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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

John Shackleton (2014)
The Sleeping Room
Sortie au BIFFF le 13 avril 2015
Article mis en ligne le 14 avril 2015
dernière modification le 16 avril 2015

par Charles De Clercq
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Film : 57/100

Synopsis BIFFF : Tapineuse mélancolique de la jetée de Brighton, Blue est bonne (dans ce qu’elle fait) et n’a d’autre ambition que de soulager les crampes masculines contre du liquide. Un beau jour – même si c’est rare en Angleterre -, un client l’invite dans l’énorme demeure victorienne qu’il est en train de retaper. Pas vraiment pressé de consommer, il lui fait le tour du proprio et lui montre notamment un vieux mutoscope, mi-folioscope mi-rodolex, où s’animent d’étranges images au goût aussi macabre que douteux. Mais Blue n’est pas au bout de ses surprises car – après une longue minute de sexe débridé – elle découvre une autre pièce avec un miroir sans tain. Curieuse comme elle ne devrait pas l’être, Blue finit par découvrir que la baraque était un ancien bordel avec une pièce secrète derrière le fameux miroir. Et surtout que le taulier était un avant-gardiste de la perversité, puisque le mutoscope contient en fait le tout premier snuff jamais réalisé… Mais tout ça, c’est encore du petit lait comparé à la dernière trouvaille de Blue : la fameuse pièce secrète est loin d’être vide, et la cocotte curieuse vient de réveiller ce qui s’y trouve…

Présentation BIFFF : « Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? ». Si ce film pouvait parler, c’est probablement ce qu’il dirait : première réalisation de John Shackleton – scénariste de Panic Button (BIFFF 2011) -, ce conte de revanche aux entournures victoriennes n’aurait certainement pas déplu à la Hammer ! Slow Burn qui fait monter la tension à la manière de Shining, ce film a décidément un titre trompeur… Puisque vous n’en dormirez plus !

Acteurs : Christopher Adamson, Joseph Beattie, Julie Graham, Leila Mimmack

La salle était comble ce lundi soir pour découvrir le premier film de John Shackleton dont il nous a parlé tout en répondant aux attentes habituelles et classiques des spectateurs, en particulier la chanson !
The Sleeping Room nous a été comme une « première internationale » et non mondiale. En effet, il avait déjà été projeté dans le cadre du London FrightFest Film Festival (EN) le samedi 23 août 2014 (illustration du début d’article et vidéo de l’interview de John Shackleton en fin d’article). Passons sur ce détail pour relever que le film a été financé en crowfunding. Film d’horreur donc, à la « Hammer » et flirtant avec le genre « snuff-movie »... tout est écrit dans la présentation du BIFFF avec ses particularités et son charme habituel.

Le film, assez court (78’) début par une scène sur la plage. L’héroïne y apparait gisante, le ventre ensanglanté. Ensuite, on se rend compte que l’on fait machine ou bobine arrière et il faudra y songer... au moment où l’on approche de la fin de The Sleeping Room.

Ce dernier mixe une atmosphère contemporaine, celle du XXIe siècle à une autre, victorienne dans une maison de ce type, en voie de restauration. Il y sera question de « mutoscope » (on peut voir des appareils analogues à la Cinémathèque de Bruxelles), des liens de sang dans une famille mais aussi d’impuissance et de possessions diverses (entre autres, mais ce n’est pas la seule, celle du « maquereau » qui se considère propriétaire de la jeune héroïne de cette histoire.

On appréciera les ambiances modernes et anciennes, bien rendues dans ce film tourné probablement avec peu de moyens (et pas beaucoup plus d’acteurs !). Nous découvrirons qu’il est toujours dangereux d’interroger son passé et qu’il y a, d’une certaine façon, des choses cachées quand nous nous regardons dans le miroir.

Côté horreur pure, les amateurs pourraient être déçus car les scène horrifiques proprement dites ne durent que quelques minutes et ne sont pas très effrayantes après la première surprise. ce qui sera plus effrayant, à mon estime, ce sera cette sempiternelle domination des femmes qui se prostituent par ceux qui les exploitent et profitent de leurs gains.

C’est donc à une horreur sourde qui est aux portes de la modernité. Ces portes il vaut mieux les fermer plutôt que de les laisser ouvertes : la demande étaient récurrente hier par les festivaliers.

Le réalisateur nous propose ici de belles images avec probablement un goût d’inachevé et de trop peu. Il aurait été préférable soit de faire un court-métrage, soit d’ajouter un petit quart d’heure au film pour en développer les scènes d’horreur et surtout, les liens « familiaux » qui permettent de comprendre les passerelles entre passé et présent de l’héroïne, de sa famille et de cette maison victorienne. Nous attendons donc avec impatience John Shackleton pour son prochain film.

Côté ambiance, celle-ci était parfaite. Une salle comble, sold out, surchauffée et totalement acquise à la « liturgie » du BIFFF. L’interaction entre le public et le film était quasiment parfaite et tout comme pour un match de foot, même le supporter néophyte et provincial était soulevé et débordant d’enthousiasme. De quoi passer largement au-dessus de quelques faiblesses du film.

Enfin, pour les sous-titres, si les premières minutes laissaient augurer un 5/5 quelques petits problèmes de synchronisation diminuent ma cote mais nous sommes cependant dans le haut du panier au plan de la gestion de sous-titres non intégrés dans le film par son distributeur. Quand les choses sont belles et bonnes, il faut aussi le signaler. Bravo donc !

Interview du réalisateur le 29/8/2014
(dans le cadre de l’avant-première)

Une autre interview par Billy Chainsaw, dans le même cadre, au sujet du film :


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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