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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Christian Duguay
Un sac de billes
Sortie le 25 janvier 2017
Article mis en ligne le 24 décembre 2016

par Charles De Clercq
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A recommander pour le travail de mémoire et pour le jeu exceptionnel des deux jeunes acteurs.
Un beau film, adaptation d’une histoire vraie qui n’évite pas le sentimentalisme. 71/100

Synopsis : Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes font preuve d’une incroyable dose de malice, de courage et d’ingéniosité pour échapper à l’invasion ennemie et tenter de réunir leur famille à nouveau. (L’llustration ci-contre provient de la bande-dessinée. Source)

Acteurs : Dorian Le Clech, Batyste Fleurial, Christian Clavier, Kev Adams, Batyste Fleurial, Elsa Zylberstein, Patrick Bruel, Bernard Campan.

Au vu de l’affiche, réunir Kev Adams et Christian Clavier pouvait faire craindre le pire, une mauvaise comédie typiquement française. Quoique française est de trop puisque le réalisateur est canadien ! Pondérons cependant ! Si Christian Duguay, c’est Jappeloup, c’est aussi Belle et Sébastien, l’aventure continue ! Que pouvait-il en être de cette adaptation du célèbre roman de Joseph Joffo (ci-contre) ? Jacques Doillon s’y était déjà attaché en 1975. Il s’agissait de son premier vrai film « commercial », après le très expérimental L’an 01 (1973) et le « politique » Les enfants terribles (1974). Cela pouvait paraître risqué, voire inutile, soit, mais plusieurs confrères nous ont incité à le voir. Et on n’a pas regretté !

A l’arrivée, le film n’est pas sans défauts (on y reviendra) mais mérite d’être vu, y compris en famille. Il ne s’agit donc pas d’un remake du film de Doillon (ci-contre) mais d’une nouvelle adaptation du roman (qui comprend quelques erreurs factuelles de dates, de lieu et d’événements. Elles sont mineures et ne relèvent que de la gestion de la mémoire d’événements vécus par un enfant de dix ans et racontés trente ans plus tard). L’histoire se situe entre 1941 et 1945 et est assez fidèle au roman dont on trouvera ici le résumé (que l’on déconseille de lire aux spectateurs qui préfèrent ne rien savoir du déroulement de l’histoire puisque cette fiche Wikipedia est un véritable spoiler). Ceux-là se contenteront du minimum qu’en dit le synopsis. Ceux qui ont vu le film de Doillon en 1975 (ou plus tard) s’attacheront au jeu des ressemblances et des différences. Sachez qu’en gros, le déroulement est quasiment identique et que l’on retrouve la plupart des scènes du roman dans l’un et l’autre film (pour mémoire, le roman a également été adapté en bande dessinée). Ici, Christian Dugay adapte un roman qu’il n’avait pas lu et nous ne savons pas s’il a eu l’occasion de visionner le film de Doillon. En revanche, il a rencontré le « vrai » Joseph Joffo, l’auteur du roman, le véritable protagoniste de l’histoire avec son frère (tous deux apparaissent dans les dernières images du film de Duguay).

Si la reconstitution des lieux, de l’ambiance est (ou semble) excellente, le jeu des acteurs est sensationnel, y compris ceux que l’on craignait (et qui ont ici une participation amicale, et une autre exceptionnelle) Kev Adams et Christian Clavier, ce sont surtout les deux jeunes protagonistes du récit, Dorian Le Clech et Batyste Fleurial qui sont « bluffant » de naturel et de réalisme. Ce sont deux perles véritables que le casting a permis de découvrir. On peut leur souhaiter de faire carrière dans le cinéma, ce qui ne fut pas le cas de leurs jeunes prédécesseurs en 1975 ! Ainsi Richard Constantini, dans le rôle de Joseph, son premier film ne participa qu’à quatre autres, le dernier en 1979. Maurice était interprété par Paul-Eric Shulmann, qui tourna encore dans deux films en 1978 et 1979.

Il y a bien quelques reproches à faire au film qui ne doivent pas dispenser d’aller le voir, ne serait-ce que pour faire un travail de mémoire et découvrir, notamment, le racisme ambiant, latent et exprimé, mais aussi la contre-violence qui fait suite à la guerre, en s’inversant. Ainsi, la musique est parfois de trop, soulignant à l’excès certaines scènes qui en deviennent parfois tire-larmes. Le film tire donc parfois trop sur la corde des sentiments, jouant des violons pour mieux prendre le spectateur sur la vague. Il y a aussi Françoise, dont l’âge apparent (voire réel) est trop grand par rapport à celui du jeune Joseph (le cadet). Et il paraît difficile de croire à cette prude aventure amoureuse au vu des âges respectifs apparents des héros. En, justement, autre question d’âge. Faire jouer des enfants censés passer de 10 ans à 14 ans pour le cadet et de 12/13 à 16/17 ans pour son frère plus âgé en gardant les mêmes acteurs nuit un peu à la vraisemblance (pas la véracité) du scénario (qui a vu « pousser » des gamins de 10 à 14 ou de 12 à 16 aura compris de suite). On n’en tiendra cependant pas rigueur au vu du jeu des interprètes que nous avons déjà mis en exergue.

Pour poursuivre la réflexion en milieu scolaire, les enseignants trouveront ici un dossier pédagogique au format PDF.

Diaporama

Bande-annonce :


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB

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