Bandeau
CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Pierre Schoeller
Un peuple et son roi
Sortie le 26 septembre 2018
Article mis en ligne le 2 septembre 2018
dernière modification le 4 octobre 2018

par Charles De Clercq
logo imprimer

(Re)construction - avec des acteurs de talent - d’une Révolution en trente-six tableaux ! Ils auraient pu se décliner et se déployer en série mais méritent très largement le grand écran ! 70/100

Synopsis : En 1789, un peuple est entré en révolution. Écoutons-le. Il a des choses à nous dire. Un peuple et son roi croise les destins d’hommes et de femmes du peuple, et de figures historiques. Leur lieu de rencontre est la toute jeune Assemblée nationale. Au cœur de l’histoire, il y a le sort du Roi et le surgissement de la République…

Acteurs : Adèle Haenel, Olivier Gourmet, Louis Garrel, Gaspard Ulliel, Niels Schneider, Laurent Lafitte, Izïa Higelin, Céline Sallette, Denis Lavant, Noémie Lvovsky.

Que voilà un film de toute beauté, en costumes, proposé par Pierre Schoeller qui avait réalisé L’exercice de l’Etat en 2011, un film « politique ». Un peuple et son roi est tout aussi politique, voire plus, mais il s’inscrit dans l’Histoire, du 9 avril 1789 (jeudi saint) au 21 janvier 1793 (exécution de Louis XVI sur la place de la Révolution).

« En 1789, un peuple est entré en révolution. Écoutons-le. Il a des choses à nous dire. UN PEUPLE ET SON ROI croise les destins de femmes et d’hommes du peuple, et de figures historiques. Leur lieu de rencontre est la toute jeune Assemblée nationale. Au cœur de l’histoire, il y a le sort du Roi et le surgissement de la République. La liberté a une histoire. » Tel est le propos de ce film que nous résumons comme ceci : « (Re)construction d’une Révolution en trente-six tableaux ! ».

C’est qu’il s’agit bien de l’Histoire d’une révolution, celle-là même qui peut s’augurer d’une majuscule pour exprimer sa singularité, son importance. Il s’agit en tout cas d’un mouvement (ou des premières années d’un mouvement) qui avait prétention d’ouvrir à l’universalité. Cette révolution se construit et nous assistons à sa naissance, son développement avec ses grandeurs et ses horreurs. Mais nous écrivions aussi (Re)construction. C’est que le réalisateur REconstruit un récit, une histoire ancienne, mais, ce faisant, il n’est pas indemne de celle d’aujourd’hui, contemporaine, et que consciemment ou pas il fait passer un « message ». RE-construction car l’histoire qui nous est contée, sur le mode « il était une foi(s) » (soit donc une foi en l’humanité et en l’égalité de tous ; et une fois, dans le temps, jadis, un hier qui devrait encore parler aujourd’hui !) va mêler le « vrai », avec des événements fictifs (en particulier des événements ou plutôt des histoires ou le quotidien de gens qui sont dans le peuple, pauvres, artisans, etc. Mais qui dit fictif ne veut pas dire faux. Un peu à la manière des évangiles, ce n’est pas parce que tout n’est pas la « réalité » qu’il ne s’agit pas de la « vérité » pour ceux qui y adhèrent.

Trente-six tableaux parce que ce n’est pas tant une histoire continue qui nous est montrée mais des scènes qui par touches successives vont faire découvrir de multiples tableaux d’une réalité en devenir. Depuis le 9 avril 1789 (Jeudi saint) avec cérémonie du lavement de pieds à Versailles par Louis XVI jusqu’à la décollation de celui-ci le 21 janvier 1793. En passant par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen le 26 août 1789 ; la Marche des femmes sur Versailles
et la signature par Louis XVI des décrets d’abolition des privilèges et la Déclaration des droits de l’homme 5 et 6/10/1789) ; la création du Club des Cordeliers le 27 avril 1790 ; la plantation du premier arbre de la liberté en juin 1790 par le curé « progressiste » Norbert Pressac ; le discours de Barnave sur la fin de la Révolution le 15 juillet 1791 ; l’interpellation des députés par varlet le 6 août 1792 ; le discours de Saint-Just sur le procès du Roi le 13 novembre 1792 ou encore celui de Robespierre le 3 décembre 1792...

