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Les critiques de Julien Brnl
The Predator
Réalisateur(s) : Shane Black
Article mis en ligne le 9 octobre 2018

par Julien Brnl
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Frustrant, désarçonnant par son ton résolument fou-fou et un dosage sang-pour-sang abusif et gratuit de corps démembrés, « The Predator » se situe à l’encontre de ce qu’on attendait de lui. 9/20

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 03 octobre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • le réalisateur du film Shane Black (à qui l’on doit notamment « Iron Man 3 » et « The Nice Guys ») est aussi acteur, et tenait d’ailleurs le rôle du mercenaire Hawkins dans le classique « Predator » de 1987 (de John McTiernan) aux côtés d’Arnold Schwarzenegger ;
  • les producteurs du film ont récemment coupé au montage les scènes incluant l’acteur Steven Wilder Striegel (dans le rôle d’un dragueur qui importune le personnage d’Olivia Munn), suite à une inculpation pour laquelle il avait plaidé coupable et été condamné à six mois de prison en 2010 pour avoir tenté d’attirer une jeune demoiselle dans une relation sexuelle sur Internet alors qu’elle n’avait que de 14 ans, et lui 38 ;
  • quatrième film né de l’univers « Predators » (sans compter les deux cross-over avec « Alien »), lui qui est une suite indépendante des deux premiers films, et dont les événements se déroulent avant les événements du dernier volet datant de 2010, et réalisé par Nimród Antal.

Résumé : Les pires prédateurs de l’univers sont maintenant plus forts et plus intelligents que jamais, ils se sont génétiquement perfectionnés grâce à l’ADN d’autres espèces. Alors qu’un jeune garçon devient accidentellement leur cible, seul un équipage hétéroclite d’anciens soldats et un professeur de science contestataire peuvent empêcher l’extinction de la race humaine.

La critique

Attendu de pied ferme, « The Predator » voit enfin le jour dans nos salles après de multiples reports, notamment pour causes de nombreux reshoots (pas plus tard qu’il y a trois mois pour les derniers) et d’une révision du planning de sorties de la FOX. Plus récemment encore, le film a fait parler de lui étant donné la découverte du passé de délinquant sexuel de l’un de ses comédiens (ce que la production ignorait), et qui lui a valu d’être coupé au montage...

Mais parlons ici du film en lui-même, sorti huit ans après « Predators » réalisé par Nimród Antal. C’est le réalisateur Shane Black qui a eu ici la lourde tâche de réanimer cette saga malmenée. Apprécié pour avoir réalisé « Kiss Kiss Bang Bang », « Iron Man 3 » et « The Nice Guys », on attendait beaucoup de son implication dans l’univers de ces créatures extraterrestres fictionnelles créées par Stan Winston. D’ailleurs, Shane Black a participé en tant qu’acteur au film « Predator » premier du nom, de John McTiernan, sorti en 1987. Bref, autant dire que le monsieur s’est impliqué, lui qui soutient qu’il s’agit ici du « plus meurtrier et le plus effrayant « Predator » qui existe jusqu’à présent », tout en le voyant comme un film plus intimiste, et nostalgique du premier épisode... Verdict ?

Indépendant des événements racontés dans les précédents volets, et situé chronologiquement avant le dernier d’entre eux, « Predator » se regarde comme une grosse partie de chasse sanguinaire, lorgnant sur la série B assumée, et au cours de laquelle s’invite un humour à prendre au second degré. Autant donc dire que ce retour de l’une des plus emblématiques créatures du septième art ne se regarde (malheureusement) pas au sérieux...

Ce qu’on apprécie monstrueusement dans ce film, c’est qu’il se permet quelques clins d’œil amusants aux précédents volets, ainsi qu’une mise en scène bercée par des décors et une photographie de vieille école, en hommage au premier film. Il en est de même pour le design de la bébête, tout de même pensée comme une évolution. Aussi, cette course contre la montre (dans laquelle le véritable ennemi n’est pas celui qu’on croît) ne faiblit jamais le rythme, et livre quelques très bons effets numériques (surtout lors de son final). Mais pour ce qui est du reste, on a l’impression qu’on s’est méchamment moqué de nous...

Tout d’abord, l’ensemble des personnages sont sous-exploités, et très peu développés. Du jeune autiste capable de déchiffrer les codes extraterrestres et manier leur armement, à une troupe d’anciens soldats détenus (trop) débridés, sans oublier une scientifique un peu perdue dans le tas, l’écriture de ceux-ci ressemble à une mauvaise farce, eux qui sont capables d’affronter les prédateurs avec force et poigne, malgré le caractère peu méthodique de leurs interventions... Le pire là-dedans, c’est qu’ils gardent vaille que vaille le sourire, et ne cessent de déblatérer des âneries... Dès lors, quand vient le moment d’en liquider deux ou trois (voire tous), cela ne fonctionne absolument pas. Et pour cause, il n’y a aucun enjeu dramatique, ni aucune tension dans ce film, bafoué par des choix inopportuns. Et puis, il faut bien avouer que le scénario est un peu court, et n’est clairement pas à la hauteur des espérances, malgré une fin volontairement ouverte, qui prédit au moins une suite. Mais manque de chance, le film est un bel échec commercial...

Enfin, on se demande bien comment un tel film a pu être autant charcuté, lui dont le montage souffre de cohésion, de suivi et d’explications. D’ailleurs, nous sommes très peu persuadés qu’il s’agit-là de la version initiale souhaitée par son réalisateur. Et il n’y a qu’à jeter pour cela un œil sur l’histoire de sa production, qui a beaucoup fait jaser, et inquiéter.



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