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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Ivan Calbérac
Venise n’est pas en Italie
Sortie le 29 mai 2019
Article mis en ligne le 11 juin 2019
dernière modification le 18 juin 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • adaptation par Ivan Calbérac lui-même de son roman éponyme sorti en 2015 chez Flammarion, lequel a ensuite donné lieu à une pièce de théâtre ;
  • le titre de ce film reprend celui d’une chanson interprétée par Serge Reggiani et écrite par Claude Lemesle en 1977.

Résumé : La famille Chamodot est fantasque et inclassable. Bernard, le père, un peu doux-dingue, fait vivre tout le monde dans une caravane, et la mère, Annie teint les cheveux de son fils Émile en blond, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça !!! Quand Pauline, la fille du lycée dont Émile est amoureux, l’invite à Venise pour les vacances, l’adolescent est fou de joie. Seul problème, et de taille, les parents décident de l’accompagner avec leur caravane, pour un voyage aussi rocambolesque qu’initiatique.

La critique de Julien

Après avoir porté à l’écran sa pièce à succès « L’Étudiante et Monsieur Henri » (2015) avec Claude Brasseur et Noémie Schmidt, le cinéaste et romancier Ivan Calbérac adapte cette fois-ci son roman « Venise n’Est pas en Italie », en embarquant le spectateur au travers du road-trip vénitien de la famille Chamodot, un peu spéciale sur les bords. C’est en tout comme ça qu’Emile la voit, alors qu’ils vivent notamment en caravane, tandis que sa maman lui teint les cheveux en blond pour le rendre soi-disant plus beau... Mais alors qu’il est tombé sous le charme d’une jeune lycéenne, et que l’été pointe le bout de son nez, cette dernière l’invite à venir l’applaudir à Venise pour le concert de son groupe orchestral, dans lequel elle joue de la harpe. Sauf que ses parents (ainsi que son frère aîné) s’inviteront au voyage, dans le plus grand désespoir d’Emile...

Alors que le livre centre sa narration autour du dialogue intérieur d’un jeune adolescent, cette adaptation rééquilibre l’importance des autres personnages pour finalement parler, dans les grandes lignes, d’une famille inclassable, bien qu’Emile demeure ici le pivot de l’histoire. Feel-good movie initiatique, « Venise n’est Pas l’Italie » est tout d’abord l’occasion de découvrir un duo de parents pas comme les autres, formé par Benoît Poelvoorde et Valérie Bonneton, lesquels se retrouvent après s’être donné la réplique dans le film d’Yvan Attal « Ils sont Partout » (2016). Très maladroits, un peu dingues et bohèmes, mais terriblement touchants, ils en feront voir de toutes les couleurs à leur fils cadet, lequel, en pleine quête identitaire, et frappé par la malédiction du premier amour, tandis qu’il lui est difficile d’assumer que sa famille est un petit peu bohème sur les bords, et dès lors de l’annoncer à sa tendre aimée, et d’autant plus qu’elle est issue d’une riche famille dont le père est un artiste...

Rocambolesque, ce voyage est celui d’une jeunesse qui ne se sent pas entendue telle qu’elle le souhaiterait, évoluant dans l’incompréhension de l’adulte aussi fantasque et imprévisible qu’aimant, et livrée à ses propres angoisses intrinsèques, telles que l’image ou la confiance en soi. Dans la peau d’Emile, on découvre pour la première fois le jeune acteur Helie Thonnat, faisant preuve d’une belle délicatesse et intelligence de jeu, mais également d’un regard troublant et d’une présence sensiblement candide. Le novice parvient ainsi à exister face au jeu des deux mastodontes que son Poelvoorde et Bonneton. Le premier est relativement décalé (surtout lorsqu’il parle à son fils de la nage qu’il a inventé), bien qu’il appuie parfois un peu trop sur son jeu, tandis que la seconde peine à se faire entendre face à lui. Mais dans l’ensemble, le duo s’en sort sans trop en faire des tonnes, et c’est plutôt là une belle réjouissance.

Là où le film d’Ivan Calbérac réussit à prendre des sentiers différents des films du genre, c’est peut-être dans son choix d’écriture de ne pas offrir à son jeune héros le dû recherché avec facilités, mais plutôt les clefs pour le trouver. Ainsi, le happy-end n’est pas celui qu’on attendait, même si n’est ici que déguisé. D’ailleurs, l’un des sous-propos du film, qui est bien celui de la rencontre entre deux classes sociales que tout sépare, et de la représentation des gens d’en bas par l’élite économique et culturelle (représentée par la famille de la petit copine f’Emile), confrontera le personnage principal à une série d’épreuves qui le feront grandir plus rapidement, pour atteindre ses objectifs.
Avec ses airs indiscutables de « Little Miss Sunshine » (2006) de Jonathan Dayton et Valerie Faris, « Venise n’Est pas l’Italie » est un petit moment (de cinéma) ensoleillé, mais sans grande envergure.



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