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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Thierry Klifa
Tout nous sépare
Sortie le 8 novembre 2017
Article mis en ligne le 28 septembre 2017
dernière modification le 4 octobre 2017

par Charles De Clercq
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Un film « noir » qui en a un peu la couleur mais pas la saveur.
Hélas, Nicolas Duvauchelle manque cruellement de présence physique à l’écran (*) ! 42/100

Synopsis : Une maison bourgeoise au milieu de nulle part. Une cité à Sète. Une mère et sa fille. Deux amis d’enfance. Une disparition. Un chantage. La confrontation de deux mondes.

Acteurs : Catherine Deneuve, Diane Kruger, Nicolas Duvauchelle, Ken Samaras.

(*) Difficile d’en dire plus sans ’spoiler’ !

Six ans après Les yeux de sa mère, Thierry Klifa propose à Catherine Deneuve de tourner avec lui (Elle était déjà son héroïne dans Le héros de la famille en 2006. Il fait aussi tourner à nouveau Nicolas Duvauchelle. Il fait appel à Cédric Anger (La prochaine fois je viserai le cœur) pour signer avec lui le scénario plutôt que l’habituel Christopher Thompson. Le réalisateur souhaitait écrire un film noir pour Catherine Deneuve avec qui il partage une passion pour les films noirs américains des années 50. Le pari n’est pas totalement gagné. Nous n’irons pas aussi loin qu’un confrère célèbre de la presse écrite qui nous disait avoir vu le pire film de l’année. C’est qu’il y a eu bien plus mauvais, hélas, et que Tout nous sépare ne mérite pas l’indignité. Nous apprécions l’actrice Catherine Deneuve. Hélas, tout comme pour Bonne pomme, nous trouvons que son jeu manque de crédibilité. Elle apparaît dès le premier plan et sera présente au dernier. Entre les deux, il y a quelque chose qui sonne faux. Est-ce d’avoir demandé à Ken Samaras, plus connu sous son nom de scène, Nekfeu, de jouer un des rôles principaux ? L’on sait que certains réalisateurs aiment faire appel à des rappeurs connus (et Nekfeu l’est, tant pour ses engagements que certaines polémiques qu’il a suscitées) pour jouer dans leurs films. Tout comme pour ceux qui font appel à des youtubeurs ou des humoristes, on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit d’amener dans les cinémas leurs publics, celui des salles ou celui qui clique sur YouTube.

Tout comme dans Les yeux de sa mère la famille est un des thèmes du film, ou celui du secret familial (là, l’homosexualité de Mathieu Roussel, révélée comme un cheveu dans la soupe ; ici la blessure de Julia à la jambe... et pour laquelle, le réalisateur ne donne volontairement aucune explication). Mais le réalisateur va proposer autre chose, un film noir comme déjà signalé. Et, là, on peut donner sa main à couper que le film comme fort, sur des chapeaux de roues. Des potes, petites frappes de banlieue, vont se retrouver dans une de ces nombreuses barres anonymes et qui se ressemblent toutes pour un « règlement de comptes » (nous jouons ici sur les mots) qui ne se fera pas à l’amiable. Parmi eux, il y a Ben (le rappeur Nekfeu déjà cité) et aussi Nicolas Duvauchelle dans le rôle de Rodolphe. On regrettera cependant que l’acteur manque cruellement de présence physique à l’écran. D’autant que celui-ci est l’intime de Julia (Diane Kruger), fille de Louise (Catherine Deneuve), riche veuve directrice d(’entreprise, qui paierait bien Rodolphe le prix d’un abandon de sa fille, disons trente mille euros ! Et puis le film se perd dans l’invraisemblance, dans le feu de l’action, au risque de se noyer dans une histoire qui aurait gagné à prendre une autre tournure. Certes on suivra les protagonistes ou la majorité d’entre eux jusqu’à l’épilogue qui permettra d’écrire les mots d’une amitié qu’il fallait défendre... mais nous nous sommes dit, à un moment du film, que tout aurait pu basculer vers un film de genre au second degré assumé. Ainsi, dans une scène, sur le toit d’un immeuble, l’on s’attend à voir un des protagonistes pousser l’autre pour lui faire faire le grand plongeon... Tout semble indiquer cette piste... et bon sang, qu’il aurait été bon de choisir celle-ci qui aurait conduit à un vrai film de genre... genre Kill Bill, vous voyez !? Enfin ce n’est pas Tarantino non plus. Nous aurions eu un film avec une mère fatale... mais plus de rappeur... Il y a donc des héros que l’on ne peut pas faire mourir à l’écran. Et là, on se souviendra (peut-être) d’une parole du père de Mathieu dans Les yeux de sa mère : « Il ne faut pas mourir avec les morts ». C’est que le film se meurt probablement avec une disparition à l’écran. A propos de Les yeux de sa mère, le réalisateur a confié que dans un mélodrame la limite serait celle du ridicule. Pourquoi l’avoir franchie pour ce film noir ?

Diaporama

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Bande-annonce :


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