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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Rémi Chayé
Tout en haut du monde
Sortie le 10 février 2016
Article mis en ligne le 23 janvier 2016
dernière modification le 16 février 2016

par Charles De Clercq
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Une belle histoire, des aplats de toute beauté.
A conseiller à tous grands et petits malgré un sérieux anachronisme ! 81/100

Synopsis : 1882, Saint-Pétersbourg. Sacha, jeune fille de l’aristocratie russe, a toujours été fascinée par la vie d’aventure de son grand-père, Oloukine. Explorateur renommé, concepteur d’un magnifique navire, le Davaï, il n’est jamais revenu de sa dernière expédition à la conquête du Pôle Nord. Sacha décide de partir vers le Grand Nord, sur la piste de son grand-père pour retrouver le fameux navire.

Les premières images du film n’ont pas attiré outre mesure notre attention parce que nous y voyions et pensions découvrir un banal film d’animation. Très vite cependant nous avons été conquis et subjugués par ce très beau premier long métrage de Rémi Chayé. Il a débuté comme assistant-réalisateur sur l’excellent Brendan et le secret de Kells ce qui lui a donné une expérience artistique et professionnelle qu’il met en œuvre ici au service d’un très beau récit, grâce à une technique de dessin sans contours et sans papier ! Tout s’est en effet réalisé uniquement par informatique avec des logiciels adaptés. Aucun papier et donc aucune forêt n’a été détruite pour les dessins. Pour ceux-ci, aucun contour ! Autrement dit que Chayé innove ici en nous proposant de pur aplats de couleurs. Celles-ci sont d’ailleurs dans des tons pastels qui conviennnet à ravir pour narrer cette histoire d’une petite aristocrate russe en quête de son grand-père et de son navire. Celui-ci est d’ailleurs le seul à être en dessins à trois dimensions et non pas en aplats comme le reste. Occasion de prendre conscience que le navire a un autre statut. Serait-il au centre du récit ? Sera-t-il retrouvé ainsi que le grand-père ? Happy-end ou pas ? Ce n’est pas que nous voulions casser le plaisir de la découverte mais que c’est assez prévisible. Comme souvent, l’important n’est pas tant le but, que le chemin parcouru pour y arriver. C’est si vrai que des éléments du début de l’histoire, notamment une intrigue avec le prince Tomsky, neveu du Tsar et conseillé scientifique. Il a eu un conflit avec le grand-père de Sacha et veut le faire payer à sa petite fille et ses parents. On pouvait espérer que la fin du film permette de clôturer cet axe narratif mais le film, assez court, se termine bien avant. C’est un choix - respectable - des scénaristes mais qui pourra laisser sur sa faim (fin ?) les plus jeunes voire les adultes qui ont gardé une âme d’enfant.

C’est d’ailleurs cette âme-là que le récit permet de retrouver. Certes il y a de nombreuses facilités, certaines épreuves envisagées comme très difficiles s’arrangent assez bien. Le capitaine Lund, présenté comme dur et difficile par Olga la tenancière de l’auberge du port d’Arkhangelsk aura le cœur bien plus tendre. Le personnage d’Olga, justement nous vaudra une très belle sous-intrigue avec sa rencontre et son écolage d’Olga. Celle-ci d’aristocrate va apprendre à devenir servante jusqu’à concurrencer la maîtresse des lieux. Larson, le frère de Lund, joueur invétéré est également très attachant de même que le moussaillon Katch, amoureux de la petite Olga déjà très adulte et compétente en matières maritimes. Il y aussi un chien très sympathique - j’ai oublié son nom - mais il a un rôle clé dans l’histoire.

L’anachronisme qui tue !
La bande-son, les relations des uns et des autres, parfois tendues entre les marins aguerris et la petite Sacha qui semble donner la poisse, le dessin surprenant arrrivent à donner une étonnante densité au récit dont on aurait aimé qu’il dure bien plus longtemps. S’il y a un reproche à faire, c’est un sérieux anachronisme qui est d’autant plus regrettable que les enfants et les scolaires seront un public cible. A un moment donné de l’histoire, à la suite d’un accident de navigation, et qu’il faut soigner un blessé (on n’en dira pas plus pour laisser la surprise) l’un des marins dit que l’on n’a plus de pénicilline ! Nous sommes en 1892, et c’est en 1928 quarante-six ans plus tard qu’elle sera découverte par le Britannique Alexander Fleming. Il faudra encore attendre treize ans, pour que l’on commence à l’exploiter en 1941. C’est donc soixante ans trop tôt pour faire état du premier antibiotique. Dommage donc, d’autant que le scénario, certes de totale fiction, a tous les atours d’une histoire qui aurait pu être vraie.


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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