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William Eubank
Underwater
Sortie du film le 05 mai 2020 en VoD sur VOOmotion, Itunes Belgique...
Article mis en ligne le 9 mai 2020

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • troisième long-métrage du réalisateur, scénariste et directeur de la photographie américain William Eubank, après « Space Time : l’Ultime Odyssée » (2012) et « The Signal » (2015).

Résumé : Dans la fosse des Mariannes, endroit le plus profond de la croûte terrestre, la société Tian Industries emploie de nombreuses personnes dans des stations sous-marines. Après ce qui semble être un séisme, la station Kepler 822 est quasiment désintégrée. Norah Price, qui a donné l’alerte, est parvenue à se réfugier dans une zone protégée. Seules quelques personnes ont survécu : l’expérimenté capitaine W. Lucien, le déjanté Paul Abel, l’étudiante en biologie marine Emily Haversham, son petit-ami ingénieur forage Liam Smith ainsi que le responsable système Rodrigo Nagenda. Piégés à plus de 10 000 mètres de profondeur, ils vont devoir survivre et tout tenter pour remonter à la surface. En plus de l’eau, ils vont affronter de mystérieuses créatures.

La critique de Julien

Trois années se sont écoulées entre le tournage de ce thriller horrifique (au printemps 2017) et sa sortie, elle qui a été fortement retardée à la suite du rachat de la Fox par Disney. Sorti chez nos voisins français au cinéma en début d’année, « Underwater » débarque enfin chez nous, mais directement en VoD. Direction ainsi les abysses, où Kepler 822, une installation de recherche et de forage exploitée par Tian Industries, et située dans la fosse des Mariannes, se voit frappée par un gigantesque tremblement de terre. Résultat ? Un groupe de scientifique, emmené par Norah Price (Kristen Stewart), se verra confronter, dans leur tentative de remonter à la surface, à des créatures inconnues sorties tout droit des entrailles de la Terre...

Claustrophobie et méchantes bébêtes aux dents acérées sont donc au menu de ce film fortement inspiré par « Alien, le Huitième Passager » (1979) de Ridley Scott, et sa suite, « Alien, le Retour » (1986), réalisée par James Cameron. Et pas de chance pour ces hommes et femmes, puisque, les nacelles d’évacuation les plus proches ayant déjà été utilisées, il leur faudra parcourir un kilomètre à pied à travers le fond de l’océan jusqu’à une autre installation, mais cette fois-ci abandonnée, dans l’espoir de trouver d’autres nacelles. Mais c’est sans compter sur la présence d’un monstre aux allures de la monstrueuse identité Cthulhu (et ses sbires), inventée par l’écrivain américain Howard Phillips Lovecraft, dans sa nouvelle « L’Appel de Cthulhu », publiée dans le pulp magazine Weird Tales, en 1928.

Utilisant notamment l’effet « dry-for-wet », la production n’a évidemment pas tourné des scènes censées se passer dans l’eau, sous l’eau, mais bien dans des environnements « secs ». Aidée par des effets d’éclairages spécifiques ayant permis de susciter l’illusion d’un environnement aquatique à grande échelle, le plateau de tournage a été plongé dans un épais brouillard d’en accentuer l’effet, sans oublier des effets visuels dernier cri ajoutés en post-production, donnant ainsi l’impression que tout a été tourné sous l’eau. Techniquement, « Underwater » met donc à profit son budget de production pour nous immerger dans cette mission survie, entourée de monstres tentaculaires. Et visuellement, on ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir essayé de recréer un monde baigné dans l’obscurité, où l’ennemi peut surgir de n’importe où. Et autant dire que l’exercice est ici plus que réussi, bien que, par opposition à l’efficacité de l’environnement reconstitué, la luminosité ne permet pas d’y voir grand-chose. Fort heureusement, on en aura pour notre argent, étant donné que les créatures en question ont ici de nombreuses occasions de se montrer, face caméra, quant à elle nerveuse et embarquée (on est souvent plongés dans le casque des combinaisons des personnages).

« Underwater » se vit alors à cent à l’heure, en temps réel, dans l’hystérie globale, le temps donc que l’équipage trouve comment se sortir d’affaire. Et c’est sans doute ici que le bât blesse, étant donné tout d’abord des personnages stéréotypes, voire inexploités, et surtout un scénario très maigre, sans aucune ambition narrative, et au dilemme final déjà vu des dizaines de fois. Et ce ne sont pas ses quelques allusions écolos ou féministes qui vont le sauver de la noyade. Reste alors un plaisir coupable certain pour les amateurs du genre, porté par une Kristen Stewart au crâne rasé très appliquée, et rarement vue aussi convaincante.

Non loin sans rappeler « Abyss » (1989) de James Cameron ou encore le récent « Life : Origine Inconnue » (2017) de Daniel Espinosa, « Underwater » se regarde alors comme une série B efficace, énervée, anxiogène, et aux effets visuels déployés, bien que n’affichant pas toujours une bonne lisibilité d’image. William Eubank propose en tout cas une plongée suffisamment angoissante et monstrueuse en territoire hostile pour permettre de la savourer par ce qu’elle a à nous proposer, sans aucune autre prétention que celle de divertir, par défaut.

https://www.youtube.com/embed/2lC48YjzqEc
UNDERWATER | Bande-annonce [officielle] VOST HD | 2019 - YouTube