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Sean Anders et John Morris
Very Bad Dads (Daddy’s Home)
Sortie le 20 janvier 2016
Article mis en ligne le 8 janvier 2016
dernière modification le 7 août 2019

par Charles De Clercq

Synopsis : Un homme travaillant dans le monde de la radio est un beau-papa heureux. Mais un jour, le véritable père des enfants fait irruption dans sa vie, et il va devoir l’« affronter » pour gagner leur affection.

Acteurs : Mark Wahlberg, Linda Cardellini, Will Ferrell, Thomas Haden Church.

S’agissant d’une comédie américaine, nous pouvions nous attendre au pire : un humour graveleux et en dessous de la ceinture et surprise, ce ne fut pas le cas. Il y avait bien de l’humour, des sourires et surtout des rires francs tant les situations évoquées à l’écran étaient à la fois cocasses et tendres. On n’y va pas par quatre chemins, le film est largement dispensable, mais invite cependant à penser à ces situations familiales de plus en plus nombreuses, celles des familles dites « recomposées ». Il est de plus en plus fréquent de voir des familles où les enfants ont deux papas et deux mamans, en l’occurence : père et beau-père, mère et belle-mère !

Ici, le film joue sur les opposés. Un beau-père (Will Ferrel) doit se battre contre le père physique (Mark Wahlberg) de « ses » enfants. L’un est bien à l’aise, pantouflard, le ventre mou, très gentil. Oserait-on dire que c’est un « papa » gâteau ? En tout cas il aime ces enfants qui ne sont pas les siens, ceux de sa chair, comme un « papa ». Que faire lorsque le père physique s’annonce et s’incruste à la maison, qu’il fait tout un travail de séduction auprès de ses enfants, mais aussi de son ex-épouse ? Quand celui-ci montre ses abdominaux version six-pack [1] que peut faire notre bon (gros ?) nounours ?

A première vue, ce n’est donc que cela : jouer sur les contraires, sur les conquêtes et reconquêtes, à coup d’argent et/ou d’affection (d’amour peut-être). Avouons-le, sans voler très haut, c’est souvent amusant et nous prenons plaisir à la progression des (més)aventures des uns et des autres. Toutefois, le film est plus que cela et invite, derrière l’humour à penser (à défaut de réfléchir : ce n’est pas un cours de philosophie !) à ce qu’est la paternité. C’est somme toute le thème abordé sur son versant dramatique dans Tous les chats sont gris. Qu’est-ce qu’être père ? S’agit-il de paternité biologique ou d’une autre, affective et affectueuse, responsable et ouvrant un avenir ? Certes, idéalement les deux devraient aller ensemble... mais dans le monde d’aujourd’hui, elles vont de paire ! Comment cette paire de pères va-t-elle résoudre une impossible équation ? Comment vivre avec ses/ces enfants dans le respect et l’autonomie ? Quelle relation avec l’ancien conjoint ? Et que faire lorsque le beau garçon reçoit la monnaie de sa pièce ? Parce que n’est-il pas vrai qu’un beau gosse peut trouver plus beau que lui ?