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Michael Giacchino
Werewolf by Night
Sortie du film le 07 octobre sur Disney+
Article mis en ligne le 20 octobre 2022

par Julien Brnl

Genre : fantastique, horreur

Durée : 52’

Acteurs : Gael García Bernal, Laura Donnelly, Harriet Sansom Harris, Leonardo Nam, Eugenie Bondurant, Kirk R. Thatcher, Al Hamacher...

Synopsis :
Par une nuit sans lune, une cabale de chasseurs de monstres se rassemble au redoutable Bloodstone Temple après la mort de leur chef. Au cours d’une cérémonie étrange en sa mémoire, les membres de cette organisation secrète participent à une mystérieuse compétition, au péril de leur vie, dans l’espoir de récupérer une relique magique. Cette course au trésor les conduira à affronter un monstre terrifiant.

La critique de Julien

Entre ses grosses sorties cinéma et ses séries, l’univers cinématographique Marvel se lance cette fois-ci dans la course aux « Marvel Special », avec « Werewolf by Night », lequel est un téléfilm, disponible sur Disney+, sortant pile-poil (et à poils !) pour la période d’Halloween. Révélé officiellement lors de l’Expo D23 de 2022, ce métrage, pour le moins original, fait partie de la phase IV du MCU, lequel sort les griffes, loin d’être aussi aseptisé que l’est la très grande majorité des autres productions de Kevin Feige, dont on rappelle que la prochaine, très attendue, sera « Black Panther 2 : Wakanda Forever » (dès le 09 novembre prochain). Hommage à tous les classiques de l’âge d’or du cinéma d’horreur, et notamment à celui de la Hammer (« Dracula », « Frankenstein », « Le Monstre », « La Nuit du Loup-garou », etc.), ce film met en scène une chasse au monstre, menée par le personnage de Jack Russell (joué par Gael García Bernal), un anti-héros créé par le scénariste Gerry Conway et le dessinateur Mike Ploog, lequel est apparu pour la première fois dans le comic book Marvel Spotlight #2 datant de février 1972, lequel a la faculté de se transformer en loup-garou (surnommé Werewolf by Night) par les nuits de pleine lune. Le film, en plus de posséder une véritable signature visuelle (étant donné qu’il est filmé en noir et blanc), a la particularité d’être réalisé par le compositeur Michael Giacchino (lequel avait déjà composé la musique plusieurs films du MCU), tandis qu’il compose également la bande-originale de son film...

« Werewolf by Night », c’est surtout un coup de génie qui regarde dans le rétroviseur. Et dès le début, le ton est donné ! L’introduction multicolore présentant le logo « A Marvel Studios Special Presentation » laisse alors place au classique générique Marvel Studios, virant alors rapidement au noir et blanc, griffé de part et d’autre et traversé par des éclairs, tandis qu’on peut y entendre des cris vintage, alors que le thème musical s’avère ici plus symphonique, sombre et grave qu’à l’accoutumé. Puis, le sublime générique d’ouverture s’avère tout aussi travaillé et inspiré, lequel est illustré par une irrésistible typographie et des images énigmatiques, commentées par une voix off d’antan sur laquelle est posée en fond des violons stridents. Michael Giacchino cherche donc ici l’effet, et le trouve, et cela pour notre plus grand plaisir. L’ouverture de « Werewolf by Night » nous apprend alors que notre monde est peuplé de héros et de merveilles, mais également de ténèbres, là où demeurent les monstres, chassés depuis des siècles. La famille Bloodstone et son patriarche Ulysses possède alors une puissante relique magique, la Pierre de Sang, capable de contrôler toute menace surnaturelle. Mais alors que son propriétaire a rendu l’âme, son arme est désormais en quête d’un nouveau maître, tandis qu’Ulysses a eu le temps de préparer une chasse rituelle, à laquelle est aujourd’hui convié les meilleurs chasseurs du monde. Ces derniers vont devoir s’entretuer et affronter une créature dans un labyrinthe du pavillon de chasse d’Ulysses, afin de devenir le prochain détenteur de cette gemme, accrochée pour le coup au dos dudit montre. Malheur dès lors à celui qui se trouverait parmi ces chasseurs...

Et si Marvel parvenait à aboutir en un Monsterverse, alors qu’Universal, lui, a abandonné son Dark Universe à la suite des pauvres résultats financiers de « La Momie » (2017) avec Tom Cruise ? C’est en tout cas tout le mal qu’on lui souhaite, et ce premier projet est assez rassurant quant à cette question. Le film de Michael Giacchino est, en effet, une vitrine de l’horreur très référencée et très plaisante, assez efficace, bien que vite expédiée, étant donné son format. C’est un film qui brille avant tout pour sa cinématographique que pour son contenu narratif, lui qui s’avère très court, et ayant dès lors que peu de temps pour pouvoir développer ses personnages principaux, ce qui est assez frustrant. Mais on ose espérer les revoir très bientôt !

Il y est alors question du poids d’un lourd héritage familial, ou encore de la métaphore du monstre qui n’est pas forcément celui que l’on croît. Le réalisateur en profite également pour contextualiser la façon dont ceux-ci ont déjà existé au sein du MCU, malgré l’absence de mentions précédentes, un peu à l’image des Éternels dans le film (2021) de Chloé Zao. Mais « Werewolf by Night » est avant tout une lettre d’amour aux inspirations d’horreur de son metteur en scène, allant cependant au-delà du sang et des tripes (même s’il y en a). Il n’y a qu’à observer la manière dont il présente son loup-garou, réalisé à l’aide de maquillage plutôt que d’effets CGI grandiloquents, lui conférant ainsi un aspect humanisé. Mais ce choix a également un prix, dans le sens où jamais le film de Michael Giacchino n’impressionne, ni ne terrifie. À titre de comparaison, nous avons été beaucoup plus été émerveillé par les effets spéciaux du « Wolfman » (2010) de Joe Johnson que par la transformation en loup-garou ici tant attendue, et que ce film nous présente, mais filmée ici en hors-champ, qu’un jeu de lumière et d’ombres nous permet d’imaginer. Enfin, les décors ne s’équivalent pas tous ici, à l’image du labyrinthe de chasse, dans lequel on ne s’y retrouve pas. Finalement, c’est ici l’aspect anecdotique de l’entreprise qui laisse à désirer, dans le sens où « Werewolf by Night » n’apporte pas grand-chose (pour l’instant) au MCU, ni ne procure une énorme satisfaction, étant donné son format, empêchant à son scénario de peser dans la balance. Mais le cauchemar fantasmagorique en vaut largement la chandelle, au travers de la réussite que représente ce film dans l’univers si visuellement convenu de l’entreprise Marvel.



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