Trente-six tableaux ou scènes, cela fait beaucoup pour un film de deux heures. A lire le dossier presse, il fut un temps question de réaliser un film en deux parties. Nous nous sommes dit qu’une telle histoire aurait gagné à être présentée sous forme de série... avec la perte pour beaucoup de l’apport spectaculaire qu’apporte le grand écran. Trente-six, cela fait quelques minutes en moyenne par tableau. Et nous avons donc ... un tableau... final qui donne des instantanés d’une partie de l’Histoire de France au prix de très nombreuses solutions de continuité.

Tableaux, parce que ce sont des scènes de toute beauté qui nous sont données à voir : les décors (même si certains ont dû bénéficier de fonds verts), les costumes, la centaine d’acteurs et autant de figurants (qui furent multipliés numériquement pour certains plans). Et ajoutons une part d’irréel : la dentition parfaite, la peau des acteurs, les ongles bien taillés et propres (majoritairement : seul le verrier et l’un ou l’autre ont les ongles noirs) donnent un côté surréaliste et même théâtral qui donc, paradoxalement, sonne faux comme si ce beau monde sortait de la manucure et d’un salon de coiffure (d’autant que dans une des scènes l’on voit une femme se nettoyer la chevelure avec de la cendre...).

Le très gros atout du film est en même temps sa faille. Il s’agit des très nombreux acteurs connus et de talents. Ainsi : Gaspard Ulliel (Basile) ; Adèle Haenel (Françoise) ; Olivier Gourmet (l’oncle) ; Louis Garrel (Robespierre) ; Izïa Higelin (Margot) ; Noémie Lvovsky (Solange) ; Céline Sallette (Reine Audu) ; Denis Lavant (Marat) ; Johan Libéreau (Tonin) ; Andrzej (Chyra Lazowski) ; Julia Artamonov (Pauline Léon) ; Laurent Lafitte (Louis XVI) ; Stéphane De Groodt (Le curé Norbert Pressac) ; Niels Schneider (Saint-Just) ; Louis-Do de Lencquesaing (Louis XIV) ; Patrick Préjean (Henri IV) ; Serge Merlin (Louis XI)... apportent leur concours. Ils sont fabuleux... mais du fait même de leur grand nombre, il faut que chacun aie un scène qui le mette en avant. Sans aller jusqu’à écrire que les acteurs en sont réduits à faire des caméos (il en est quelques-uns, comme Stéphane De Groodt) ils donnent l’impression d’avoir chacun ou chacune à son « morceau de bravoure »...

Ce sont ces éléments qui nous font donner une cotation moyenne au film qui devrait parler beaucoup aux Français. Il semble important qu’il soit vu par les étudiants. A ce titre nous joignons à cette critique le dossier pédagogique du film qui permettra aux jeunes et aux ainés d’en savoir plus sur le film et le décrypter.

Diaporama

 <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='333' />  <br width='500' height='334' />

Copyright Jérôme Prébois / Archipel 35

Bande annonce :


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


Mots-clés associés

Au hasard...

0 | 10 | 20 | 30

Lumière ! (Lumière : l’aventure commence)
le 9 octobre 2017
Macondo (Le petit homme)
le 1er avril 2015
Telle mère, telle fille
le 7 mars 2017
Kong Skull Island
le 6 mars 2017
Les enfants du Hasard
le 9 mars 2017
Forushande (The Salesman / Le client)
le 15 octobre 2016
Tarnation
le 1er septembre 2014
Demain
le 25 novembre 2015
Suite française
le 7 février 2015
The Greatest Showman
le 23 décembre 2017
RSS

2014-2018 © CINECURE - Tous droits réservés
Haut de page
Réalisé sous SPIP
Habillage ESCAL 4.1.15