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CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour RCF.

Les critiques de Julien Brnl
Venom
Réalisateur(s) : Ruben Fleischer
Article mis en ligne le 29 octobre 2018

par Julien Brnl
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Bien moins subversif que « Deadpool » et sa suite, mais tout de même rythmé, Venom est un pur produit de consommation brouillon, en manque flagrant de fluidité, d’originalité, d’imagination, et de saveur. Alors qu’Eddie Brock rencontre Cletus Kassady, alias « Carnage » (Woody Harrelson) dans l’une des scènes à mi-générique de fin, ce film n’est pas loin d’en être un à lui seul... 9/20

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 10 octobre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • fort du succès de « Spiderman : Homecoming » produit par Kevin Feige et Amy Pascal, Sony a passé un nouvel accord avec Marvel Studios afin de développer un univers cinématographique basé sur les ennemis jurés de l’Homme-Araignée, mais sans l’inclure, en commençant par « Venom », personnage aperçu dans le « Spider-Man 3 » de Sam Raimi, en attendant « Morbius, the Living Vampire » de Daniel Espinosa, avec Jared Leto dans le rôle principal.

Résumé : Possédé par un symbiote qui agit de manière autonome, le journaliste Eddie Brock devient le protecteur létal Venom.

La critique de Julien

Créé par Todd McFarlane et David Michelinie, « Venom » est étroitement lié au destin de « Spider-Man », puisqu’il en est l’un des plus puissants adversaires. Après être aperçu sous les traits de l’acteur Topher Grace dans le « Spider-Man 3 » de Sam Raimi sorti en 2007, l’anti-héros extraterrestre a droit aujourd’hui à son propre film, étant donné la mise en chantier d’un univers composé uniquement de vilains souhaitant la peau de l’Homme-Araignée, et rencontrés dans différents Marvel Comics. Sauf que, pour la petite histoire, Peter Parker faisant maintenant intégralement partie du Marvel Cinematic Universe, ce dernier ne pourra apparaître dans ce Spider-Verse, sous les contraintes du président de Marvel Studios Kevin Feige, refusant tout lien avec ce dernier. Un comble en soi étant donné la nature de ce personnage, et de ceux à venir, condamnés dès lors à ne jamais rencontrés leur ennemi tisseur de toiles. Ou quand l’argent dénature l’art...

Tom Hardy interprète ici Eddie Brock, un journaliste cherchant à dénoncer les méthodes interdites de recherches scientifiques d’un laboratoire dirigé par le puissant PDG Carlton Drake, qui utiliserait des humains comme cobaye pour ses expériences. Sauf qu’Eddie ignore qu’il étudie sur des organismes extraterrestres récupérés sur une météorite crachée dans la forêt malaisienne. Sauf que l’un d’eux s’est échappé, et manque donc à l’appel... Tandis que l’une des collaboratrices effarée du travail Carlton Drake permet à Brock de pénétrer dans le laboratoire, ce dernier se retrouve malgré lui infecté par l’un des symbiotes, nommé Venom, et qui va, petit à petit, prendre le contrôle de son corps et de son esprit.

« Venom » s’inscrit malheureusement dans la catégorie des blockbusters indigestes, et gâchés. Tout d’abord, le film contredit l’identité de son anti-héros. En effet, « Venom » change d’avis comme de chemise, ou plutôt de peau. Car venu pourtant sur Terre pour la coloniser, ce dernier se retrouve très vite à vouloir la sauver de ses condisciples, ayant trouvé en Eddie Brock une source d’espoir et de bonté humaine. Oui, c’est un peu naïf, et très peu crédible, va-t-on dire... De plus, étant donné que ces symbiotes ne peuvent s’accoupler qu’à de rares exceptions avec l’humain (excepté ici les personnages principaux), on se demande comment ils auraient pu envisager une invasion efficace... Mais bon, il fallait bien tâter le chemin, et faire en sorte que ce personnage rencontre à son tour un ennemi, et cela afin de poursuivre un univers cinématographique motivé par l’argent, et non pas sur la fidélité aux comics books...

Et puis, on ne peut que constater le piètre spectacle que nous offre ce film d’action abusant d’effets numériques jusqu’à l’écœurement. D’ailleurs, l’imposant, mais jamais impressionnant, Venom est entièrement créé en CGI. De plus, la classification « PG-13 » plutôt que « Rated-R » du film empêche l’apparition de toute goutte de sang, n’allant pas de paire avec le personnage principal, qui passe pourtant une bonne partie de son temps à manger les (têtes d’) humains pour se nourrir...

Ce n’est pas tout, puisque autour d’un scénario sans queue ni tête, les scènes d’action sonnent incohérentes. On ressent ainsi un énorme sentiment d’action pour de l’action. L’exemple le plus flagrant est cette course-poursuite dans les rues de San Francisco, où des drones sont jetés sur l’antagoniste dans l’unique but de créer des explosions totalement artificielles... Reste alors des scènes au ralenti, au travers desquelles Venom affronte Riot (l’autre symbiote qui s’était échappé en Malaisie), et qui sont quant à elles vraiment impressionnantes, mais noyées dans la noirceur de la nuit...

Enfin, l’un des gros soucis du film est sans aucun doute le manque approfondissement et de cohésion des personnages, agissant mécaniquement dans le sens de l’écriture, c’est-à-dire comme des imbéciles sans noms... Bref, un film qui semble véritablement avoir été écrit avec des pieds !


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