Bandeau
CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Robert Zemeckis (2015)
The Walk (Rêver plus haut)
Sortie le 14 octobre 2015
Article mis en ligne le 27 septembre 2015
dernière modification le 20 octobre 2015

par Charles De Clercq
logo imprimer

Enter the Void :
Un retour vers le passé à donner le vertige ! 101/100

Synopsis : Joseph Gordon-Levitt incarne le funambuliste français Philippe Petit, célèbre pour avoir joint en 1974 les deux tours du World Trade Center sur un fil. Pendant 45 min. et sans aucune protection, il a surplombé le vide à de plus de 400m hauteur, sous le regard médusé de milliers de spectateurs et les menaces des policiers prêts à l’arrêter à son arrivée pour trouble sur la voie publique.

Acteurs : Joseph Gordon-Levitt, Charlotte Le Bon, Ben Kingsley, James Badge Dale, Jason Deline

Ce film nous présente en version cinéma l’aventure relatée par le documentaire Man on Wire, réalisé en 2008 par James Marsh.

Trois cotes au-delà de 100, trois 101 en douze mois, le premier pour un film au cadre étriqué Mommy, le deuxième, pour un film sans histoire, Knight of Cups et, enfin, pour celui-ci un film au cadre vertigineux et une histoire fabuleuse, vraie de surcroît, comme si ce film m’aidait à rejoindre deux extrêmes !

 Une 3D nécessaire

Décidément, l’année 2015 aura été riche de « coups de cœur » ! Mais, soyons sérieux, comment puis-je décemment encenser à ce point un film de Zemeckis ? Ce n’est quand même pas du cinéma d’auteur et l’on m’a vu louer des films indéfendables alors que celui-ci fera le buzz. Pourquoi aurait-il besoin d’être placé sur un piédestal ? Pourquoi défendre un film en 3D alors que je signale que celle-ci est souvent et au mieux, inutile ? Ici, s’il est vrai que la 3D est comme souvent un peu fatigante, qu’elle ruine un petit peu la définition, je suis obligé de reconnaître qu’elle procure une expérience en immersion totale, dépassant même et fameusement celle de Gravity ! C’est que celle-ci était artificielle, que l’on savait bien que ce n’était pas « pour de vrai ». En revanche, dans ce cas, nous savons que tout cela s’enracine dans des hauteurs survolées il y a plus de quarante ans, le lendemain de la fête de la Transfiguration [1]. Il semble même qu’une version en Imax sera proposée : vertige assuré !

 Un double hommage

C’est une véritable proposition de cinéma que j’ai pu découvrir. Le réalisateur rend compte d’une histoire « vraie », comme on dit, avec toute la magie permise par le septième art : des acteurs au service du récit, une technique qui magnifie celui-ci, un scénario qui nous permet de participer à et de vivre l’action et de nous rendre compte que la préparation est aussi importante que l’exploit proprement dit.

Le film est un hommage à un passé récent et cela doublement. L’exploit de Philippe Petit remonte à plus de quarante ans. En lançant un fil entre les deux tours jumelles, au moment même de leur construction, celui-ci passe aussi par leur destruction en septembre 2001. Travail d’équilibriste et de funambule du réalisateur qui joue sur le souvenir inconscient et sur les émotions sans cependant en abuser. C’est que nous ne pouvons manquer de penser aux jumelles désormais absentes, détruites et, du même coup, évoquer ceux qui sont morts ce 11/09 ! La mort rôde dans les airs le jour de l’exploit. Notre mémoire nous rappelle que la mort n’était pas présente ce jour-là alors même que le héros du jour se jouait des forces de l’ordre pas ses aller/retours sur un filin [2]. Mais cette mort évitée ne peut que faire advenir à notre mémoire, celle de tant d’autres, il y a près de quinze ans.

 Du bon usage des effets

La technique est utilisée à bon escient. Outre la 3D évoquée ci-avant, les effets spéciaux, l’utilisation judicieuse des fonds verts, j’ai été fasciné par l’utilisation du noir et blanc et des touches de couleur dans la première partie du film, celle qui nous fait découvrir l’éclosion du funambule.

