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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Catherine Corsini
Un amour impossible
Sortie le 7 novembre 2018
Article mis en ligne le 27 septembre 2018
dernière modification le 30 septembre 2018

par Charles De Clercq
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Un désastre insupportablement long. Un film en forme de règlement de compte.
Une histoire vraie, autobiographie qui en arrive à devenir invraisemblable ! 23/100

Synopsis : À la fin des années 50 à Châteauroux, Rachel, modeste employée de bureau, rencontre Philippe, brillant jeune homme issu d’une famille bourgeoise. De cette liaison passionnelle mais brève naîtra une petite fille, Chantal. Philippe refuse de se marier en dehors de sa classe sociale. Rachel devra élever sa fille seule. Peu importe, pour elle Chantal est son grand bonheur, c’est pourquoi elle se bat pour qu’à défaut de l’élever, Philippe lui donne son nom. Une bataille de plus de dix ans qui finira par briser sa vie et celle de sa fille.

Acteurs : Virginie Efira, Niels Schneider, Coralie Russier, Jehnny Beth, Estelle Lescure

A la sortie de la vision presse quelques confrères eurent ces mots : « ce film dure deux heures vingt de trop ». Or, il ne s’agit pas de La condition de l’homme de Masaki Kobayash (1959-1961) de 9 heures environ ou de Out 1 : Noli me tangere de Jacques Rivette (1971), d’une durée de 12h30 mais du dernier film de la réalisatrice Catherine Corsini, d’une durée de... 2h20. C’est dire que c’était le mot de la fin pour une réalisatrice dont nous allions voir le film avec un a priori très positif.

Alors lorsque l’on voit que scénario est Christine Angot et que l’envie de quitter la salle dès le début se fait pressante, l’on reste par sens du devoir et surtout parce qu’il s’agit de Madame Corsini ! Nous étant rendu à la vision presse sans le moindre a priori, sans lire aucun dossier préalable (et à peine le synopsis) nous dûmes largement déchanter. Comme exprimer notre sentiment, s’agissant d’un film qui repose sur trois femmes, puisque outre la réalisation, le scénario est dû à deux femmes, outre la romancière, Laurette Polmanss. Très vite, le film était plombé et plombant par le fait d’une insupportable voix off, très et trop littéraire, comme si l’on faisait la lecture publique d’un roman censé nous donner une clé de lecture. Celle-ci viendra d’ailleurs à la fin du film lorsque l’analyse en termes de prise de pouvoir et de domination dans un cadre d’opposition de milieux culturels, intellectuels, économiques et sociaux (pour ne pas parler ici de lutte des classes), à tel point qu’il s’est trouvé un confrère (que nous apprécions) pour y voir une des si pas LA clé du film !

A l’heure du #MeToo, difficile de critiquer un film qui repose sur trois femmes, d’autant plus qu’il s’agit d’un récit (auto)biographique, celui de romancière Christine Angot, controversée s’il en est. Celui-ci reprend son histoire familiale, une quête d’identité, un rapport ambigu au père qui se révélera abuseur de sa fille (inceste pédophile donc).

Outre la voix off, le gros problème est la crédibilité des personnages au vu de l’âge des acteurs qui les interprètent ! Ainsi Virginie Efira, la quarantaine, est beaucoup trop âgée pour représenter Rachel Schwartz à l’âge de 25 ans et si Niels Schneider (30 ans) est crédible dans le rôle de Pierre jeune, en revanche, cela ne passe pas quand il est (plus) âgé. En revanche, ce sont quatre actrices qui joueront le rôle de Chantal (bizarre que l’on n’ai pas gardé le prénom Christine !) qui là apparait crédible (et pour cause puisqu’on la découvre de puis sa plus tendre enfance (enfin, tendre, c’est façon de parler).

Le récit est donc, ou serait tiré du réel et l’on ne pourrait donc avoir que de l’empathie et/ou de la compassion pour celle qui l’a vécu. Hélas, non, nulle compassion. C’est que le film donne l’impression d’un règlement de comptes dont personne ne sort ni ne sortira indemne. Là où l’écrivaine aurait dû rendre compte, elle cède à un travers dommageable : « régler ses comptes ». Que cela soit conscient ou pas, peu importe. L’on sort de la salle avec une impression nauséeuse pour l’histoire racontée et un sentiment de vacuité (voire de vanité) pour le film insupportable et désastreux. L’on se demande finalement ce que l’excellent Niels Schneider est allé faire dans ce film ! Là-dessus, nous allons cesser de tirer sur l’ambulance !

Diaporama

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Copyright Stéphanie Branchu - Chaz Productions


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