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Les critiques de Julien Brnl
The Wife
Réalisateur(s) : Björn Runge
Article mis en ligne le 29 novembre 2018
dernière modification le 8 décembre 2018

par Julien Brnl
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Bien plus passionnant dans les questions qu’il soulève que pour sa cinématographie, « The Wife » confirme une fois de plus les choix de rôles pertinents de Glenn Close, nous offrant ici une partition remarquable de justesse, dans un rôle difficile, et aux multiples émotions. 14/20

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 14 novembre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • basé sur le roman éponyme de l’écrivaine américaine Meg Wolitzer, et publié en 2003 ;
  • Glenn Close, qui interprète ici le rôle féminin principal, a été sacrée Meilleure actrice aux Hollywood Film Awards le 04 novembre dernier.

Résumé : Joan, épouse fidèle du célèbre auteur Joe Castleman, accompagne son mari à Stockholm où il doit recevoir le prix Nobel de littérature. Or dans l’avion, elle comprend petit à petit qu’après de longues années de vie commune, elle ne le supporte plus. Pourquoi ? Le passé et les rancœurs ressurgissent alors. Devra-t-elle briser leur secret au risque de tout perdre ?

La critique de Julien

Dans « The Wife », l’immense Glenn Close interprète le rôle fictif de Joan Archer, un écrivain accompli, mais jamais publié, la faute aux rédacteurs en chef de maisons d’édition qui, à l’époque (1956), critiquaient et rejetaient les femmes écrivains. Mariée à Joseph Castleman (Jonathan Pryce), un ancien professeur et écrivain narcissique, ayant connu plusieurs adultères durant leur mariage, Joan n’est autre que l’auteur du best-seller « The Walnut », mais écrit officiellement par son mari. Le processus se répétera alors pour toutes les autres œuvres publiées sous le nom de Joseph Castleman. Tandis qu’elle travaillera dur, ce dernier la soutiendra en s’occupant de leurs deux enfants, en nettoyant ou en cuisinant. Le récit principal de l’histoire se déroule alors en 1993, lorsque le célèbre auteur maintenant âgé remporte le prix Nobel de la littérature, ce qui ne va pas apaiser la conscience de Joan...

Ce film, réalisé par le cinéaste suédois Björn Runge (coïncidence : l’intrigue principale du film se déroule à Stockholm), met en lumière un récit chapeauté de thèmes intéressants. Il y a tout d’abord, en haut de la liste, l’humiliation vécue par une femme, dans une société ayant toujours privilégié une carrière masculine plutôt que féminine. Ainsi, malgré l’adulation de son mari, qui ne cessera de remercier son épouse sans qui il n’aurait jamais eu ce prix, ni de carrière, on comprend le mal qui la ronge en silence, tandis que le monde idolâtre cet homme, alors qu’il ne s’agit pas de la bonne personne. Dans cette optique, le récit illustre les répercussions d’un tel mensonge auprès de la famille proche du couple, dont les enfants. D’ailleurs, l’un d’eux sollicite ici l’approbation du père pour la parution de sa première nouvelle, alors qu’il ignore le subterfuge. On vous laisse imaginer la remise en question qui découlera de la découverte de la vérité...

Principalement raconté autour de la cérémonie de remise du Prix Nobel, le récit utilise alors (comme dans le roman) des flash-back pour comprendre, au fur et à mesure du malaise de Joan, comment elle a pu en arriver-là. Contrariée, et en quête de dignité, elle commencera alors à remettre en question ses choix de vies, son couple, tout en éprouvant un amour infini pour son mari, malgré ses infidélités et sa personnalité égocentrique.

Concrètement, « The Wife » met en scène le portrait d’une femme complexe, intègre et aimante, laquelle n’a jamais cessé de prôner avant tout le bonheur de sa famille, ici en danger par cette vitrine médiatique, laquelle attire d’ailleurs des vautours, dont un biographe goûteux des scandales (Nathaniel Bone - Christian Slater), et entraînera un conflit de couple aux paroles dévastatrices, mais non-pensées...

D’un point de vue cinématographique, « The Wife » a du mal à convaincre. Tandis que la réalisation n’est pas folle, le récit enchaîne les plans forts théâtraux. De plus, il est difficile de catégoriser le contexte spatial de l’intrigue. Le film manque alors sans doute de variabilités dans sa narration et ce qu’elle propose, laquelle reste aussi très classique dans son processus de révélation. Enfin, on peine tout de même à croire qu’il aura fallu atteindre aussi longtemps pour qu’un tel secret ne pèse pas plus lourd dans la balance sentimentale de ce couple, même si on peut admettre qu’une situation de vie s’est installée depuis des années dans cette famille, où tout le monde semble avoir trouvé son bonheur, jusqu’à ce jour...



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