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Sergine Dumais
Wichita
Un court-métrage canadien au LASHORTFEST
Article mis en ligne le 18 septembre 2020

par Charles De Clercq

L’émission Cinécure et son réalisateur ont toujours eu un faible pour les courts-métrages. Souvent parents pauvres du cinéma, on les trouvera parfois au détour d’un bnous sur un DVD ou un Blu-ray ou lors d’un festival.

Aussi, en découvrant le communiqué de presse de Chicart annonçant la sélection d’un court-métrage canadien au LASHORTFEST la tentation était grande de découvrir le film. Ce court de cinq minutes est un petite surprise, tant pour la façon de traiter le thème par la parole, que pour l’intrigue et le dénouement de celle-ci...

L’histoire tient en quelques mots. Une femme est au lit avec un homme lorsqu’elle reçoit un appel de son mari qui est en voyage d’affaires à Wichita. Il lui demande un renseignement pour contacter un client. Problème, elle n’est pas chez elle. Comment le faire patienter pendant qu’elle regagne son domicile ? Difficile d’en dire plus sans divulgâcher le plaisir de la découverte.

Sergine Dumais (ci-contre) a plusieurs cordes à son arc dans le milieu du cinéma (voir sa fiche IMDB), mais elle est surtout connue pour son travail sur le son (ainsi dans 99 homes, Mr. Holmes, Song to Song ou encore dernièrement Shaft, le remake diffusé par Netflix).

Vous en saurez plus sur Wichita en lisant le communiqué de presse, même si paradoxalement, il est préférable de ne pas le lire, du moins avant la vision du film. Wichita repose sur une idée qu’elle développe en quelques minutes, sans tirer en longueur, permettant de garder sa densité tout au long du chemin parcouru et de découvrir le climax à l’arrivée. On pourrait classer le film dans le genre « comique » (de situation ?). Après tout, les histoires de maris trompés ont fait les beaux jours du théâtre de boulevard. Et ce pourrait être le cas ici, avec une intrigue « téléphonée » avec très peu de personnages... qui se donnent surtout à connaître et à « entendre » par la voix, deux en sommes, plus une « silhouette » ! Mais la vision de ce court fait éclater ce registre du « comique ». C’est que le « twist » final donne aussi à entendre l’amertume suscitée par une trahison. C’est l’affaire de quelques secondes, mais des mots et le ton d’une voix (dans le vide ?) expriment la tendresse perdue, le constat d’un échec, au-delà d’un piège tendu pour faire advenir la vérité sur une relation biaisée. « L’amour est sans pitié », telle sera - en français - la sentence du film, par la médiation de la chanson de Jean Leloup.

Wichita sera probablement amené à concourir avec de nombreux courts-métrages et, comme souvent, dans les festivals, la compétition sera très rude. L’on peut espérer que Wichita, primé ou pas, permettra aux festivaliers (en ligne cette année) de s’émouvoir pour ce petit film qui exploite bien son idée de départ.

© des illustrations : « Courtoisie of ZoNER Productions » avec l’aimable autorisation de ChicArt Public Relation.

Le court métrage excentrique met en vedette la Québécoise Maxim Roy (19-2, Shadowhunters) et l’acteur Américain Jeremy Sisto (FBI, Six Feet Under) (ci-dessous) :