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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Stephen Frears
Victoria & Abdul (Confident royal)
Sortie le 18 octobre 2017
Article mis en ligne le 14 septembre 2017
dernière modification le 16 octobre 2017

par Charles De Clercq
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Un film historique, tendre, émouvant qui invite à réfléchir sur la place de l’« autre » ! 82/100

Synopsis : L’extraordinaire histoire vraie d’une amitié inattendue, à la fin du règne marquant de la Reine Victoria. Quand Abdul Karim, un jeune employé, voyage d’Inde pour participer au jubilé de la reine Victoria, il est surpris de se voir accorder les faveurs de la Reine en personne. Alors que la reine s’interroge sur les contraintes inhérentes à son long règne, les deux personnages vont former une improbable alliance, faisant preuve d’une grande loyauté mutuelle que la famille de la Reine ainsi que son entourage proche vont tout faire pour détruire. A mesure que l’amitié s’approfondit, la Reine retrouve sa joie et son humanité et réalise à travers un regard neuf que le monde est en profonde mutation.

Acteurs : Judi Dench, Eddie Izzard, Ali Fazal, Michael Gambon, Olivia Williams, Tim Pigott-Smith.

A septante-six ans, Stephen Frears offre un film qui, s’il ne va pas révolutionner l’histoire du cinéma, s’avère être un petit bijou, un bonbon au miel ou à la menthe selon les saveurs préférées. Un film en costumes, qui se déroule en Inde et ensuite et surtout en Angleterre. Il s’agit d’une adaptation probablement fort libre d’une histoire vraie, ainsi que le spécifie le générique du début, « d’après une histoire vraie... en partie », tandis que celui de fin, ancre, comme souvent, le personnage du film dans le réel, en l’inscrivant dans quelques dates. Fort libre et peut-être pas tant que cela tant la réalité dépasse la fiction. C’est que Frears raconte l’histoire de Mohammed Abdul Karim (portrait ci-contre), dont on découvrira l’histoire singulière et tout aussi passionnante que le film sur la page Wikipedia qui lui est consacrée. Nous conseillons de la lire après la vision du film tant il est préférable de découvrir l’intrigue au fil de son déroulement dont nous ne dirons rien ici au-delà de ce qui est déjà spécifié dans le synopsis qui en dit beaucoup, voire trop.

Mais peu importe, car ce qu’il faut relever, c’est non seulement le jeu extraordinaire de Judie Dench dans le rôle de la reine Victoria (1819-1801) qui donne corps à cette femme condamnée à être enfermée dans un (jeu de) rôle qu’on lui assigne. C’est que la Cour, ceux qui y paradent et y intriguent, mais également le « protocole » l’emprisonnent dans une fonction où les marges de manœuvre ne sont pas étroites parce qu’elles sont nulles (et non avenues !). Face à elle, celui qui deviendra son Munshi, interprété par un acteur indien excellent, Ali Fazal. Celui-ci, âgé de trente ans, — qui a été vu, notamment dans Fast and Furious 7 — est surtout un acteur typique et renommé de l’univers Bollywood ! Il excelle dans son rôle à susciter l’émotion, tant par sa beauté physique, son charme (et l’on comprend que la reine y cède, comme ’mère’ en quelque sorte, mais surtout « amie ») et son anglais, à la fois beau, surprenant, avec un léger accent qui donne l’impression de ne pas en avoir... L’on ne peut donc, comme la reine, qu’être charmé — bien sûr par l’acteur lui-même, mais — par « Abdul Karim » et le découvrir prenant pied et place dans la Cour qui ne peut que rejeter ce « corps étranger ». Parce qu’Abdul est de « basse extraction », serviteur, « coloré »... et musulman. Autant dire qu’il cumule toutes les tares pour les nobles, la Cour et la Maison royale dont le fils aîné de la reine qui trépigne d’impatience de monter sur le trône pour prendre la place de sa mère.

Le plaisir du film résidera en ceci : de voir les manigances pour faire tomber Abdul ou le discréditer aux yeux de la Reine, mais aussi l’interaction entre ces deux-là, le tout s’inscrivant dan un code de conduite protocolaire très strict prévoyant toutes les activités de la Cour et de la Reine, jusqu’à ce que l’on appelle... ses besoins ! Mais il faut y ajouter quelque chose de beaucoup plus profond : la haine que suscite l’autre étrange et étranger... celui qui vient casser les codes et renvoie, comme en miroir, les dysfonctionnements d’un système et ses apories. C’est le racisme, la haine qui sont ici conjugués sous le vernis et les oripeaux de la bienséance. Il y a là un message qui résonne aujourd’hui encore et l’on peut imaginer que c’est volontaire de la part du réalisateur. Ainsi quand la femme d’Abdul arrive à la cour, enfermée dans une burqa telle que l’on ne devine même pas ses yeux, la reine s’écrie : « comme elle est belle ». Pour ce... regard que la Reine porte (tout comme le réalisateur) sur un monde, une société, tendre et émouvant, certains (dont nous sommes) sortiront de la salle, le cœur emballé et les yeux proches des larmes. Un feel good movie... jusqu’aux cinq dernières minutes dont on vous laisse découvrir le dénouement à l’écran.

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