Il y a une règle cinématographique : en principe, on ne brise pas le quatrième mur. Or ici, Joseph Gordon-Levitt le fait allègrement, perché sur la très française statue de la Liberté où il nous narre différentes étapes de ses aventures, nous prenant à témoin des difficultés rencontrées. Car le « coup » a dû être préparé, comme un « casse » - et il est intéressant de (re)voir le documentaire de James Marsh dont on peut espérer qu’il sortira en haute définition à l’occasion de la sortie de The Walk. C’est d’ailleurs un des attraits du film, de faire monter la pression en le montant à la manière d’un film de gangsters, en particulier lorsqu’ils « montent » la tour, lorsqu’ils la gravissent, usant de nombreuses astuces pour ne pas être reconnus.

 Les petits pas d’un grand acteur

Il y a aussi un acteur très remarquable, le talentueux M. Joseph Gordon Levitt ! Ce sera toute la richesse de voir ce film en version originale. Car l’acteur est francophile et parle (chante même) en français. Il joue ici sur ses talents en parlant français (et on peut accepter de l’entendre parler en français avec son accent américain, car bien entendu nous ne sommes pas dupes) et en ajoutant un accent français lorsqu’il parle anglais (et c’est assez proche de l’accent de Philippe Petit !).

L’on sait des échos du tournage que l’acteur a joué lui-même les scènes « sur le fil » [3] et que s’il était au sol pour certaines, il « jouait » à un peu plus de deux mètres de hauteur pour d’autres (voir une des photos du tournage dans le diaporama), qu’il pouvait tomber sans se blesser. N’empêche, on a beau le « savoir », en salle, l’effet est si bluffant, si spectaculaire que le cerveau crie « au vrai » que nous avons vraiment l’impression de vertige (que dire alors de la sensation en Imax).

Alors, je rappelle que ce n’est pas du cinéma d’auteur, mais c’est un excellent film qui nous donne à voir et à ressentir, qui nous emplit d’émotion, qui nous montre les exploits d’un homme qui a voulu vivre ses rêves fous et insensés et qui les a réalisés. En ce, bravo à M. Zemeckis, à son équipe et à ses acteurs (outre Joseph Gordon-Levitt, les autres sont excellents Ben Kingsley, James Badge Dale, Clément Sibony mais aussi Charlotte LeBon du côté féminin). Chapeau !

Enfin, pour que mes lecteurs ne tombent pas de haut... après s’être rendus en salle suite à la lecture de ma critique (trop ?) élogieuse, il sera bon de prendre la température d’autres confrères !

 Diaporama

 Le « trailer » du documentaire de 2008

https://www.youtube.com/embed/Cz6oddi0mts
Man on Wire (2008) Official Trailer #1 - Documentary HD - YouTube

 La bande-annonce :

Notes :

[1Qui a lieu le 6 août. Clin d’oeil de ma part aux dates puisque c’est le lendemain ce cette fête « lumineuse » chez les chrétiens que Philippe Petit sera arrêté après sa traversée entre les deux tours !

[2(et je ne puis m’empêcher de penser aux situations burlesques des muets de jadis avec Harold LLoyd ou Buster Keaton)

[3Pour incarner au mieux le rôle de Philippe Petit, Joseph Gordon-Levitt a réellement appris à tenir en équilibre sur un fil en seulement huit jours. Toutes les scènes où l’acteur joue les funambules sont réalisées par lui-même. Philippe Petit est d’ailleurs venu sur le tournage de The Walk - Rêver Plus Haut afin de lui donner des conseils et de l’aider à se déplacer sur le fil. (source : Alllociné


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB

Mots-clés associés

Au hasard...

0 | 10 | 20 | 30

The Sense of an Ending
le 18 mars 2017
Beauty and the Beast (La belle et la bête)
le 11 mars 2017
Violet
le 15 octobre 2014
Cartas da Guerra (Lettres de la guerre)
le 16 avril 2017
Juste la fin du monde
le 3 septembre 2016
Quand on a 17 ans
le 19 mars 2016
Nocturama
le 24 août 2016
L’étudiante et Monsieur Henri
le 24 septembre 2015
L’amant double
le 5 juin 2017
Radin !
le 24 septembre 2016


Plan du site Espace rédacteurs puce

RSS

2014-2017 © CINECURE - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.31