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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Duncan Jones
Warcraft : The Beginning (Warcraft : Le commencement)
Sortie le 1er juin 2016
Article mis en ligne le 31 mai 2016
dernière modification le 7 juin 2016

par Charles De Clercq
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Duncan Jones déçoit très largement dans cette adaptation d’un jeu vidéo.
Pas une histoire d’Orcs mais une ode aux fonds verts et CGI. Dommage. 24/100

Synopsis : Le pacifique royaume d’Azeroth est au bord de la guerre alors que sa civilisation doit faire face à une redoutable race d’envahisseurs : des guerriers Orcs fuyant leur monde moribond pour en coloniser un autre. Alors qu’un portail s’ouvre pour connecter les deux mondes, une armée fait face à la destruction et l’autre à l’extinction. De côtés opposés, deux héros vont s’affronter et décider du sort de leur famille, de leur peuple et de leur patrie.

Acteurs : Travis Fimmel, Dominic Cooper, Paula Patton, Ben Foster, Toby Kebbell, Clancy Brown, Ben Schnetzer, Ruth Negga.

Nous avions apprécié les deux premiers films de Duncan Jones (fils de David Bowie) et en particulier son premier Moon. Quelle ne fut pas notre déception de découvrir cette adaptation d’un célèbre jeu vidéo des années 1994. Reconnaissons que nous n’y avons jamais joué et que - à supposer que la cible soit les passionnés de ce jeu et il leur appartiendra de critiquer ou pas son passage au grand écran - nous avons donc vu le film d’un pur regard cinéphile, ce que nous nous estimions fondé à faire au vu de ses premières œuvres. C’est un gâchis total, monstrueux. On saura gré aux réalisateurs, scénaristes studios de ne pas avoir investi uniquement dans des acteurs connus. Cela leur évitera un gâchis pour leur carrière future et surtout de ne pas devoir affronter leurs pairs qui leur demanderont dans quelle daube ils ont accepté de tourner. En revanche on a investi dans les ordinateurs de calcul des effets spéciaux en 3D et surtout dans les fonds verts.

Nous avons ici un univers à la Willow (en moins bien) mixé avec un sous-saga Hobbit, un peu de Stargate et même de Bible avec une allusion à Moïse qui laisse entrevoir (hélas) au moins une suite !

Nous ne comprenions pas qu’un embargo soit imposé jusqu’au 30 mai à minuit alors même que le film sortait une semaine plus tôt chez nos voisins français. Quand l’embargo n’est pas lié à un festival ou l’autre, cela sent très mauvais et l’on peut craindre d’avoir affaire à un (très) mauvais film. Et cela se vérifie ici. Il n’y a pas grand-chose à garder de ce film aussi totalement dispensable qu’il est mauvais !

Nous rejoignons cette critique d’un internaute français pas soumis à l’embargo qui écrivait à la sortie du film la semaine dernière en donnant 2/10 : Je n’ai absolument pas adhéré à l’univers proposé (ou adapté, je ne connais pas du tout le jeu pour savoir ce que ça a de fidèle). Juste l’impression d’être devant une cinématique PlayStation de 2h, sans avoir le droit de prendre les commandes. C’est long et pourtant ça ne développe aucun background (sans aller jusqu’a celui du Seigneur des Anneaux, mais quand même un minimum pour se sentir impliquer dans ce qu’on regarde), et malgré le boulot surement titanesque des équipes des FX ça n’a aucune âme... du pixel pour du pixel. Et ce ne sont pas les combats (aussi ennuyeux que le reste) qui aideront à trouver sa dose de divertissement. Duncan, reviens aux films plus personnels stp (Moon).

Un autre est largement plus positif et donne 5/10 : Points forts : les Orcs, leur character design et leur rendu photo-réaliste bluffants. Points faibles : à peu près tout le reste. De l’heroïc-fantasy nouvelle génération, c’est-à-dire lisse, fake et impersonnelle, une véritable ode aux fonds verts. Dans la droite lignée de la trilogie du Hobbit. Qu’il semble loin, le temps où Peter Jackson s’embêtait à aller repérer des lieux de tournage réels à l’autre bout du monde pour les besoins de son film. Aujourd’hui, on a donc des films en plastique dénués de sang, de boue, de transpiration. Bref, de vie.

Nous avons interrogé un de nos amis fan d’héroic fantasy et de films de genre qui reconnaissait que le film était très mauvais. A la question de savoir pourquoi Jones s’était engagé dans cette aventure, il a répondu de façon très imagée : « On a placé ses c**illes dans un étau et on a serré bien fort jusqu’à de qu’il accepte de faire ce qu’on lui demandait ou imposait ! ». Pour triviale que soit l’expression elle est assez claire.

Pour ne pas être entièrement négatif, signalons que l’on trouve des critiques positives de fans français depuis la sortie le 25 mai dernier. Ainsi Cyril Maucort sur Au café des loisirs.

En revanche nos confrères du Soir (se) pose cette question « Quelle mouche a piqué Duncan Jones, fiston de David Bowie et surtout réalisateur de l’excellent Moon, quand il a dit « oui » à l’adaptation de ce phénomène du jeu vidéo ? En être soi-même fan ne suffit pas… »


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB

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