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Wes Anderson
The French Dispach
Date de sortie : 27/10/2021
Article mis en ligne le 8 octobre 2021

par Charles De Clercq

Synopsis : « The French Dispatch » met en scène un recueil d’histoires tirées du dernier numéro d’un magazine américain publié dans une ville française fictive du 20e siècle.

Acteurs : Benicio Del Toro, Tilda Swinton, Owen Wilson, Adrien Brody, Bill Murray, Timothée Chalamet, Frances McDormand, Mathieu Amalric, Léa Seydoux, Lyna Khoudri, Jeffrey Wright, Saoirse Ronan, Liev Schreiber, Elisabeth Moss, Edward Norton, Willem Dafoe, Léa Seydoux, Christoph Waltz, Jason Schwartzman, Henry Winkler, Cécile de France, Guillaume Gallienne, Bob Balaban, Hippolyte Girardot, Rupert Friend, Anjelica Huston

Une anecdote pour débuter !
Avant de céder la place au « nous » rédactionnel, une anecdote en « je ». Lorsque je me suis rendu à la vision presse, je l’avais notée dans mon agenda sans avoir indiqué de quel film il s’agissait (et donc vierge de toute information et, à dire vrai, je n’avais pas même été attentif à la présentation cannoise du film, la crise sanitaire ayant quelque peu bouleversé les priorités !). Et donc installé dans mon fauteuil, dès les toutes premières secondes du film, ma réaction immédiate fut : « tiens, voilà un réalisateur qui parodie Wes Andersson ! ». C’est que le cadre, les couleurs et les mouvements de caméra (travellings horizontaux et verticaux, notamment) étaient une référence évidente au cinéma de Wes Anderson ! Et c’est là que le bât blesse en quelque sorte, car il s’est avéré qu’il s’agissait bien de lui !

La critique :

Le dernier Wes Anderson est brillant, presque trop brillant, comme si Wes Anderson avait voulu faire du Wes Anderson.

On reconnait le réalisateur dès les premières images et mouvements de caméra. Avec un film qui est presque à « sketches » avec trois histoires différentes, même si elles sont réunies par un fil conducteur artificiel, le réalisateur donne l’impression d’avoir mis toutes les caractéristiques de ses films précédents dans un shaker, d’avoir mélangé le tout pour nous offrir celui-ci, en poussant le curseur de l’absurde au maximum.

S’agissant de la pléiade d’acteurs et actrices : outre les habitués du réalisateur, l’on retrouve nombre de vedettes qui apparaissent parfois quelques minutes à l’écran. Acteurs et actrices qui (se) font plaisir en participant au film d’Anderson. Celui-ci donne l’impression de « jouer » avec eux comme un gamin joue avec ses petits soldats de plomb ou une petite fille avec ses poupées (mais, outre le risque de la caricature de genre, notre référence date bien sûr, car c’est devenu rare... il s’agit donc simplement d’une comparaison illustratrive !). Cela nous donne donc un casting cinq étoiles dont on ne se plaindra pas (et notamment la présence de Chalamet, dans un film probablement tourné avant Dune), même si l’on n’est pas dupe.

Le film est beau, très beau…, mêlant la couleur au noir et blanc, l’anglais et le français (l’on est censé être en France !) ou encore les images réelles l’animation, le jeu sur les décors que l’on déplace, en montrant qu’il s’agit bien de décors dans une histoire construite pour en mettre plein la vue. Et, justement, le scénario souffre de faiblesses à force de vouloir trop en faire et mêler les genres. Il y a trois histoires qui ne sont réunies entre elles que par la « fiction » de la création du dernier numéro d’un magazine. Le film se donne d’ailleurs les images d’un tel magazine en train de se construire à l’écran.

Nous ne sommes donc pas dans le top 5 des films réalisés par Wes Anderson, même si tout le film crie qu’il est bien de lui, au risque de l’autoparodie qui réservera, en première instance The French Dispach aux inconditionnels du réalisateur.