son rêve...

Enfin, on peut aussi citer Sophie Okonedo dans le rôle de Susannah, une bourgeoise chez qui Rose-Lynn va travailler en tant que femme de ménage, elle qui va très vite découvrir son talent pour le chant, et croire en elle, de là à l’aider à rencontrer un célèbre producteur de radio... Mais à quel prix, étant donné que Rose-Lynn, par peur de ne pas être acceptée par Susannah suite à son histoire passée et sa situation actuelle, va lui mentir sur sa vie...

« Wild Rose », c’est une success-story qui fait indéniablement du bien au moral, et qui donne l’envie de croquer la vie à pleines dents. Ce film, qui interroge la frontière fragile entre les responsabilités et la réalisation de ses rêves, nous apprend notamment que ce que l’on cherche à atteindre dans la vie n’est pas forcément là on l’on pensait le trouver, mais bien auprès de soi, à ses côtés, depuis le début... Et puis, on n’est jamais mieux que chez soi, n’est-ce pas ? Présenté en première mondiale au Festival International du Film de Toronto il y a bientôt un an, le film de Tom Harper est une belle leçon d’humilité et d’humanité comme le cinéma peut si besoin nous les partager. Les personnages qu’on y suit sont tellement vrais et bons qu’il nous est d’ailleurs impossible de ne pas s’éprendre de leur histoire commune. L’empathie est pour ainsi dire au rendez-vous, même si l’on devine dès le départ où tout cela va aboutir, ce qui n’empêche pas au chemin pour y parvenir d’être semé d’embûches, mais surtout d’amour. Vous l’avez compris, « Wild Rose » n’est sans doute pas le film le plus surprenant de l’année, ni le plus original. Cependant, force est de constater que le premier scénario de film de Nicole Taylor nous épargne la bluette amoureuse de coutume, pour alors se concentrer essentiellement sur l’histoire de cette femme, courageuse et inspirante.

Et qui dit film musical dit bande originale. En l’occurrence, celle du film contient à la fois des chansons originales écrites exclusivement pour le film, ainsi que des reprises d’artistes country reconnus, tels que Emmylou Harris, Wynonna Judd, Chris Stapleton, Hank Snow, ou encore du groupe indie rock Primal Scream. De plus, pratiquement toutes les chansons sont interprétées par Jessie Buckley elle-même, ce qui donne évidemment une touche d’authenticité et d’émotions à chacune des prestations, notamment lors du final, sur la sublime balade « Glasgow (No Place Like Home) ». Dommage cependant qu’il n’y ait pas de sous-titres aux chansons, elles qui sont censées renforcer les propos, et dès lors les émotions...

On ne peut conclure en disant à quel point Jessie Buckley est une immense révélation, tant on est carrément tombé amoureux de cette actrice au jeu multi-facettes. Et « Wild Rose » s’offre sans aucun doute un ticket parmi les films les plus lumineux et entraînants vus (pour l’instant) cette année au cinéma, même s’il ne sort pas des conventions du genre au travers de son histoire, sauvage et rose à la fois.



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